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21/04/2007

 Une canne à pêche, pas un poisson - Tirer sans cibles: les bombes à fragmentation israéliennes - Qu'est-ce qu'une bombe à fragmentation - Le Liban poussé vers l'abîme?

Une canne à pêche, pas du poisson

 

territoires occupes1

Le monde applaudit le bangladeshi Muhammad Yunus, lauréat du Prix Nobel de la Paix, pour avoir mis en application la sagesse populaire qui veut qu’au pauvre, on ne donne pas du poisson mais une canne à pêche. Autrement dit, pour combattre la pauvreté, il ne faut pas nourrir les pauvres, mais leur permettre de gagner leur vie. Et dans le même temps, le monde est invité à continuer de donner du poisson aux Palestiniens parce que le monde sait parfaitement bien qu’Israël bloquera l’envoi de cannes à pêche.

 

 La Commission nationale palestinienne pour la réduction de la pauvreté a établi deux seuils de pauvreté, sur base des dépenses moyennes à la consommation : le seuil de pauvreté officiel comporte neuf catégories de marchandises et de services, avec une dépense quotidienne inférieure à 2,4 dollars par personne. Le « seuil de pauvreté profonde » ne comprend que trois catégories – nourriture, habillement et logement (sans soins de santé, sans enseignement, sans dépenses de transport) – avec une consommation inférieure à deux dollars par jour. Plus d’un million trois cent mille Palestiniens – sur une population de trois millions sept cent mille (en comptant les habitants de Jérusalem-Est) – étaient considérés en 2005 comme pauvres. Plus de la moitié d’entre eux, 820.000, étaient considérés comme étant réduit à un état de « pauvreté profonde ».

 Dans la première moitié de 2006, le nombre de Palestiniens vivant dans une telle situation de « pauvreté profonde » a atteint 1.069.200, comme l’indique un rapport détaillé de l’UNRWA, publié en novembre sous le titre : « Crise prolongée en territoire palestinien occupé : répercussions socio-économiques sur les réfugiés et les non réfugiés ». Leur nombre s’est, il est vrai, réduit de moitié à l’approche de la fin 2006, du fait du soutien qu’ils ont reçu et du paiement d’une partie des salaires dans le secteur public. Un tiers de la population palestinienne a rapporté avoir bénéficié d’une assistance au cours du deuxième trimestre de 2006 : 15,3% des habitants de Cisjordanie et 56,9% des habitants de Gaza. 77,9% ont rapporté qu’il s’agissait d’une aide alimentaire. Les montants se situent entre 200 et 489 shekels par famille [entre 36 € et 89 € - NdT]. Au cours du deuxième trimestre de l’année 2006, 62% de l’ensemble des familles palestiniennes parlent d’une baisse de revenus et 66,8% d’une baisse de la consommation.

A partir de ces rapports effrayants, 12 agences de l’ONU, en collaboration avec 14 organisations non gouvernementales, ont lancé, la semaine dernière, une opération visant à réunir 453,6 millions de dollars pour une aide humanitaire urgente aux Palestiniens : les Territoires palestiniens se situent ainsi à la troisième place parmi 13 autres zones assistées, toutes en Afrique : après le Soudan et le Congo, mais avant la Somalie et le Zimbabwe. Même si les sommes ne seront pas intégralement couvertes, leur montant élevé est le signe qu’on estime que la crise se prolongera au cours des années à venir. Ce montant élevé nous apprend que le boycott international à l’encontre du gouvernement du Hamas ne peut pas réellement fonctionner, parce que la pauvreté « africaine » créée ici menace davantage : au point de vue de la santé, aux points de vue politique, sécuritaire et moral. Mais ce montant élevé reflète plus particulièrement le degré d’indulgence à l’égard de la politique d’Israël ou l’absence de capacité politique à amener Israël à choisir, soit de reconnaître ses obligations en tant que puissance occupante, conformément aux conventions internationales, et prendre soin de la population occupée, soit de cesser immédiatement sa politique délibérée d’étranglement économique. Cela fait des années qu’Israël utilise l’arme de l’étouffement économique comme moyen de pression politique. Et la tempête que cette politique a récoltée jusqu’à présent, c’est le rapprochement des Palestiniens avec l’Iran.

 Israël continue de voler des centaines de milliers de shekels chaque mois, l’argent de taxes et de droits de douane qui ne lui reviennent pas, mais qu’Israël ne remet pas au trésor palestinien. C’est la cause immédiate de l’aggravation de la crise. La cause durable, permanente, historique, est constituée par les limitations imposées par Israël aux déplacements, en contradiction avec ses promesses d’ « allègement » maintes fois répétés (en particulier à la Banque Mondiale et au Département d’Etat américain) : la fermeture des points de passage de la Bande de Gaza et l’installation de centaines de barrages et de fermetures de routes à l’intérieur de la Cisjordanie, est ce qui fait de toute opération économique une gageure, jusqu’à faire faillite ou à renoncer par avance.

 Il est plus facile, pour les pays occidentaux de verser des centaines de milliers de dollars chaque année, pour subsidier une alimentation qu’Israël n’autorise pas les Palestiniens à produire et à acheter eux-mêmes, plutôt que d’amener Israël à cesser de se comporter comme s’il était au-dessus des lois internationales.

 

Amira Hass

Traduit de l'hébreu par Michel Gheys

 

 

Tirer sans cibles :

Les bombes à fragmentation israéliennes.

guerreliban


Les derniers jours de la guerre, quand il a été clair que Tsahal n'avait pas de solution contre les tirs de roquettes Katyousha qui se poursuivaient, la décision a été prise d'"inonder" la zone de bombes à fragmentation. Il s'agissait de tirs sans cible précise, qui reposaient sur l'hypothèse que ces petites bombes couvriraient une grande surface, pourraient détruire des lanceurs de roquettes du Hezbollah, et feraient le plus de victimes possible dans les rangs de ses combattants.

Un soldat, qui a tiré des obus de 155 mm contenant des bombes à fragmentation a dit à Ha'aretz qu'on lui a donné l'ordre d'"inonder" la zone de ces bombes, sans cible précise.  Un officier du Système de Lancement Multiple de Roquettes (MLRS) a déclaré à Ha'aretz que les ordres étaient de "saturer la zone". Ces déclarations ont été publiées dans les articles de Meron Rapoport les 8 et 12 septembre (1). Plus d'un million de petites bombes à fragmentation ont été larguées sur le Sud Liban. Chaque roquette M-26 lancée par un MLRS contenait 644 petites bombes à fragmentation, capables de couvrir une zone équivalente à la surface d'un terrain de football. ?? Tirer sur des cibles indéterminées est un problème en soi. Le dilemme que cela implique se retrouve dans les propos des soldats qui ont tiré ces bombes lors de manœuvres et qui ont reconnu que ce type d'armes ne doit être utilisé que dans le cadre d'une guerre contre une armée régulière, afin de frapper des convois d'approvisionnement en armes ou des batteries de missiles, et non contre des zones peuplées de civils. Mais, au-delà de ce dilemme, la commission qui enquête sur la guerre devra se poser la question du sort de ces bombes à fragmentation qui n'ont pas explosé, et qui sont donc devenues des mines partout au sud 
Liban. ?
La bombe à fragmentation n'est pas une arme prohibée, mais elle est classée dans la catégorie des armes "non discriminantes", qui ne doivent pas être utilisées contre des zones peuplées de civils, car, entre autres, elles continuent à tuer une fois la guerre terminée. Depuis l'entrée en
vigueur du cessez-le-feu, 12 civils libanais ont été tués par l'explosion de ces bombes. Etant donné que le pourcentage de bombes non encore explosées varie entre 5 et 30%, selon les estimations, le Sud Liban est aujourd'hui une région parsemée de milliers de petites bombes qui n'ont pas encore explosé. ?
Les questions qui concernent le comportement de Tsahal pendant la guerre ont de nombreuses conséquences, à la fois morales et pratiques. La capacité d'Israël à rallier le soutien de la communauté internationale dépend en partie de la distinction qu'il fait entre civils innocents et
ennemis. Alors que les attaques contre les civils font partie de la stratégie du Hamas et du Hezbollah, Israël déclare ne pas agir de la sorte, et qu'il fait un effort pour éviter de frapper les civils. Mais la décision de larguer des bombes à fragmentation sur des villages, sans cible précise ; la décision d'utiliser ces bombes sur une zone étendue, rendant ainsi impossible de savoir à l'avance qui se trouvera là ; et le fait bien connu qu'une portion non négligeable de ces armes n'explosera pas à l'impact et se transformera donc en mines dans des zones où les
civils retourneront, tout cela témoigne des décisions erronées de ceux qui ont conduit cette guerre. ?? Aujourd'hui, Israël ne peut rien faire d'autre qu'accéder à la requête du            secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, et collaborer au marquage des zones frappées par des bombes à fragmentation, afin qu'il n'y ait plus de victimes parmi les civils libanais, qui ont déjà assez souffert de la guerre. D'importantes portions du Sud Liban sont aujourd'hui devenues des champs de mines. La condamnation de Kofi Annan n'était pas sans fondement.


Editorial de la rédaction d'Ha'aretz
[L'emploi de bombes à fragmentation pendant la guerre du Liban. Il faut savoir parler de tout...]
Trad. : Gérard pour La Paix Maintenant

 

 

Qu’est-ce qu’une bombe à fragmentation ?

 

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Une bombe à fragmentation est une bombe qui explose avant d'atteindre sa cible ou à l'impact en libérant des milliers d'éclats qui se propagent à haute vitesse dans des directions aléatoires ou précises en fonction des effets désirés.

La charge explosive est limitée et ne constitue en général qu'un quart voire moins de la masse totale de la bombe. Le reste de l'engin, en particulier l'enveloppe, se divise en une multitude de projectiles meurtriers et incandescents. De construction simple et peu coûteuse, les bombes à fragmentation sont couramment employées depuis le début de l'aviation de bombardement.

Ses origines remontent à 1803, année durant laquelle Henry Shrapnel conçoit un nouveau type de projectile pour l'artillerie. Les armées utilisaient jusqu'à ce moment-là des canons qui projetaient un boulet ou de la grenaille métallique. L'idée de Shrapnel consista à remplir une sphère (un boulet) de plusieurs billes et de poudre et de faire exploser le tout au dessus de l'ennemi, à la manière d'une grenade. L'obus dit "Schrapnel" a abondamment été utilisé lors de la première guerre mondiale car étant le plus adapté à tuer ou blesser les hommes cachés dans les tranchées, les fossés ou derrière les talus ou les arbres. Chaque obus contenait environ 300 billes de plomb durci à l'antimoine et à l'arsenic, ajoutant leur pouvoir vulnérant à celui des éclats de l'obus lui-même. Des milliards de billes de plomb polluant ont ainsi été dispersées dans l'environnement, parfois profondément enfouies dans le sol, contribuant au phénomène de séquelle environnementale de guerre.

Destinées à attaquer les troupes au sol, dégrader les bâtiments conventi-onnels et les véhicules peu ou pas blindés sur une surface large, les éclats issus de la fragmentation provoquent des dégâts en déchiquetant les objets et les personnes à une portée excédant largement le souffle de l'explosion. Même à plusieurs centaines de mètres, les projectiles peuvent être meurtriers.

Les bombes à fragmentation sont souvent confondues avec les bombes à sous munitions qui répandent des bombes de plus petites tailles de types divers (incendiaires, freinées par des parachutes, etc.) qui sont critiquées pour les mêmes raison que les mines antipersonnelles, interdites par le traité d'Ottawa.


En explosant au-dessus du sol, la "cluster bomb" libère des centaines de bombes plus petites - les "bombelettes" - qui explosent elles-mêmes en touchant le sol. Une bombe à fragmentation supprime toute vie humaine dans un rayon de 150 à 300 mètres et mutile ses victimes au-

delà de cette distance. Comme toutes les "bombelettes" qu'elle contient n'explosent pas immédiatement, le périmètre bombardé présente après l'attaque les mêmes dangers qu'un champ de mine. L'explosion peut se produire des mois ou des années plus tard. Au Laos, où ces bombes ont été larguées pour la première fois vers 1975, on compte encore aujourd'hui de nouvelles victimes civiles, spécialement des enfants sans méfiance. La bombe à fragmentation a pour but principal de tuer et de mutiler les populations pendant et après le conflit. Son utilisation est en fait interdite par une convention internationale, au même titre que les mines anti-personnelles. Mais Washington refuse de ratifier cette convention, et se fout d'ailleurs de toutes les conventions quelles qu'elles soient. Seule compte la loi du plus fort...

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Ajoutons que les bombelettes en question ont la même couleur jaune que les rations alimentaires que les Américains ont larguées par endroits à des fins de propagande. Les agresseurs eux-mêmes "mettent en garde" les populations contre le risque de confusion qui en résulte. On voit ça d'ici: «Attention, attention, si vous n'avez pas eu la tête fracassée par la chute d'un paquet jaune, et si l'infect beurre d'arachide, à consommer de préférence avant janvier 1997, ne vous a pas encore empoisonné, alors soyez prudent, une des bombes à fragmentation que nous n'utilisons pas, malgré ce qu'en disent ces menteurs de talibans, risquerait de vous déchiqueter.»

 

Thomas Beth


Le Liban poussé vers l’abîme ?

 

Pays des gravats

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Je rentre du Liban, un pays en voie d’accession à l’OMC où, sous l’impulsion    d’un Berlusconi local, Rafic Hariri, un milliardaire libano-saoudien, qui a été cinq fois Premier ministre entre 1992 et 2004, s’est développé le libéralisme le plus sauvage caractérisé notamment par une intense spéculation foncière et immobilière. Trois mois après l’agression israélienne, ce que j’ai vu à Beyrouth et dans le sud du pays confirme ce que déclarait il y a peu le député britannique George Galloway quand il comparait les ravages des bombes israéliennes à ceux visibles dans l’Allemagne de 1945. Le pays du cèdre est devenu celui des gravats. Et, une fois de plus, le fragile équilibre dans lequel vit ce pays est menacé. L’unité nationale, bien réelle pendant l’agression, a volé en éclats. Et, encore une fois, du fait d’interférences extérieures.

Le Liban a connu quatre guerres civiles, deux aux 19e et deux au 20e siècle. Chaque fois, c’est un facteur externe qui fut le déclencheur. Chacun sait que ce pays est une mosaïque. Y cohabitent des chrétiens et des musulmans, les uns et les autres se divisant en plusieurs communautés rivales. La cohabitation n’est possible qu’au prix d’un fragile équilibre institutionnel conceptualisé en 1943. Ce cadre a survécu à la guerre civile déclenchée en 1975. En effet, les accords de Taëf de 1989 qui mettent fin à près de quinze années de déchirements sanglants ne modifient qu’à la marge le partage confessionnel  du pouvoir de 1943. Mais cet accord, obtenu avec l’intervention de la diplomatie américaine, a fourni également une base légale à la tutelle de la Syrie sur le pays.

Cette présence syrienne  a été acceptée par tous ceux qui se sont toujours accommodés d’un État libanais faible, soumis aux influences extérieures. Les autres, comme le général Aoun, ont été écrasés avec l’accord tacite de la France, des Etats-Unis et d’Israël. La tutelle syrienne a duré jusqu’à l’assassinat d’Hariri, l’an passé. Imputé aux Syriens, il a provoqué un soulèvement populaire baptisé la « Révolution du Cèdre ». Le contexte politique international avait changé. La disparition de l’Union soviétique et les deux guerres du Golfe ont modifié la donne au Proche-Orient. L’armée syrienne, n’a pas eu d’autre choix que de se retirer. Au Liban, on assiste depuis à une surprenante modification des rôles que d’aucuns ont baptisé « le grand retournement ».

« Alliance du 14 mars »

Une alliance dite du 14 mars s’est constituée autour de ceux qui avaient collaboré avec les Syriens. Ils se présentent désormais comme les plus proches des USA et appuient la politique américaine contre Damas. On y trouve une partie du camp chrétien avec le parti Kataeb (les Phalanges créées en 1936 sur le modèle fasciste) de la famille Gemayel et les Forces libanaises responsables des massacres de Sabra et Chatila en 1982 et aujourd’hui dirigées  par Samir Geagea, condamné à trois reprises à la peine capitale pour assassinats de rivaux politique dont le premier ministre Rachid Karamé. On y trouve une partie du camp sunnite avec le parti aujourd’hui dirigé par le fils d’Hariri. Et on y retrouve le parti socialiste de Wallid Joumblat, qui a, pendant plus de vingt ans, incarné la collaboration avec la Syrie. Tous soutiennent l’actuel gouvernement dirigé par Fouad Siniora.

Une autre alliance s’est formée pendant la guerre de cet été. Elle rassemble sous l’étiquette de « résistance libanaise » le Courant patriotique libre du plus populaire des leaders chrétiens, le général Aoun, qui n’est rentré au Liban qu’après le départ des Syriens, le Hezbollah, le mouvement chiite Amal de Nabih Berry, qui est le président de la Chambre des députés, le mouvement de Samir Frangieh, un groupe sunnite constitué par d’anciens premiers ministres et le parti communiste. Étiquettée par ses adversaires de prosyrienne, cette alliance récuse toute tutelle, aussi bien américaine que syrienne. L’accord avec le Hezbollah se fonde sur la reconnaissance des changements survenus à l’intérieur de ce parti depuis l’arrivée à sa tête de Hassan Nasrallah, sur l’immense popularité dont il jouit non seulement chez les chiites mais aussi chez les sunnites et sur la défense du Liban qu’il a assurée lors de l’agression israélienne. Tous partagent le même refus d’entrer dans le plan américain qui sous couvert de démocratie vise à  l’affaiblissement des États voisins d’Israël.

Au cœur du débat se trouve la nécessité d’une nouvelle organisation du pays garantissant une représentation plus fidèle de tous les courants qui ne se limite pas aux barrières confessionnelles. Un système électoral hérité de la période syrienne a donné l’an passé 72 députés sur 128 à un tiers de l’électorat. Les deux tiers de la population ne sont pas représentés dans le gouvernement Siniora. Au cœur du débat, mais davantage en filigranes, se trouve également le rôle de l’Etat. L’alliance du 14 mars s’affiche nettement en faveur d’un néolibéralisme qui laisse libre cours au confessionnalisme où se dissout la citoyenneté,  tandis que l’opposition veut donner à l’Etat un rôle important non seulement pour transcender le poids des communautés confessionnelles dans une forme ad hoc de neutralité des pouvoirs publics, mais aussi pour encadrer le marché.

Ce débat, somme toute assez classique, ne présenterait rien d’alarmant si on ne se trouvait pas dans un pays où les affrontements entre communautés et à l’intérieur des communautés ont été extrêmement sanglants dans un passé pas si lointain. En fait, le conflit est devenu armé chaque fois qu’un acteur extérieur est venu s’en mêler et a trouvé ici et là des alliés.

Tribunal international


Alors que la recherche d’un accord passe nécessairement par un gouvernement d’union nationale, on assiste à des ingérences répétées des Etats-Unis et de l’Europe – avec un rôle particulier de la France – pour l’empêcher. Parce qu’il faut déstabiliser la Syrie, la communauté internationale prend le risque de déstabiliser le Liban. C’est tout le sens de l’initiative franco-américaine de proposer à l’ONU la création d’un tribunal international chargé d’enquêter sur les commanditaires de l’assassinat d’Hariri et d’autres personnalités victimes depuis un an d’attentats, le coupable étant désigné d’emblée : la Syrie.

L’opposition n’est pas du tout hostile au principe d’un tribunal international chargé d’enquêter sur les assassinats politiques survenus depuis un an. Mais elle voudrait qu’ on enquête aussi sur des assassinats de personnalités qui n’appartiennent pas à l’alliance du 14 mars. Et elle voudrait des garanties quant à l’impartialité de ce tribunal. Suite aux pressions de l’ambassadeur américain et de l’ambassadeur français sur le premier ministre Siniora, visité quasiment chaque jour, l’opposition n’a pas été associée à l’examen du projet de tribunal. L’ambassadeur US Feltman déploie une énergie considérable pour casser tout rapprochement entre les gouvernementaux et l’opposition. L’assassinat de Pierre Gemayel, petit fils du fondateur des Phalanges et fils d’un ancien président de la République, a immédiatement été attribué à la Syrie. Alors que d’autres pistes mériteraient d’être examinées, dans un pays qui connaît une longue tradition d’élimination des rivaux au sein d’un même clan et où le Mossad a montré comment il savait utiliser ces rivalités. L’opposition étant cataloguée prosyrienne, elle a été quasiment accusée de complicité. Ainsi s’est créée une tension qui peut à tout moment dégénérer.

Nul ne s’étonnera que les USA et l’Europe s’emploient également à dissuader le gouvernement libanais d’invoquer le droit pénal international pour condamner les crimes de guerre commis par l’armée israélienne. L’impunité israélienne doit demeurer, en tout état de cause.

« Non existence européenne »

« Ni Manhattan, ni Téhéran », titrait il y a peu un éditorial de L’Orient-Le Jour, un quotidien de Beyrouth pourtant proche du gouvernement. On doit ajouter « ni Paris, ni Damas». La Syrie comme la France font partie de l’histoire du Liban. Cette dimension historique ne peut justifier aujourd’hui des ingérences inacceptables. Les incitations de la diplomatie française à la confrontation avec la résistance libanaise servent peut-être les intérêts personnels d’un Chirac qui doit beaucoup à la famille Hariri. Elles ne servent en aucun cas ceux du Liban. Et pas davantage ceux de la France. Quant à l’Union européenne, comme me le déclarait un ancien premier ministre libanais regardé par toutes les parties comme un sage, «  sa non existence est encore accentuée par son alignement sur les USA. »

 

Par Raoul Marc Jennar

Extrait du Journal du Mardi

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13/04/2007

 De Tel Aviv à Schaerbeek, banalisation de l'extrême droite - Ecologie et marxisme: une encontre nécessaire mais ... - La Grande-Bretagne s'oppose aux projets de ressusciter... - La mort d'un tyran superlatif - Une visite dans une ardoisière

De Tel Aviv à Schaerbeek, banalisation de l’extrême droite

Par Manuel Abramowicz et Pierre Eyben

vermine-faciste

 

Le cordon sanitaire a été rompu par le PS... israélien. Comme ce fut déjà le cas, il y a quelques années, pour équilibrer et stabiliser son gouvernement d’union nationale, le premier ministre israélien y intègre désormais l’une des pires formations d’extrême droite de l’Etat hébreu.

Dans ce même gouvernement, les travaillistes (les socialistes locaux) siègent. Un problème ? Une preuve encore que les idées d’extrême droite influencent - de plus en plus - les partisans de la démocratie musclée. Y compris dans les rangs socialistes.

La présence des travaillistes dans le gouvernement israélien conduit par Ehoud Olmert (du parti Kadima, droite nationaliste, ex-Likoud) et leur participation à la guerre du Liban ne semblent pas avoir ému outre mesure l’Internationale socialiste. Celle-ci rassemble la majorité des formations politiques d’obédience social-démocrate du monde entier. Le parti travailliste israélien est membre de cette internationale, tout comme les deux partis socialistes belges (le PS d’ Elio Di Rupo et le SP.A de Johan Vande Lanotte). Pourtant, la guerre menée, cet été, par l’Etat hébreu au Liban avait suscité beaucoup d’interrogations et de réactions de la part des organisations de gauche.

Sans éprouver la moindre sympathie pour le Hezbollah, beaucoup se sont en effet questionnés sur l’opportunité et les objectifs réels de cette guerre qui a durement touché, en premier lieu, la population civile libanaise et a eu, pour principale conséquence, de renforcer la popularité du parti nationaliste islamiste et d’affaiblir l’Etat libanais, dans son ensemble.

Aujourd’hui, un nouveau cap est franchi en Israël. Le parti russophone d’extrême droite Israël Beitenou, d’Avigdor Lieberman, rejoint la coalition gouvernementale israélienne. Aux dernières élections, il faut le savoir, ce parti a réalisé une réelle percée, avec l’élection de onze députés à la Knesset (le Parlement national). Israël Beitenou est une formation raciste : elle revendique clairement des mesures ségrégationnistes visant à séparer les Israéliens : d’un côté, les Juifs, de l’autre, les Arabes du pays. Elle propose également d’isoler et d’enclaver plus encore les Palestiniens, ainsi que de redéfinir les frontières d’Israël visant à son élargisement par l’annexion de colonies en Cisjordanie. Israël Beitenou, c’est un peu, au niveau politique, le Hamas israélien !

L’intégration de l’extrême droite dans l’actuel gouvernement d’Ehoud Olmert est symptomatique d’un mouvement plus général. Partout dans le monde, les partis et organisations antidémocratiques bénéficient d’un flux favorable. Parfois même avec la complicité de formations social-démocrates, dont l’histoire politique démontre pourtant leur attachement à l’antifascisme. Chez nous, lors des récentes élections communales, des conseillers communaux d’origine immigrée et d’extrême droite ont été élus sur plusieurs listes de partis dits démocratiques (dont la liste PS menée par la vice-Première ministre Laurette Onkelinx dans la commune bruxelloise de Schaerbeek). En Slovaquie, en juin, un nouveau gouvernement s’est constitué autour du parti de ’’gauche’’ Smer (également membre de l’Internationale socialiste) avec l’appui de deux formations d’extrême droite (le Parti national slovaque, SNS, et le Mouvement pour une Slovaquie démocratique, HZDS). En Bulgarie, le leader ultranationaliste Volen Siderov, ouvertement xénophobe, sera présent au second tour de l’élection présidentielle. En France, dans quelques mois, c’est Jean-Marie Le Pen qui pourrait à nouveau incarner, comme en avril 2002, la surprise du premier tour des présidentielles... Ces quatre exemples européens révélent à nouveau la dangereuse recrudescence de l’extrême droite ainsi que sa banalisation (les deux problématiques étant intimement liées).

A nouveau, il est du devoir de tous les démocrates de réaffirmer - avec force - qu’il n’existe pas d’extrême droite acceptable, que le devoir des formations démocratiques (et a fortiori de celles de gauche) est de conserver un solide cordon sanitaire pour isoler l’extrême droite dans le paysage politique. Qu’il faut aussi – et surtout – refuser que les idées nauséabondes des VB, des FN, des néofascistes des Loups gris turcs ou des intégristes islamiques revendiquant un Ordre nouveau religieux contaminent le monde politique. Un monde aujourd’hui essentiellement aux mains de gestionnaires imperturbables. Des gestionnaires, hélas, de plus en plus enclins – dans le seul but de rester au pouvoir ! - à accepter la transformation des démocraties parlementaires en démocraties musclées. Le réflexe de la forteresse assiégée ne peut conduire qu’aux pires dérives. En Israël comme en Slovaquie, en passant par la Bulgarie, la France et la Belgique... aussi.

Par Manuel Abramowicz et Pierre Eyben Respectivement auteur du ’’Guide des RésistanceS à l’extrême droite’’ (éditions Labor) et porte parole du collectif liégeois A Contre Courant (www.acontrecourant.be)

 

Ecologie et marxisme : une rencontre nécessaire mais pas toujours évidente.

par Pierre Eyben

ecologie

 

Marxisme rime malheureusement encore trop pour certains communistes avec productivisme. Or, l’évolution économique de ces dernières années a démontré de façon éclatante que la course au productivisme et à la croissance n’était pas forcément synonyme d’une quelconque amélioration des conditions de vie pour les populations du Sud mais également du Nord. Les indices de mesure du bien-être sont en baisse depuis les années 70 quasi partout sur la planète. Les inégalités s’accroissent et ce sont toujours davantage les plus nantis qui ont accès aux ressources. Les luttes pour le contrôle des ressources s’aiguisent au même rythme que celles-ci sont consommées. Cette impasse productiviste est intimement liée au capitalisme mais elle n’a jusqu’ici pas vraiment (voire pas du tout) été prise en compte dans les tentatives d’alternatives au capitalisme.

L’irruption des mouvements écologistes (essentiellement ces 30 dernières années) se base sur une constatation simple : il convient de prendre en compte un nouveau paramètre : la planète. Il y a eu une prise de conscience du fait que nos choix de vie et de consommation ne sont pas sans conséquence sur notre hôte, la Terre, et sans hôte, plus de vie possible. Avec le réchauffement climatique, la pollution de l’air, l’épuisement des ressources fossiles ou la raréfaction de l’eau potable, c’est donc la question de la survie de l’humanité sur cette planète qui est posée. Mais très souvent, le pas qui consiste à lier la démolition de la biosphère et le système économique dans lequel nous (sur)vivons n’est pas franchi par certains écologistes qui préfèrent tenter d’aplanir les conséquences des ravages capitalistes plutôt que d’arracher le mal à la racine.

Le but de ce texte assez synthétique est de montrer combien marxisme et écologie sont complémentaires et non opposés pour peu que l’un et l’autre prennent la peine de regarder en face leurs insuffisances et erreurs passées pour franchir certains rubicons idéologiques. Si l’on prend la peine d’y regarder sereinement, on se rend compte en effet que ces courants de pensée se réclament tous deux de valeurs qualitatives : la valeur d’usage, la satisfaction des besoins, l’égalité sociale pour l’un, la sauvegarde de la nature, l’équilibre écologique pour l’autre. Tous deux conçoivent l’économie comme "encastrée" dans l’environnement : social pour l’un, naturel pour l’autre.

Marxisme = productivisme ?

Le communisme dit réalisé, de Staline à Mao en passant par bien d’autres avatars supposés d’inspiration marxistes, a quasi toujours rimé avec productivisme. Il est vrai que l’on pouvait difficilement demander à la Russie du début de 19 ème siècle, sortant à peine de la paysannerie d’avoir des préoccupations environnementalistes. Même si une analyse plus fine serait utile, cette logique productiviste a toutefois persisté et est toujours souvent présente dans les expériences actuelles se réclamant du communisme.

Mais ce productivisme est-il intimement lié au modèle économique marxiste de 1848 ? Marx ne pouvait en son siècle présumer des catastrophes majeures que l’hyper-productivisme et l’hyper-consumérisme capitalistes causeraient aujourd’hui |1|. Il a toutefois, au travers de divers textes, exprimé son souci écologique. Dans Le Capital, il s’inquiétait déjà de l’agriculture intensive et écrivait « Dans l’agriculture moderne, de même que dans l’industrie des villes, l’accroissement de la productivité et le rendement supérieur du travail s’achètent au prix de la destruction et du tarissement de la force de travail. » En outre, chaque progrès de l’agriculture capitaliste est un progrès non seulement dans l’art d’exploiter le travailleur, mais encore dans l’art de dépouiller le sol ; chaque progrès dans l’art d’accroître sa fertilité pour un temps, un progrès dans la ruine de ses sources durables de fertilité. Plus un pays, les États-Unis du Nord de l’Amérique, par exemple, se développe sur la base de la grande industrie, plus ce procès de destruction s’accomplit rapidement [...]. La production capitaliste ne développe donc la technique et la combinaison du procès de production sociale qu’en épuisant en même temps les deux sources d’où jaillit toute richesse : La terre et le travailleur » |2| . Il a aussi et avant tout introduit la distinction essentielle entre valeur d’usage et valeur d’échange, distinction qui est la clé pour comprendre tout le mécanisme de marchandisation de l’économie mais est aussi l’essence même de la vraie valeur des objets/marchandises pour un communiste, à savoir leur usage |3|. Ce concept qualitatif est sans doute un des fondements essentiels de toute vision écologique. Les sociétés humaines ont d’abord échangé et fixé la valeur des objets en fonction de l’usage. Aujourd’hui, les publicitaires tentent de nous imposer artificiellement le besoin pour un produit mais leur objectif comme celui des entreprises pour lesquelles ils œuvrent est bien le profit au travers de la plus-value qu’ils peuvent réaliser par la vente de celui-ci et/ou de la quantité vendue.

Certains aspects ont été peu developpés par Marx comme le fait que par sa dynamique expansionniste, le capital met en danger ou détruit les propres conditions de sa survie, à commencer par l’environnement naturel - une possibilité que Marx n’avait pas pris suffisamment prise en considération |4|.

Ecologie = capitalisme ?

Partout en Europe, la plupart des mouvements écologistes ont fait le deuil de toute remise en question fondamentale du système capitaliste et des bases de l’économie de marché, ils font le pari de la possible « canalisation » du capitalisme. Acceptant le déficit de contrôle démocratique de l’activité économique, ils basent également leur action sur une modification des habitudes de la consommation individuelle. Pourtant, au-delà de l’écologie « institutionnalisée » qui a renoncé à toute modification en profondeur de la société, de nombreux mouvements écologistes plus radicaux fleurissent encore. Conscients de l’incompatibilité entre une préservation à long terme de la planète dont nous sommes les hôtes et la recherche à court terme de profit dans une société capitaliste de plus en plus libéralisée (c.-à-d., soyons clairs, non démocratiquement contrôlée), des groupes alter-écologistes se développent. Le mouvement dit « de la décroissance » qui se base sur une affirmation d’une éclatante limpidité « le système de croissance éternelle dans lequel nous vivons est incompatible avec la planète finie sur laquelle nous vivons » mais est encore assez hétéroclite quant à sa traduction politique a jeté un pavé dans la mare qui ne finit pas de créer réactions épidermiques ou prises de conscience dans tout le mouvement altermondialiste. Une société qui refuse le progrès scientifique aurait-elle plus de sens que la nôtre qui l’intègre (ou plutôt laisse au secteur privé la liberté de le faire) sans prendre le temps de l’assimiler et/ou d’en mesurer les conséquences (OGM contrôlés par Monsanto,…) ? Une société qui remplace les multinationales gérées en bourses par des PME locales gérées de façon aussi inégalitaire par des petits patrons serait-elle un progrès ? Le repli complet sur une économie locale ne serait-il pas sur certains aspects un choix anti-écologique car moins effectif ? L’interprétation dogmatique faite par certains de la « décroissance soutenable » apporte parfois de mauvaises réponses |5| (entre autre en niant certains apports essentiels dus au courant marxiste) mais le concept de décroissance pose de bonnes questions et ouvre souvent des pistes utiles.

Les écologistes se trompent s’ils pensent pouvoir faire l’économie de la critique marxienne du capitalisme : une écologie qui ne se rend pas compte du rapport entre "productivisme capitaliste" |6| et "logique du profit" est vouée à l’échec - ou pire, à la récupération par le système.

Un point de rencontre

Le mode de production et de consommation actuel des pays capitalistes avancés, fondé sur une logique d’accumulation illimitée (du capital, des profits, des marchandises), de gaspillage des ressources, de consommation ostentatoire, et de destruction accélérée de l’environnement, n’est pas viable à moyen terme. Il peut encore moins être étendu à l’ensemble de la planète, sous peine de crise écologique majeure, et est donc intimement lié au maintien (et dans les faits au renforcement) des inégalités. Selon des calculs récents, si l’on généralisait à l’ensemble de la population mondiale la consommation moyenne d’énergie des USA, les réserves connues de pétrole seraient épuisées en dix neuf jours |7|.

Une économie démocratiquement planifiée avec décentralisation (partout où cela est possible et utile) est la voie à suivre. Il n’existe pas au sein de la société capitaliste d’alternative écologique conséquente |8| . La planification permet de produire en fonction de besoins réels et des ressources disponibles et non en supposant que par un miracle que seul les économistes peuvent comprendre (et encore, pas tous) la loi de l’offre et de la demande suffiront à réguler correctement la production. La décentralisation permet de coller aux réalités locales. Les systèmes centralisés rigides outre la mort de toute démocratie réelle, ont souvent conduit à des erreurs catastrophiques (surproductions ou pénuries graves). Les limites de la décentralisation sont uniquement la nécessaire solidarité entre tous et la nécessité de gérer certains aspects à plus grande échelle (comme par exemple les transports en commun). La question de la propriété des ressources épuisables (minerais, fossiles,…) et des éléments essentiels à la vie (eau, air,…) demeure essentielle, tout comme celle de la propriété des moyens de production. Que ce soient une collectivisation au niveau local, national ou mondial, cette question de la propriété des ressources mondiales et des moyens de production est primordiale car elle est la base même de l’exploitation du Sud par le Nord comme des plus précaires au sein de tous les pays de la planète. La question de l’Etat est également centrale. L’Etat aujourd’hui abandonne ses fonctions de redistribution et augmente celles de répression alors même que cet Etat répressif devrait selon Marx et Engels disparaître.

L’avenir est donc à ce que James O’Connor définit comme l’éco-socialisme, à savoir les théories et les mouvements qui aspirent à subordonner la valeur d’échange à la valeur d’usage, en organisant la production en fonction des besoins sociaux et des exigences de la protection de l’environnement. Leur but, un socialisme écologique, serait une société écologiquement rationnelle fondée sur le contrôle démocratique, l’égalité sociale, et la prédominance de la valeur d’usage |9| . En somme, il s’agit de réimbriquer l’économique dans l’écologique, et l’écologique dans le social, c’est-à-dire dans les conflits entre classes.

|1| Le système capitaliste actuel ne (sur)vit qu’au travers d’une croissance aussi artificielle que ravageuse. Les ressources non renouvelables (charbon, pétrole, gaz, minerais) sont consommées à une vitesse toujours plus grande et la pénurie n’est plus un lointain spectre mais le lot direct des générations qui nous suivront

|2| K. Marx, Le Capital, livre premier, T. II, éd. sociales, Paris, 1973, p. 181-82.

|3| K. Marx, Le Capital, livre troisième, T. III, éd. sociales, Paris, 1974, p. 199.

|4| J. O’Connor, "La seconde contradiction du capitalisme : causes et conséquences", Actuel Marx n° 12. "L’écologie, ce matérialisme historique", Paris, 1992, pp. 30, 36

|5| M. Nejszaten, " La décroissance simpliste",

|6| Qu’il soit marxiste ou pas, le mouvement ouvrier traditionnel en Europe - syndicats, partis sociaux-démocrates et communistes - reste encore profondément marqué par l’idéologie du "progrès" et par le productivisme, allant même, dans certains cas, à défendre, sans se poser trop de questions, l’énergie nucléaire ou l’industrie automobile

|7| M.Mies, "Liberacion del consumo o politizacion de la vida cotidiana", Mentras Tanto, n° 48, Barcelone, 1992, p. 73.

|8| La micro-rationalité des actionnaires, le profit à court terme qui l’oriente, est incompatible avec la macro-rationalité écologique, le principe de précaution, la préservation des écosystèmes, le souci des générations futures.

|9| J. O’Connor, Natural Causes. Essays in Ecological Marxism, New York, The Guilford Press, 1998, pp. 278, 331.

 

La Grande--Bretagne s'oppose aux projets de ressusciter la constitution UE .

non-UE

 

Londres voudrait que le projet de constitution soit abandonné ou réduit à une version beaucoup plus mince qui ne comprendrait que des changements techniques sur le mode de vote pour adapter les institutions européennes après l'élargissement à 27 membres, selon un responsable gouvernemental non identifié cité par le journal, le Times.

"L'Europe n'est pas hors service. Des décisions sont prises chaque mois, des lois sont passées, nous venons juste d'assister à l'annonce d'un projet extrêmement ambitieux sur le changement climatique, alors on ne peut pas dire que le futur de l'Europe soit suspendu à une nouvelle période de réforme institutionnelle", a déclaré cette personne.
Le gouvernement britannique est d'autant plus désireux d'enterrer la constitution qu'il est réticent à tenir la promesse de Tony Blair faite en 2004 de procéder à un référendum sur le projet de constitution en Grande-Bretagne, souligne le Times. Le Premier ministre britannique a estimé jeudi soir que la présidence allemande allait mener à "des discussions difficiles à propos des réformes économiques et de la constitution".
Il y a peu, la chancelière allemande Angela Merkel, qui préside l'UE, a averti du risque d'un "échec historique" si les 27 n'arrivent pas à sortir de leur impasse institutionnelle d'ici 2009. Elle qui souhaite ainsi la

tenue d’un nouveau référendum va désormais pouvoir compter sur d’éventuels partenaires sociaux libéraux français. En effet, la candidate du PS français, Ségolène Royal qui a pourtant déclaré vouloir présenter un programme réellement socialiste n’hésite pas à prendre à rebrousse-poil ses éventuels électeurs qui se sont prononcés très majoritairement contre la constitution lors du référendum du 29 mai 2005. Le camouflet donné à l’ensemble de la classe politique française n’a pas suffi. Elle est revancharde. Bêtise ? Aveuglement ? Mais quel électoral la candidate dite de « gauche » veut-elle séduire ?

La mort d'un tyran superlatif

pinochet

 

Les forces progressistes du monde entier se sont fait écho d’un sentiment de soulagement suite à la mort de Pinochet. Toutefois, l’action judiciaire  à son encontre par des multiples procès  concernant les violations systématiques des droits  de l’homme est éteinte. Sans procès et la terreur qu’il a fait peser sur le Chili, entre 1973 et 1990, laisse un goût amer dans le chef de ses principales victimes ainsi que dans la conscience des hommes et des femmes épris de justice de par le monde. En outre, il s’en tire à bon compte des nombreuses accusations de fraude à l’Etat chilien dans une saga sans précédent d’enrichissement personnel et familial.

Des responsabilités politiques sont à signaler, dont celles des gouvernements et  des secteurs politiques de la transition au Chili, faisant preuve d’une faible volonté politique pour aller de l’avant dans ces procès s que les tribunaux ont fait traîner. Une clameur s’impose : non à l’oubli et poursuite des procès des responsables des crimes de cette dictature.

 

JUSQU'A  SA MORT, IL A ETE HARCELE :

 

Chercheur au Centre d’études des relations  entre l’UE et l’Amérique latine de l’ULB, Marcelo Ossandon a également été membre du cabinet Allende.

 

A L’HEURE D’EVOQUER PINOCHET, ON PEUT DIRE QUE, DANS L’IMAGINAIRE COLLECTIF, PINOCHET EST, POUR PARLER COMME ROLAND BARTHES- UN « TYRAN SUPERLATIF ».

 

Oui. Et il y a  plusieurs raisons. La première tient tout de même à la dictature qu’il a mis en place : brutale, très violente dès le début , symboliquement , avec le bombardement du Palais présidentiel de la Moneda et la mort d’Allende, poussé au suicide pour ne pas tomber aux mains des assaillants. Et puis, ont suivi les méthodes de répression, les tortures, les disparitions, mises en place , de manière concertée, au Chili, en Argentine, au Brésil et en Uruguay, il faut le rappeler !

La deuxième raison, c’est qu’il s’agissait d’un dictateur qui a renversé un président socialiste légalement installé et qui proposait une voie de changement de la société chilienne assez inédite, puisqu’il parlait d’une voie socialiste dans la légalité.

Un autre élément, c’est qu’Allende lui-même , en ayant confiance dans les institutions démocratiques du pays, avait nommé Pinochet à la tête de l’armée. Jusqu’à sa mort , s’il fut commandant en chef de l’armée chilienne, c’est tout simplement parce qu’il a été nommé par le président lui-même.  Il y a aussi le fait qu’à la différence de l’Argentine, le Chili connaissait une tradition démocratique.. Enfin, on pourrait ajouter un dernier élément. Le Chili a connu un exil massif d’opposants à l’étranger (en commençant par la femme d’Allende) qui, dès les premiers moments, ont suscité un vaste mouvement de sympathie, une solidarité internationale , envers le processus qui avait été déchu et contre la dictature. Ce qui n’a pas été le cas des Argentins par exemple, qui étaient moins bien structurés sur le plan politique. Il existait au Chili, des partis de gauche, dont les militants, malgré la répression, avaient une capacité d’organisation et de contestation.

 

PINOCHET NE SERA JAMAIS JUGE..

 

Certes. Mais, si vous ouvrez la presse aujourd’hui, à l’occasion de son décès, vous ne trouverez pratiquement aucun journal qui parlera du « président  Pinochet » : tout le monde parle du « dictateur ». C’est le jugement de l’Histoire de Pinochet.

 

CERTES.. MAIS IL A BEL ET BIEN REUSSI A SE RIRE DU POUVOIR JUDICIAIRE, CHILIEN ET INTERNATIONAL.  ET IL EST MORT SANS DEVOIR RENDRE DE COMPTES :

 

Tout à fait. Au début du processus de démocratisation, cela s’expliquait par une certaine complaisance du pouvoir judiciaire au Chili., qui était un des derniers bastions du régime Pinochet, avec une tradition assez droitière et même réactionnaire. Celle-ci a changé avec l’arrestation de Pinochet à Londres. Elle a suscité tout un mouvement au Chili, et au premier chef dans une partie de la population elle-même, qui a vécu longtemps sous l’ignorance de beaucoup de choses. La dictature avait en effet mis une chape de plomb sur l’opinion publique, malgré les faits de résistance et de solidarité internationale que j’ai signalés. La chance historique de voir Pinochet jugé a été perdue quand l’Angleterre l’a relâché et qu’il est rentré au Chili.  Au-delà de son cas, un jugement officiel des actes de Pinochet aurait fait avancer la cause de la justice internationale. Cela dit, après cela, dans son pays, on a assisté à toute une série d’actions visant à le traduire en justice. Jusqu’à sa mort, on peut dire qu’il a été harcelé - même s’il n’a jamais été  condamné. La justice  démocratique est lente et contradictoire, puisqu’à chaque reprise, la perspective d’une arrestation a fait l’objet de débats politiques.

Marcelo Ossandon, propos recueillis par Willian Bourton. Le Soir 


Une visite dans une ardoisière ardennaise

Ardoisiere

 

Nous tenons à vous raconter notre parcours au pays de l’ardoise, entre Bertrix et Herbeumont. Ce parcours, nous l’avons fait en pensant à toi aussi, Robert, à la camaraderie qui nous unit tous les trois. Car l’histoire que je vais raconter te concerne aussi, car elle fait partie de ton patrimoine.

Après notre passage au Bois du Casier, rappel des conditions de vie des mineurs, nous avons voulu visiter une ardoisière qui fait peut-être aussi, dans une moindre mesure, partie du patrimoine ardennais.

Nous sommes descendus au fond d’une mine, munis d’un casque, par mesure de sécurité, à plus de 35 mètres de profondeur, sur des escaliers en fer. Nous sommes passés par les galeries principales d’exploitation où des ouvriers, comme dans les mines de chez nous, faisaient exploser des pierres schisteuses d’un poids étonnant. Un gros nuage de poussière s’en dégageait lors de la mise à feu de la charge explosive. D’autres ouvriers conduisaient les blocs d’ardoise pour la remontée. Le métier le plus pénible était celui du remonteur de plaques : j’ai pu discuter avec Louis, l’un des derniers remonteurs, qui sert de guide actuellement : il remontait des plaques de 150 kg sur le dos protégé par une épaisseur de paille et d’une toile de jute. La remontée s’effectuait sur de vulgaires échelles de pin, échelon par échelon, du fond à la surface sur une distance de 5 mètres, et, cela, 8 heures par jour. L’éclairage était faible, c’était quasi l’obscurité.

 

 

Il n’y avait pas de grisous et peu d’accidents mortels, mais des vertèbres brisées des dos cassés, des membres douloureux. Et beaucoup de mineurs étaient atteints de l’équivalent de la silicose, mais n’ont pas obtenu d’indemnités maladie professionnelle pour autant.

Les remonteurs d’ardoise faisaient parfois des paris sur leur force : c’est ainsi que l’un d’eux a parié un jour qu’il remonterait une plaque de 250 kg en fin de journée. Ce qui lui a coûté la vie, car une des veines de son cou éclata sous l’effet de l’effort décuplé.

Le site que nous avons visité a fermé le 01-09-1990, à cause de la concurrence de l’ardoise espagnole, qui est, certes, de moins bonne qualité, mais plus facilement exploitable.

Contrairement à nos terrils, les galeries sont remplies de pierres de schiste pour soutenir la pression sur les côtés.

A côté du site, il y a un petit bâtiment de bois qui sert de bar pour déguster une petite restauration, pour faire rentrer un peu d’argent. Il n’y a pas de parking, faute de moyens financiers, et les voitures se garent dans la boue.

La visite du site est aussi risquée, faute d’aménagements … Tous les 20 mètres, il y a un bouton d’alarme en cas d’accident lors de la remontée vers la surface.

Louis nous a parlé de son projet : permettre aux touristes de tailler eux-mêmes, avant de quitter le site, un morceau d’ardoise d’Ardennes.

Pour sauvegarder le patrimoine, Louis est actionnaire avec d’autres ouvriers mineurs mais il m’a avoué avoir sollicité les politiques pour les soutenir financièrement … sans résultat.

Il craint, que faute de moyens financiers, le site ne soit fermé , alors que son désir le plus cher est que les jeunes générations n’oublient pas les 1.200 ouvriers qui y ont travaillé, leurs conditions de travail, leurs efforts, leur courage .

Anne-Marie et moi lui avons souhaité bonne réussite dans ses projets, mais nous sommes partis tristes et inquiets, mais heureux aussi.

Le lendemain, nous avons visité le fourneau Saint-Michel, où on extrait le fer.

Anne-Marie Devresse et Simon Mortelette

22:51 Écrit par nouvelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

02/04/2007

"Affaires" de Charleroi: dans l'ombre de la Loge? - 1369 quartiers touchés - Des tentes depuis la canal St Martin à Paris jusqu'à la Sambre - La Pooste belge va fermer 275 bureaux - Les futurs propriétaires endettés à vie - Cocorico, l'économie belge...

 

ON EN PARLE A CHARLEROI

 

Charleroi

Début janvier 2007, Progrès et Culture accueillait le journaliste carolo, Didier Albin pour la présentation de son livre «  Charleroi : le séisme » à l’occasion de son apéritif - rencontre mensuel.  Nous reproduisons ci-dessous l’article que le Journal du Mardi a rédigé sur le sujet.

 

«Affaires» de Charleroi: dans l’ombre de la Loge?   

par Laurent Arnauts   

                       

Avec tout ce que les médias ont tartiné sur le sujet pendant un an et demi, on pouvait penser qu’on n’ignorait plus rien des turpitudes de la gestion publique carolorégienne. Et bien, on se trompait. Dans un livre paru aux éditions Luc Pire, le journaliste Didier Albin ne se contente pas d’égrener, avec la méticulosité d’un enquêteur mais aussi un franc-parler qui n’épargne personne, le déroulement de ce drame politique dont les différents actes se suivent et se ressemblent. Il raconte ce qu’il a observé dans les coulisses. Et c’est ainsi que son ouvrage – « Le séisme » - mérite doublement son nom, puisqu’il lève un tabou auquel personne jusqu’ici n’avait osé ou voulu s’attaquer : le rôle occulte joué par des réseaux francs-maçons locaux dans l’estompement de la norme généralisé à Charleroi.

Des liens qui transcendent les clivages politiques et qui expliquent, selon l’auteur, bien des choses (*).

                        

Entretien et extraits.

 

Les dérives dans la gestion publique à Charleroi que vous décrivez ne sont pas récentes. Comment expliquer cette omerta qui semble avoir régné si longtemps?

 

Trois choses ont changé à Charleroi, qui ont mené à la révélation des "affaires" que nous connaissons depuis un peu plus d'un an. D'abord, l'arrivée d'un nouveau Procureur du Roi, Christian De Valkeneer, qui n'accepte pas l'idée qu'un corrupteur puisse exister sans corrompu, et vice-versa. Pour son prédécesseur, Thierry Marchandise, il était possible de poursuivre un corrupteur sans aucunement inquiéter la ou les personnes qui s'étaient laissées corrompre. Le deuxième facteur, c'est une presse qui se réveille, alors qu'elle avait longtemps servi la soupe au pouvoir. Elle décide de travailler tout à fait autrement, de devenir proactive plutôt que réactive. Et pour la première fois on obtiendra des preuves, ce qui va encourager des journalistes à avancer, plutôt que d'attendre que des éléments leur arrivent. Cela va encourager une série de gens qui sont déçus ou désespérés de voir ce qui se passe à Charleroi, et des faits sous-jaçents et connus depuis de nombreuses années, mais sans preuve ni témoignages, vont être dénoncés. Le troisième événement, c'est l'étoile de Jean-Claude Van Cauwenberghe qui s'éteint progressivement, de même que celle d'une série de collaborateurs de sa génération. Avec, derrière, une jeune génération qui en a un peu marre de ces pratiques

 bien installée.

 

Vous avez pour la première fois révélé clairement autre facteur: des réseaux francs-maçons...

 

Effectivement, tout cela s'est déroulé sur un fond de franc-maçonnerie. Même si cela existe ailleurs aussi je crois - j'en suis même convaincu - à Charleroi c'était plus visible. Lorsqu'on regarde la ville à travers le "filtre" maçonnique, beaucoup de choses a priori inexplicables deviennent claires. Pourquoi deux personnes qui s'entendaient bien ne s'entendent plus sans raison apparente, pourquoi un marché est attribué un tel plutôt qu'à tel autre, pourquoi une amitié contre nature politiquement se noue et persiste dans la durée... Si vous disposez des listes de membres de la "Loge de la Charité", vous comprenez mieux.

 

Lorsque vous avez évoqué cela au cours de l'émission "Mise au point" dimanche dernier, il y a eu quelques secondes de silence de mort... c'est donc tabou

 

Sur le plateau il n'y a pas eu de réponse effectivement, juste un grand silence. Et après l'émission on est venu me dire que "tout le monde sait ça", "ce n'est pas un scoop", etc. Mais tout le monde a beau le savoir, cela n'a jamais été exprimé. Il y a donc un vrai malaise derrière tout cela. Il est vraiment temps de crever cet abcès. Car derrière tout ce qui se "décide" à l'Union socialiste de Charleroi" (l'USC), il y a une autre instance qui est beaucoup plus puissante, cette fameuse "Loge de la Charité" dans laquelle des hommes politiques, des magistrats, des hommes d'affaires, des entrepreneurs décident un peu ce qui est "bon" pour les

carolos, depuis des années. Il est temps de briser cette chape-là, et de dire que les chose doivent changer là aussi. Ce n'est pas du tout entamer une chasse aux sorcières que de faire ça, comme cela a pu être dit, c'est seulement enlever cet écran de fumée qui empêche la transparence dans toute une série de dossiers.

 

C'est tout de même très grave, puisque cela signifie qu'il y a un facteur qui peut expliquer comment ce système a pu fonctionner et prospérer en toute impunité! Donc pas seulement les corrupteurs et les corrompus, mais aussi ceux qui étaient censés les contrôler: la justice, les médias, l'opposition peut-être?

 

Oui, il y a des gens des médias aussi, évidemment, bien que pour des raisons de respect de la vie privée je ne les nomme pas clairement dans mon livre. Ces gens occupent vraiment des positions stratégiques dans tous les lieux de pouvoir et d'influence. Et c'est ainsi qu'on arrive à tenir une ville... Bien sûr il y a des membres très respectables dans cette loge, mais il y a donc aussi des affairistes qui ne pensent qu'à s'enrichir et à profiter de la situation en nouant des accords dans le dos de tout le monde. Et donc on décidé là-bas des choses qui sont ensuite avalisées à l'US puis par le Collège communal, puis enfin par le Conseil communal.

 

Comment avez-vous pu vaincre cette omerta, cette loi du silence, dans votre enquête?

 

Il y avait des gens qui en avaient vraiment marre et qui m'ont fait confiance, à moi qui suis sur le terrain depuis une quinzaine d'années. J'ai toujours recoupé mes informations, de façon loyale, et je pense que c'est cette loyauté qui m'a ouvert des portes et m'a peut-être permis d'obtenir des confidences que d'autres n'ont pu obtenir. Mais maintenant, peut-être que des gens vont regretter de m'avoir parlé...

 

Il y a des francs-maçons parmi eux?

 

Oui, bien sûr. J'ai pu puiser mes informations à la source, on a pu parler clairement de franc-maçonnerie et de ce qui se passait à la Loge. Olivier Chastel a divulgué le second rapport d'audit mettant en cause de l'échevin Claude Despiegeleer, mais le premier, celui qui l'a vraiment envoyé en prison et est la cause de tous ses ennuis, est venu d'un autre franc-maçon, Alain Rozenoer. Despiegeleer pensait pouvoir lui faire confiance parce qu'il était un frère, malgré qu'il ne soit pas membre de la loge carolorégienne. Il pensait que c'était plus fort que la politique, que le respect de la hiérarchie ou la loyauté à une institution. Il s'est trompé.

 

Et qu'en est-il actuellement? On a dit que la nouvelle coalition qui va dorénavant gérer Charleroi aurait également été constituée en Loge...

 

Cela je ne crois pas. Je crois que c'est surtout l'envie de Jean-Claude Van Cauwenberghe de jouer un mauvais tour à son président de parti Elio Di Rupo. En négociant dans son dos, le soir du 8 octobre, une alliance avec le CDH et le MR, son intention est que Di Rupo l'apprenne par les médias. Mais il n'y parvient pas, parce que la présidente du CDH, Joëlle Milquet, s'étonne auprès de Di Rupo qu'il accepte de faire rentrer au collège échevinal cet Olivier Chastel qui est la cause de tous ses malheurs. Il passe donc à coté de cette petite revanche.

 

« Despi » trahi par un frère

 

ClaudeDespiegheleerPS

Toutes les conditions sont en place. Il ne manque que la bombe. C’est le jeudi 15 septembre 2005 qu’elle explose sur les ondes de Vivacité. Christine Borowiak s’est procuré le rapport qui tue, celui de 2002. Elle en lit des extraits. Cette fois, Chastel n’y est pour rien. Quelqu’un d’autre a renseigné la journaliste. Qui veut la peau des échevins? La question ne se pose pas en ces termes. Il faut plutôt se demander qui sait où se procurer le rapport, tenu secret depuis trois ans. Despi a mis le temps pour comprendre. C’était évident, bien sûr. Mais tellement difficile à admettre. Alain l’avait trahi. Alain Rosenoer.Son ami à la Société wallonne du logement dont il avait été administrateur. Son camarade socialiste. «Mon frère franc-maçon.»

 

Despiegeleer avait trouvé dans ses activités maçonniques une forme d’élévation intellectuelle. Pour cet ancien agent des chemins de fer entré au cabinet de Van Cau, c’était aussi un signe de reconnaissance. Une compensation à un manque de considération. La loge La Charité, dont le temple se trouve au centre de Charleroi, accueille du beau linge: magistrats, avocats, hommes d’affaires, entrepreneurs, fonctionnaires, politiques. On y retrouve des gens d’un peu tous les cercles d’influence et de pouvoir. L’entrée ne fut pas simple pour Claude Despiegeleer. Il en garde un souvenir amer. Il voulait y rejoindre son ami. Mais c’est de la souffrance qu’il exprime vis-à-vis de l’attitude de ses frères après l’affaire de la Carolo. «Un abandon.» La plupart ont fait une croix sur lui. Il est convaincu qu’ils lui ont fait payer son manque d’assiduité et de présence. Des procédures de conciliation ont beau être en cours afin de recoller les morceaux. Quelque chose s’est cassé en lui. Quelque chose de profond. «On ne

réparera jamais ça.»

 

Les activités de la Loge sont secrètes. La liste de ses 150 membres aussi. «On s’y rend beaucoup de services.» Si bien qu’à leur lumière, on comprend bien des incohérences ou des mystères de l’actualité: opportunités économiques, coups bas et complicités politiques, promotions... Le petit monde de Van Cau s’y retrouve: les hommes qu’il a placés à la tête des

institutions stratégiques de Charleroi, de proches collaborateurs. Il y a aussi des managers comme cet administrateur de la Comase dont la société va travailler à l’audit général pour la Société wallonne du logement, avant de se voir confier très opportunément celui de l’ICDI. Le réviseur chargé de la vérification des comptes de grosses intercommunales est un frère lui

aussi. La liste compte d’autres noms. C’est au milieu des années nonante qu’Olivier Chastel rejoint la Charité: les duels politiques avec Van Cau vont donner lieu à des tensions. Mais comme le définit le dictionnaire du diable, un duel n’est jamais que la formalité préliminaire à la réconciliation de deux ennemis. De fait, les procédures activées ont porté leurs fruits. «Une célébration a lieu en avril», selon Le Soir. «Aujourd’hui, nos rapports sont redevenus excellents», confirme Van Cauwenberghe.

 


1.369 quartiers touchés …

squat

 

Vaste étude sur les populations en situation difficile en Belgique :

 

La Belgique compte 1.369 quartiers dont la population vit en difficulté. Ils représentent 1,7 millions d’habitants ! C’est ce qui ressort d’une étude universitaire dévoilée par le Ministre fédéral en charge de la Politique des grandes villes, Christian Dupont (PS).

Pour aboutir au constat, les chercheurs ont scruté 17 régions urbaines. Côté francophone, Bruxelles, Charleroi, Liège, La Louvière, Mons, Namur, Tournai et Verviers ont été passées au crible.

Logement, santé, emploi, scolarité, accès à Internet, possession d’une voiture … Au total, 22 variables ont ensuite servi à analyser la pauvreté des habitants dans différents quartiers de ces régions. Il en ressort que 1.369 sont en difficulté, ce qui représente 1,7 millions d’habitants !

 

Bruxelles arrive sans surprise en tête, avec 295 quartiers (503.500 habitants) en difficulté. C’est explicable par l’exode d’une certaine bourgeoisie vers la périphérie de la ville. C’est là qu’on trouve le plus d’immigrés en grande difficulté. L’effort de rénovation de certains quartiers s’y fait toutefois lentement sentir.

 

Charleroi est deuxième, avec 274 quartiers (258.000 habitants). La région est qualifiée par l’étude de « l’une des plus problématiques », avec des « soucis de revenus, santé et chômage très ancrés ». On y observe des pics de ménages sans revenus, mais aussi de quartiers à forte présence d’étrangers venant de pays pauvres.

 

Liège arrive juste après, avec 267 quartiers (281.000 habitants). Universitaires et bourgeois restent assez présents au centre-ville, mais ils cohabitent avec nombre d’isolés et de logements vides.  Les plus précarisés se trouvent dans les quartiers anciens. C’est à Liège qu’on trouve le plus de Belges en difficulté.

 

Mons est quatrième, avec 140 quartiers (136.000 habitants). Les problèmes d’emploi sont « très présents » à Quaregnon, Frameries, Colfontaine, Boussu et Dour. Les logements sont anciens, peu rénovés et de mauvaise qualité.

 

A La Louvière – 102 quartiers (97.000 habitants), la situation est en « légère amélioration ». Les cités sociales de La Louvière, Morlanwelz ou Chapelle-lez-Herlaimont restent en grande difficulté

 

Verviers – 36 quartiers (38.500 habitants) – concentre ses problèmes dans la vieille zone industrielle. La situation « s’aggrave » là où logent des immigrés issus de pays pauvres « avec des problèmes aigus de qualification, d’emploi et d’émergence de phénomènes de ghettoïsation ».

 

Namur – 31 quartiers (32.500 habitants)  apparaît prospère, notamment grâce à son absence de passé industriel dont la reconversion plombe nombre de ses rivales. Les plus défavorisés se concentrent dans les faubourgs immédiats, avec un manque criant d’accès aux soins de santé.

 

Tournai – 28 quartiers (25.000 habitants), enfin, est la ville où les contrastes sociaux sont les moins prononcés. Aucun quartier ne comprend, par exemple, de couches massives d’immigrés en situation précaire. Son principal problème reste l’emploi, mais les efforts de rénovation des bâtiments et des espaces publics portent leurs fruits

Christian Carpentier

Dernière Heure 30-11-2006

 

Des tentes, depuis le canal St Martin à Paris jusqu’à la Sambre…

canal-st-martin

 

En soutien à nos amis Français qui - depuis de longs mois et encore actuellement - occupent des  tentes sur les quais de la Seine et du canal Saint-Martin notamment, pour dénoncer  les problèmes de  logement, la situation des sans-abri , des travailleurs précaires à la rue sans oublier les sans–papiers.

 

Nous collectifs,  militants et travailleurs, SDF, chômeurs et bénéficiaires du Revenu d’Intégration Sociale, nous nous joignons à eux. Car en Belgique, à Charleroi comme ailleurs en Wallonie, à Bruxelles, en Flandre, nous subissons le même sort : le manque de logements salubres à loyer abordable, les pertes d’emplois et de revenus, le chômage, l’exclusion, la détérioration de la santé, etc…. Bref la dégringolade et la longue déglingue.

 

A Charleroi comme dans d’autres grandes villes, la réponse apportée se résume le plus souvent à l’urgence (centre d’accueil, hébergements). Solutions nécessaires mais bien insuffisantes. Insuffisantes, d’abord parce l’augmentation du nombre de places se fait attendre, laissant certains sur le carreau. Insuffisantes, ensuite parce que qui peut imaginer qu’une gestion de l’urgence qui ne s’attaque pas aux causes de ces difficultés, ni à des perspectives durables d’insertion sociale devienne, à elle seule, une politique de lutte contre l’exclusion ?

 

Régulièrement des sans-abri dorment dans les sas des banques, les halls d’appartements, les entrées de magasins, sur les bancs d’hôpitaux. Quand ce n’est pas dans des garages, des bâtiments abandonnés, des caves d’immeubles. « Cacher cette misère que je saurais voir » : cette présence impromptue insécurise les riverains, les commerçants, entraîne des tensions, des violences verbales ou physiques parmi d’autres désagréments.

 

L’urgence de lits ne répond pas à la problématique cruciale du logement à Charleroi. De plus en plus de « sans » (-abri,-papiers…) n’ont plus accès aux centres d’accueil de nuit: les portes se ferment pour eux. Soit parce qu’ils sont « installés » dans leur misère (comme on dit) et ont utilisé toutes les nuitées « autorisées», soit parce qu’ils sont sanctionnés pour leur comportement, soit tout simplement… parce qu’il manque de places.

 

Le nombre de personnes sans-abri ou en situation de précarité à Charleroi ne cesse d’augmenter, la détresse sociale de s’aggraver. Crise de l’emploi, du logement mais aussi construction d’un « modèle social européen » qui ne se préoccupe  que dans l’urgence du sort des  plus précaires. Ces crises se traduisent chaque jour un peu plus durement dans le quotidien des ménages, des personnes isolées en rupture, mais aussi de travailleurs précaires qui, faute de moyens suffisants, ne trouvent plus à se loger décemment.

 

Le combat mené par les plus précaires en France mais aussi en Ecosse pour faire valoir enfin et concrètement le droit au logement pour tous est juste. C’est pourquoi nous décidons - à dater de ce jour, mercredi 17 janvier - de placer des tentes le long du quai de Sambre.

 Afin que ceux qui, malgré tous les dispositifs, restent encore à la rue aient quand même un abri. Afin que « cette misère qu’on ne saurait voir » ne soit plus cachée, bannie… Afin de dénoncer ces situations inhumaines mais aussi l’enfermement de l’intervention sociale et de personnes elles-mêmes dans cette logique de l’urgence, donc de la précarité. Nous attendons de vraies solutions qui s’attaquent réellement aux causes de cette misère.

 

Contact : Asbl Solidarités Nouvelles – Denis Uvier

 

ECONOMIE

La Poste belge va supprimer 275 bureaux en 2007

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Au Danemark, il ne subsiste que quelque 300 bureaux de poste. Chez nous, il y en a près de 1.300... Détenue à 49 % par sa consoeur danoise, La Poste belge doit « s'adapter ??? ». Le vent du Nord a déjà soufflé sur une cinquantaine de bureaux belges en 2006. Toutefois, l'entreprise publique a décidé de geler provisoirement le processus, contrairement à ce que prévoyait le plan stratégique. En cause ? Les élections communales et la difficulté de garantir dans les temps l'ouverture d'un Point Poste (ces guichets postaux installés dans des supermarchés, des banques, des gares ou des administrations communales) à chaque fermeture d'un bureau. Liée par son contrat de gestion, La Poste doit en effet garantir qu'un total de 1.300 points de services soit maintenu.
Dans ce contexte, la vague de fermetures a été postposée à 2007 et scindée en plusieurs phases. La première débutera au mois de février avec la fermeture de quelque 160 bureaux. Les critères de fermetures restent toujours les même : fin de bail, nombre de clients quotidiens et d'opérations effectuées, vétusté et sécurité... Après une nouvelle pause due aux élections législatives de juin 2007, la deuxième vague concernerait une centaine de bureaux. Enfin, une dizaine de bureaux de poste seront encore fermés lors du 4e trimestre 2007.
Aucune suppression d'emploi n'est prévue lors de ces fermetures. Le personnel devrait être ainsi réaffecté dans les bureaux voisins et dans les mêmes conditions de travail (Qui vivra, verra, ndlr). L'agenda et les détails devraient être exposés dans les prochains jours par Johnny Thijs, administrateur délégué de La Poste.

Extrait de Trends Tendances

 


Les futurs propriétaires endettés à vie ?

 

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Il est un fait : le prix des habitations augmente plus rapidement que les salaires et , malgré les faibles taux d’intérêts actuels, beaucoup de jeunes ménages éprouvent de plus en plus de difficultés à devenir propriétaires.

En 2003, la moitié des futurs propriétaires souscrivaient un prêt pour l’achat, la rénovation ou la construction d’une maison sur une durée de 20 ans.

Aujourd’hui, ils ne sont plus que 24 % à agir de même tandis qu’en 2006, six prêts sur dix portent sur une durée de 25 ans et plus (extrait des statistiques de Immotheker).

Ces prêts sont souscrits aujourd’hui par 29 % des emprunteurs. D’autre part, ceux-ci doivent payer en moyenne 767 € par mois lors de la première année car les formules de prêts sont divers, prêts dégressifs ou progressifs, taux fixes ou taux variables,…

En France où les coûts du logement sont devenus prohibitifs (A Paris, j’ai relevé le prix de vente de 3000.000 € pour un appartement de 49 m² et ce n’était pas dans un de ces quartiers les plus cossus). Les candidats propriétaires souscrivent alors des prêts sur toute la durée de leur vie, une vie hypothéquée dès le départ au plus grand profit de ceux qui contrôlent le marché bancaire.

 

Le Furet.

 

 

Cocorico : l'économie belge est parmi les plus « libres » du monde !

 

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Suivant les dires de la Heritage Foundation, un groupe de réflexion américain, la Belgique se classerait à la 17 ème place en tant qu’économie dite « libre » au niveau mondial. De son côté, le journal flamand « De Tijd » ajoute que les entrepreneurs et les investisseurs peuvent travailler plus « librement » dans notre pays que dans la plupart des autres nations à l’échelle européenne et même nationale.

Merci Monsieur Reynders! Pourtant les employés ne partagent par les vues du Ministère des Finances viennent de manifester contre la diminution importante du nombre d’entre eux au sein de votre ministère.

 

D’après leurs déclarations, le  service chargé du contrôle des sociétés et des fraudes serait celui le plus atteint. Liberté totale pour certains qui peuvent se réjouir en clamant : «Quand le chat est parti, les souris dansent » (Ici il s’agit plutôt de rats car ils sont plus voraces).

La Belgique se voit donc octroyer de bonnes notes par cette fondation américaine pour la liberté offerte aux entrepreneurs et investisseurs.  Elle déclare cependant que nos gouvernants peuvent mieux faire encore car ils sont malgré tout encore trop dépensiers et les impôts peuvent encore être diminués, bref une logique imparable totalement néo libérale.

Ce faisant, la Belgique deviendra un meilleur élève de si elle applique strictement les lois de la libre entreprise. Elle pourra gravir les rangs et dépasser le niveau européen où elle se classe actuellement, dixième avec un score de 74.5 % derrière l’Allemagne, la Suède, l’Espagne ou encore la Norvège.

 

Le Furet 

 

22:16 Écrit par nouvelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |