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  •  Les guerres des USA en dehors du territoire nord-américain - SNCB: la rentabilité d'abord, le service public ensuite - La gauche et le peuple - Menaces sur la civilisation du vin - Une petite blague

    Les guerres des USA en dehors du territoire nord-américain :

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    -1823 : Promulgation de la doctrine de Monroe s’opposant à l’immixtion des Européens dans les affaires américaines.
    -1847 : Fondation de l’Etat du Libéria pour accueillir les esclaves désirant rentrer en Afrique. Cet état est en fait devenu la quasi propriété de Firestone (caoutchouc naturel) en 1925.
    -1853 : Une petite escadre commandé par Perry se présente devant Tokyo et oblige le Japon à faire comme la Chine avec les Anglais (et 4 ans avant les Français), c'est-à-dire signer les « traité inégaux » et ouvrir ses ports au commerce occidental. Cette attaque marquera le réveil du Japon et le début d’une politique d’expansion qui culminera en 1941.
    -1867 : Annexion des îles Midway.
    -1895 : Des colons américains aident la rébellion contre l’Espagne à Cuba.
    -1898 : Annexion des îles Hawaï, pourtant formellement indépendantes et alors que les colons japonais sont bien plus nombreux que les colons américains. Pearl Harbor devient une importante base navale américaine.
    -1898 : Guerre avec l’Espagne suite à l’explosion d’un cuirassé US à la Havane. Torpillage disent les yankees ; sabotage et provocation disent les Espagnols ; accident conclura, après la guerre, une commission internationale d’enquête.
    Les USA occupent les Philippines (où l’escadre US manquera de peu de se fritter avec un croiseur allemand), Guam, Wake, Porto Rico et Cuba (cette dernière devient soi-disant indépendante). Les Allemands en profitent pour rafler ce qui reste des possessions espagnoles acquises par Magellan, soit Carolines, Mariannes, Yap, Palaos en sus des Marshall, de la Nouvelle-Guinée du Nord-Est et des Salomons qu’ils possédaient depuis 1883-90. Ces colonies allemandes, les premières que le Reich acquit, fit de l’Allemagne le plus grand empire colonial du Pacifique.
    Anecdote sur cette guerre : l’engagement de Pierre Loti dans l’armée espagnole, ce qui fit de l’écrivain l’un des très rare français à avoir combattu militairement la puissance américaine.
    -1899 : Les Samoa sont les dernières îles indépendantes qui subsistent dans le Pacifique.
    2 croiseurs allemands, 1 anglais et 1 américains sont présent pour « garantir l’indépendance de l’archipel ». En fait, chacune des 3 puissances veulent mettre la main dessus pour soi-même. La tension est au maximum, on est à 2 doigts d’ouvrir le feu, lorsque soudain... un cyclone qui passait par là mit tout le monde d’accord et seul resta à flots le bateau le mieux construit, soit l’anglais, et tous les survivants des 3 pays dessus.
    On se partagea donc les îles. Les plus grandes devinrent allemandes ; Pago-Pago, américaine ; et les Anglais reçurent des Allemands les Salomons (sauf celles du nord)

    puissances sont toutes alliées, toutes présentes, mais alors que Japon et Russie ne cachent pas vouloir annexer Mandchourie et Corée, les USA exigent le respect de la Politique de la « Porte Ouverte », c'est-à-dire aucune annexion et liberté du commerce pour tous, partout.
    -1901 : Les USA reprennent le projet français de construction d’un canal à travers l’isthme de Panama.
    -1902 : Intervention à Cuba.
    -1903 : Pour ce faire, les USA provoque l’ « indépendance » du Panama qui était une province de la Colombie et signe avec le « nouvel état » un traité concédant aux USA la « canal zone ».
    -1905 : Traité de Portsmouth où après la victoire japonaise sur la Russie, les USA modère les exigences nippones. Il est intéressant de noter que la marine russe était constituée de navires construits en France, en Angleterre, en Allemagne et bien sûr, en Russie. La marine japonaise possédait peu de navires construits au Japon. Ses navires étaient construits en Angleterre, France, Allemagne et Italie. On ne trouve aucun bâtiment américain dans la marine nippone.
    -1907 : L’immigration asiatique est limitée... mais pas l’européenne.
    -1907-08 : Tour du monde de la flotte cuirassée américaine.
    -1910 : Fondation de l’Union panaméricaine sous la très paternelle présidence des USA
    -1911 : Intervention au Nicaragua.
    -1915 : Intervention à Haïti.
    -1917 : Achat des îles Vierges danoises.
    -1917 : Intervention dans la guerre civile mexicaine (une fois que celle-ci est quasiment terminée).
    -1917-18 :1ère guerre mondiale, les USA dictent les conditions d’armistice et de paix : les 14 points de Wilson.
    Un des aspects essentiels de ces points est la disparition de l’Empire austro-hongrois démantelé en nations trop petites pour restées indépendantes et qui tomberont tour à tour dans l’escarcelle d’Hitler, puis de Staline, de Milosevic et enfin de W. Bush. 
    -1919 : Envoi de troupes à Vladivostok ; officiellement pour soutenir les « blancs », officieusement pour contrer les Japs.
    -1921-22 : Conférence navale de Washington. Cette arnaque est l’une des plus incroyable de l’Histoire.
    a) On s’accorde la 1ère place à égalité avec l’Angleterre. (alors que l’Angleterre avait refusé à l’Allemagne une flotte représentant 3/5 de la sienne en 1912, une des cause de la 1ère Guerre Mondiale)
    b) On autorise les Japonais à avoir 2 porte-avions de 27.000 t. contre 2 de 33.000 T. pour les USA. Ceux des USA feront en fait + de 37.000 T, ce qui n’empêchera pas d’accuser les Japs de construire des croiseurs plus lourds que la limite de 10.000 T. (ce qui s’avèrera faux). En d’autres termes, on viole les textes que l’on a soi-même écrits et imposés aux autres… et on accuse les autres de les violer. Après tout, ce qui fut fait aux Japonais fut exactement la même chose que ce qui a été fait aux Indiens même pas 50 ans plus tôt. Dans ces conditions, seule une attaque surprise pouvait rétablir l’équilibre.
    c) On met la flotte française au niveau de l’italienne alors que la France a 2 façades maritimes.
    d) S’appuyant sur l’Australie, la Nouvelle-Zélande et le Canada, on obtient l’annulation de l’alliance anglo-japonaise de 1902.
    e) S’appuyant sur la fin de cette alliance, on obtient l’évacuation par les Anglais de Wei-Hai-Wei et de Kiao-Tchéou (anciennement allemand) par les Japonais. Le commerce américain peut ainsi réapparaître en Chine du Nord.
    f) On ne ratifie ainsi pas le traité de Versailles (parce qu’il avait octroyé Kiao-Tchéou au Japon) que l’on n’a ainsi pas à garantir, notamment les réparations allemandes à verser aux Français et aux Belges, ce qui permet au commerce (et aux profits) USA à l’Allemagne de redémarrer. Par contre on ne transige pas sur les dettes de guerre contractées par les alliés que ceux-ci doivent impérativement payer. Ce ne sera qu’en 1930 (plan Young) que l’on fera le lien entre dettes et réparations. (du fait de la crise de 1929)
    g) On n’a pas non plus à siéger à la SDN (Société Des Nations) étant donné le triomphe des accords bipartites.
    Quelques années plus tard, Hitler suivra cet excellent exemple.
    -1924 : L’immigration asiatique n’est plus limitée : elle est interdite.
    -1926 : Entrée des USA dans le Capital de l’Irak Petroleum Co. (reprise des actions de l’Allemagne, la France reprend les actions russes mais ne s’en sert pas pour dédommager les actionnaires des fameux « emprunts russes ») et entrée des USA dans la politique au Moyen-Orient.
    -1929 : Crise économique.
    -1930 : Intervention en république Dominicaine et installation de Trujillo
    -1930 : Intervention au Guatemala et installation d’Ubico.
    -1930 : Une commission d’enquête de la SDN confirme l’existence du travail forcé (autrement dit de l’esclavage) au Libéria.
    -1932 : Intervention au San Salvador et installation de Martinez.
    -1932 : Intervention au Honduras et installation d’Andino.
    -1933 : Intervention à Cuba et installation de Batista.
    -1935 : Les USA ravitaillent l’Italie en pétrole malgré l’embargo décrété par la SDN à la suite de l’invasion de l’Éthiopie.
    -1937 : loi « cash & carry » qui permet de vendre des armes à des belligérants (en violation du Droit International) à condition qu’ils payent cash et embarquent eux-mêmes le matériel.
    -1936 : Intervention au Nicaragua et installation de Somoza.
    -1940 : Malgré les agressions continuelles du Japon sur la Chine (1932, 1933, 1937) en violation de la politique de la « porte ouverte », ce n’est que lorsque le préjudice de la perte du marché chinois deviendra plus important par rapport au fait que le Japon est un excellent client des USA, que ces derniers proclament l’embargo sur le Japon.
    -1941 : loi « Lend-Lease ». Mieux encore ! On prête du pognon aux belligérants pour qu’ils puissent acheter des armes... et il y a belle lurette que les cargos US participent à leurs transports. Pour ce faire, contre 50 vieux destroyers, la Grande-Bretagne cède des bases dans les Bermudes et aux Bahamas. Les 2 puissances s’installent d’office en Islande et au Groenland. 
    -1941-45 : 2ème guerre mondiale : 

    Destruction des villes européennes et japonaises par des bombardements classiques et atomiques qui n’ont pas écourté la guerre d’une heure, mais ont enrichi les industriels (un raid = 1.000 bombardiers = 4.000 moteurs + 200 chasseurs d’escorte, 5.000 t. de bombes, 13.200 mitrailleuses de 12,7, etc...)

    Faire la guerre avec le sang des autres, on leur fournit du matériel pour cela (convois maritimes de l’Arctique pour les Russes, pont aérien himalayen pour les Chinois, parachutage (avec les Anglais) pour les mouvements de résistance).
    Seul le front pacifique central ne comprendra que des troupes exclusivement américaines (et encore, en 1945 une escadre anglaise le renforcera).
    A titre informatif : les campagnes d’Afrique du Nord et d’Italie (avec Anglais et Français), de Sicile (avec Anglais), de Normandie (avec Anglais, Canadiens, puis Français), de Provence (avec Français), d’Arnhem (avec Anglais et Polonais), d’Allemagne (avec Anglais, Canadiens et Français), d’Insulinde (avec Hollandais, Anglais et Australiens), de Nouvelle-Guinée (avec Australiens), Birmanie (avec Anglais et Chinois), Corée (avec Russes).

    A l’issue de cette guerre, les USA occupent de gigantesques territoires : Bavière, Hesse et Württemberg, Basse-Autriche et Salzbourg, secteurs de Vienne et Berlin, Japon, toutes les îles du Pacifique ex-allemandes qui étaient devenues japonaises en 1919 (qui seront utilisées pour les tests nucléaires [Bikini] ). L’Arabie Saoudite devient une chasse gardée, des garnisons sont installées en France, Italie, Corée du Sud, Thaïlande. L’Europe occidentale, Grande-Bretagne incluse, passe sous tutelle économique américaine (plan Marshall).

    -1947 : Intervention aux côtés des Britanniques en Grèce.
    -1949 : Défaite de l’allié Tchang Kaï-Chek qui se réfugie à Formose évacué par les Japonais.
    -1950-53 : Guerre de Corée : à la suite des agressions, infiltrations, sabotages continuels des sudistes dirigés par le dictateur Syngman Rhee, attaque brusquée du Nord communiste qui faillit de peu l’emporter. Contre-offensive de MacArthur, proconsul américain pour l’ensemble de l’Asie qui occupe tout le nord et menace la Chine de Mao, intervention de ce dernier qui descend à nouveau très au sud. Ce n’est qu’avec un immense effort dans une guerre de tranchées digne de la guerre 14-18 que les USA et leurs alliés parviennent péniblement à revenir, presque, mais pas tout à fait, à la frontière de 1950. Supériorité matérielle occidentale et supériorité numérique chinoise s’annulent. Seul l’emploi massif du « tapis de bombes » par l’aviation US et le massacre des populations civiles, réfugiés inclus sous le prétexte qu’il y avait parmi eux des « infiltrés » (soit tuer 100.000 innocents pour éliminer les 30 coupables qui sont parmi eux et que l’on ne peut reconnaître), permit d’éviter la formation d’une guérilla sur ses arrières comme cela sera le cas au Viêt-Nam ou actuellement en Irak. La terrible guerre de Corée dont on ne commence que depuis peu de temps à savoir toute la vérité, faillit bien devenir la 2ème défaite de l’Histoire des USA et dégénérer en 3ème Guerre mondiale.
    -1951 : les USA et l’OTAN s’installent définitivement en Islande.
    -1951 : Installation de bases en Portugal salazariste.
    -1951 : Installation de bases au Maroc et en Tunisie. Elles serviront pour des actions clandestines destinées à provoquer l’effondrement de la France en Afrique du Nord.
    -1953 : Installation de bases en Espagne franquiste.
    -1954 : Défaite de l’allié français en Indochine.
    -1954 : Intervention au Guatemala, éviction d’Arbenz qui vient de nationaliser l’United Fruit C° et installation d’Armas.
    -1954 : Installation du Chah en Iran et éviction de Mossadegh.
    -1955 : Les Américains soutiennent Diem au Sud Vietnam.
    -1957 : Les menées de Diem amènent la formation du Viêt-Cong et l’arrivée de « conseillers » US.
    -1958 : Intervention au Liban.
    -1958 : Intervention diplomatique sur la guerre d’Algérie.
    -1960 : Pour mettre fin aux violations continuelles de l’espace aérien soviétique et chinois par les avions de reconnaissance US et vu l’infériorité de la chasse soviétique (près de 1.000 avions abattus depuis 1945 d’après une récente enquête), Khrouchtchev utilise les missiles sol-air et met fin à ces reconnaissances. (En pure perte, car elles sont immédiatement remplacées par des satellites espions) 
    -1961 : Échec de l’intervention à Cuba face à l’éviction de Batista par Fidel Castro et Che Guevara en 1959. La contre intervention de l’URSS en 1962 faillit dégénérer en guerre nucléaire.
    -1961 : Kennedy, évoquant la conquête de l’Ouest américain et son extension jusqu’aux rivages de la Chine, maintenant bloqué par Mao ; offre aux Américains la nouvelle frontière, l’espace et la conquête de la lune avant les Soviétiques.
    -1963 : Avec l’ONU, pour la 1ère fois, intervention de troupes US en Afrique, au Katanga.
    -1963 : Les USA éliminent Diem et installent Thieu et Ky à la place.
    -1964 : Début du bombardement du Nord.
    -1965 : Intervention directe des Marines puis de l’Army au Sud avec rétablissement de la conscription.
    -1965 : Les Marines débarquent aussi à Saint-Domingue.
    -1967 : La France abandonne son allié israélien à propos du Liban. Les USA prennent progressivement la place laissée libre.
    -1967 : Putsch des colonels en Grèce soutenu par la CIA.
    -1970 : Extension de l’intervention au Cambodge alors que le nombre des troupes engagées est en diminution.
    -1973 : Élimination d’Allende et installation de Pinochet au Chili soutenu par la CIA.
    -1973 : Guerre du Kippour : L’énormité de l’aide américaine permet à Israël d’obtenir un match nul dans une guerre où il s’est laissé surprendre.
    -1975 : Évacuation en catastrophe de Pnom-Penh et de Saïgon, seconde défaite de l’Histoire des USA, la conscription est supprimée (leurs stratèges considèrent que c’est la cause de la défaite de voir des soldats que l’on renvoie chez eux juste au moment où ils commencent à acquérir une certaine expérience, face aux combattants viets dont certains avaient déjà vaincu les Français), les USA s’engagent sur la voie d’une armée de métier.
    -1980 : échec d’un raid en Iran destiné à délivrer les otages de l’ambassade US à Téhéran.
    Soutien à Saddam Hussein qui entraîne l’Irak dans ce que l’on appellera la première guerre du Golfe contre l’Iran qui durera 10 ans sans aucun autre résultat qu’un immense massacre, la supériorité matérielle iraquienne étant annulée par la supériorité numérique iranienne.
    -1983 : Les Marines débarquent à la Grenade.
    -1984 : Échec de l’intervention au Liban.
    -1986 : Attaque aérienne sur la Libye.

    -1987 : La CIA finance les « contras » au Nicaragua pour renverser les Sandinistes.
    -1988 : Intervention au Honduras.
    -1990-91 : seconde guerre du Golfe : Suite à l’invasion du Koweït par l’Irak, coalition dirigée par les USA qui écrase l’armée de Saddam Hussein et permet une occupation militaire de l’Arabie Saoudite. Conséquence : création d’un mouvement intégriste islamique destiné à combattre l’occupation par des infidèles de la terre sainte, Al-Quaïda, dirigé par Oussama Ben Laden.

    En outre, en Irak, Chiites et Kurdes se révoltent et sont massacrés par l’armée de Saddam sans que les USA n’interviennent. Seul deux zones d’exclusion aérienne sont instituées au nord et au sud du pays.
    -1992 : Échec de l’intervention en Somalie.
    -1994 : Intervention en Haïti.
    -1994 : Intervention en Bosnie.
    -1999 : Intervention au Kosovo et écrasement de la Serbie.
    -2001 : Twin Towers.
    -2002 : Invasion de l’Afghanistan. Installation de bases en Géorgie et au Tadjikistan..

     

     

    SNCB : La rentabilité d’abord, le service public ensuite !

    Carte-sncb

    Il y a de cela quelques semaines, au détour d’une discussion, un ami me disait “Veinard, tu vas avoir une ligne directe depuis Bressoux avec les nouveaux trains de la SNCB”. Du côté des médias, c’est le même enthousiasme et l’on parle depuis plusieurs jours des « nouvelles offres de la SNCB ». La réalité c’est que la diversité de l’offre à partir de ma petite gare locale diminue et qu’il n’y a rien de nouveau sous la pluie mais seulement la poursuite de la logique « grandes lignes » de la SNCB.

    Afin d’étayer ma critique, j’aimerais prendre un exemple intéressant que je connais bien, le mien. J’habite Jupille (à proximité de la gare de Bressoux) et je travaille à Louvain (Leuven). Il y a de cela plus de 2 ans, j’ai décidé de revendre ma voiture pour passer au vélo [1] et au train.

    Avant ce 10 décembre, il existait un train partant de la gare de Bressoux [2] à 7:55 et arrivant à 9 :00 à Louvain via l’ancienne ligne Liège-Bruxelles. Il a été supprimé au départ de Visé et Bressoux. La gare de Bressoux était également desservie par un train local en direction de Liège-Guillemins toutes les heures 34 assurant une bonne correspondance avec le train rapide de l’heure 58 pour Louvain et Bruxelles (un quart d’heure de battement souvent réduit à 5-10 minutes en raison du retard assez chronique du train local). Ce train a été supprimé et remplacé par une des fameuses « nouvelles offres » à savoir un train IC assurant la liaison Maastricht-Bruxelles via la voie rapide et s’arrêtant à Visé- Bressoux et Liège. Minuscule inconvénient, celui-ci ne s’arrête pas à Louvain me laissant juste le choix d’un très risqué saut du train en marche en gare de Louvain [3]. Vu l’affluence du train local Maastricht-Visé-Liège, UN train local a été maintenu à 7:43 (au lieu de 7:34). La correspondance est maintenant excellente avec le train de 7:58, tellement bonne d’ailleurs que sur les deux premiers jours, nous sommes arrivés deux fois après 7:58 et que seul le retard du train de Bruxelles nous a permis d’avoir le train. Ce jour, le train de 7:58 était soit dit y en passant bondé car le nouveau train Maastricht-Bruxelles après avoir eu un quart d’heure de retard lors de son jour d’inauguration était tout simplement en panne aujourd’hui. Si l’on a un bon plan marketing du côté de la SNCB et que l’on prend soin d’annoncer aux médias bien à l’avance les « nouvelles offres », on a par contre oublié de tester les locomotives plus d’une semaine à l’avance or, celles-ci supportent mal la tension différente (1500V) sur le réseau hollandais.

    Ce petit exemple [4] illustre bien la philosophie actuelle de la SNCB qui est le « tout aux grandes lignes ». Il est louable d’augmenter l’offre vers la capitale afin de désengorger celle-ci mais la mission de service public de la SNCB n’est pas seulement de répondre à cette demande massive (et rentable) vers la capitale mais aussi d’offrir à chacun la possibilité de choisir le train plutôt que la voiture où qu’il habite et travaille. En concentrant son énergie sur les grandes lignes, et particulièrement sur Bruxelles, la SNCB abandonne sa mission de service public qui ne peut être régulée uniquement par la loi de l’offre et de la demande mais aussi et surtout par l’obligation d’offrir des alternatives pour toutes et tous en fonction de l’intérêt collectif.

    Il s’agit de proposer des solutions afin de faire naître des alternatives (fussent-elles peu rentables à court terme suivant les seuls critères marchands), d’impulser d’autres habitudes plus écologiquement responsables qui ne soient pas pénalisantes dans la vie quotidienne (temps de transport excessifs). Bien évidemment, au sein l’UE actuelle où la libre concurrence est élevée au rang de valeur et où tout est marchandise (même les choix en matière de transport), la SNCB est placée aujourd’hui dans un carcan financier qui l’oblige à faire ces choix aux dépens de ses usagers mais aussi de l’intérêt collectif. En effet, en appauvrissant encore l’offre à partir des petites gares périphériques, la SNCB incite à l’usage de la voiture. Au mieux, les combinaisons voiture-train ou bus-train demeurent envisageables mais l’alternative la plus verte, celle qui combine le vélo et le train, est rendue plus difficile car les moyennes distances sont négligées au profit des grandes lignes. En imposant de fait à la SNCB ce choix stratégique, les autorités renoncent à remplacer progressivement la voiture par d’autres modes de transport moins polluants comme le train mais choisissent plutôt d’occuper avec celui-ci un « segment » du marché. Il n’est plus question comme le clamait une campagne de pub de la SNCB, de nous faire « oublier la route ».

    On ôte des lignes locales et les remplace par des RAVELs. On ferme les petites gares. On y diminue l’offre. Faire rouler un train coûte cher mais le prix que nous devrons payer collectivement pour la gabegie actuelle et ses conséquences écologiques sera sans commune mesure.

    Notes

    [1] Forcément « pliable » puisque la SNCB (pas plus que le TEC) ne prévoit pas de solution pour les vélos. Enfin, il existe bien un exorbitant billet spécial vélo mais cette « solution » requiert en outre une excellente condition physique afin de courir jusqu’au contrôleur avec le vélo, puis avec celui-ci jusqu’au wagon dans lequel un espace est prévu en tête ou queue de train (et ce au départ comme à l’arrivée). La poussée d’adrénaline est garantie, j’ai essayé !

    [2] En fait, il s’agit uniquement d’un « arrêt » le gare ayant été fermée et les voyageurs peuvent soit attendre le train dehors (il n’y a même pas de d’abri contre les intempéries) soit dans le passage sous les voies où règnent alternativement des effluves de vomis et de déjections humaines (ce lieu étant devenu un refuge notoire pour toxicomanes)

    [3] Surtout avec mon vélo pliable en main

    [4] J’en ai déjà collecté quelques autres comme par exemple le fait que le train rapide vers Liège passant Louvain à 18:06 et qui faisait omnibus vers Gouvy à partir de Liège desservant entre autre les gares d’Angleur, Tilff, Mery, Hony et Esneux ne s’arrêtera plus non plus à Louvain.

    Pierre EYBEN

     


    La gauche et le peuple

    PCF-non

     

    "La gauche a un problème avec le peuple", écrivait Claude Demelenne dans le Journal du Mardi de la semaine passée. Et d'expliquer que l'insécurité sociale et physique en est la principale raison. Et de nous présenter Ségolène Royale comme  la solution qui va résoudre les problèmes de l'insécurité physique. Quant à l'insécurité sociale, la "pragmatique" Mme Royal serait "susceptible d'évoluer"...

    Ceux qui ont lu les 98 chroniques qui précèdent celle-ci savent qu'on ne peut m'accuser de complaisance à l'égard de la social-démocratie et qu'en aucune façon je ne me résigne à l'abandon d'un constat : la lutte des classes, même si la lutte et les classes se sont modifiées, demeure aussi âpre, aussi cruelle que par le passé. Et je ne me résoudrai jamais à signer à la fin de ma vie un livre égrenant la longue liste des déceptions successives provoquées par un PS que j'aurais suivi jusqu'à l'aveuglement. Je ne me résigne pas à confier l'espérance aux professionnels de l'accommodement. On trouvera donc tout à fait cohérent que non seulement j'acte bien volontiers que la gauche a un problème avec le peuple, mais que j'ajoute qu'elle en est la première responsable. Et qu'inverser l'ordre des explications me semble relever d'une dérive dangereuse vers  un primat donné aux questions sécuritaires.

    A qui donc sert le discours sécuritaire ? A ceux qui savent que les dérégulations, les flexibilités, le démantèlement systématique des avancées sociales conquises au prix de souffrances innombrables engendrent une société à ce point disloquée et précarisée qu'elle exige un renforcement de l'appareil sécuritaire. Ce n'est pas par hasard que le thème de l'ordre se retrouve avec la même force chez Sarkozy comme chez Royal. Mme Royal parle avec audace de sécurité physique et avec parcimonie de l'insécurité sociale parce qu'elle n'entend pas remettre en cause les raisons de cette insécurité sociale. Et invoquer, comme le fait notre rédacteur en chef pour illustrer sa capacité à traiter du social,  la pugnacité de la compagne de François Hollande dans le combat contre le CPE , c'est oublier un peu vite que tout le PS, y compris Rocard et Strauss Khan, a rejoint, après quelques hésitations, la gauche antilibérale dans ce combat derrière les lycéens, les étudiants et leurs parents.

    Si la gauche a un problème avec le peuple, c'est parce que chaque fois qu'elle a créé l'espérance par un discours où elle faisait croire qu'elle était proche des préoccupations du peuple, elle a déçu : en 1956, en 1981, en 1988, en 1997. Autant d'espérances, autant de déceptions.

    On peut rédiger, dans les salles de rédaction, à Bruxelles comme à Paris, de beaux papiers et se mettre au diapason de la droite sécuritaire qui pense plus à réprimer les effets qu'à supprimer les causes. Mais quand on va, comme je le fais chaque semaine dans cette France où je vis, là où le néolibéralisme détruit les emplois et crée de la misère, là où, dans le désespoir, des femmes et des hommes occupent leur entreprise que les règles de l'OMC et de l'Union européenne permettent de délocaliser lorsque les dividendes n'atteignent pas des pourcentages à deux chiffres, dans le Nord, à Dunkerque, Lille, Tourcoing, ou Valenciennes ou dans

     

    le Sud autour de Marseille, de Sète, de Toulon, et même d'Albi, d'Agen ou de Toulouse, c'est d'une autre violence qu'il s'agit. La violence d'un capitalisme que Mme Royal ne remet jamais en question.

    Dans ces endroits qui se multiplient et où on se croirait revenu au début du XXe siècle, c'est autre chose que Mme Royal qu'on attend : l'unité de la gauche qui refuse le néolibéralisme.

    Certes, l'insécurité physique est un problème réel que la bourgeoisie socialiste a dédaigné et a offert à la droite. Mais encore une fois, pourquoi ? Parce que supprimer l'insécurité physique de manière durable, la réduire aux questions séculaires du banditisme, oblige à s'attaquer aux causes de l'insécurité sociale. Et que cela, la social-démocratie y a renoncé. Pire : elle  a contribué à la créer.

    Cette social-démocratie française a négocié, avec le patronat et la droite,  les règles de la mondialisation néolibérale qu'applique aujourd'hui un des siens à la tête de l'OMC ; elle a, sous l'impulsion d'un autre des siens, négocié avec le patronat et la droite, les traités  - Acte unique, Traité de Maastricht - qui ont transformé le beau projet de construction d'une Europe unie en machine à mettre en concurrence les  Européennes et les Européens, les habitants d'Europe et ceux du reste du monde. Et elle nous présente les résultats de ses propres choix comme des fatalités qu'il nous reste à subir. Tout en proposant comme un progrès quelques mesurettes destinées à en atténuer les effets les plus douloureux.
    Le problème de la gauche avec le peuple, c'est que le peuple est resté à gauche et que la gauche social-démocrate n'est plus à gauche. La France ne mérite-t-elle pas mieux que ce choix qui n'en est pas un entre l'ordre hard de Sarkozy et l'ordre soft de Royal qui tous deux, soyons en certains, provoqueront un immense désordre tant la souffrance sociale devient insupportable ?

     

    Raoul Marc Jennar

    Extrait  du Journal du Mardi

     


     

    MENACES SUR LA CIVILISATION DU VIN.

    Par Raoul Marc Jennar

     

    vin

    Le vin ! Ce n’est pas seulement un produit agricole. Ce n’est pas une boisson comme une autre. C’est le fruit de la terre transformé en breuvage, c’est la marque d’une contrée, c’est le signe d’un art de vivre.

    Avec l’olivier, la « vitis vinifera » appartient aux paysages qui bordent le bassin méditerranéen, berceau de la civilisation européenne. Le vin n’est pas seulement un élément clé de la gastronomie, mais c’est aussi un fait de culture.

    Domestiquée par les Sumériens, les Babyloniens, les Assyriens, les Égyptiens, les Hébreux et les Phéniciens, la culture de la vigne s'épanouit pleinement sur les rives de la mer Méditerranée, matrice de la civilisation du vin. Les Grecs, initiateurs de la viticulture en Europe méditerranéenne, sont relayés dans leur œuvre civilisatrice par les Romains : la Sicile et l'Italie du Sud d'abord, les régions méditerranéennes de la France et de l'Espagne ensuite, jusqu'aux rivages de l'Atlantique et l'intérieur du continent enfin. Les Romains, grands législateurs, sont les premiers à codifier les règles de fabrication et à rechercher la qualité. Les Gaulois inventent le tonneau qui supplantera l’amphore.

    Que n’a-t-on célébré le vin dans la poésie et la chanson ! Associé aux plaisirs, il fut aussi célébré comme objet de culte par les adorateurs d’Osiris, de Dionysos, de Bacchus. Pour les Grecs et pour les Romains, le dieu du vin est le dieu de l'extase, de la métamorphose et de la régénération, de tout ce qui vit.  Le mot vigne est cité 176 fois dans la Bible. Pour  certains croyants, le vin est même consacré comme « sainte espèce ». 

    Le vin est le sang de la terre. Et la vigne exprime, comme l’écrit Michel Onfray, « sa participation au monde terrestre et son aspiration à l'univers céleste. Sa double appartenance » (La raison gourmande, Paris, Grasset, 1995).  

    Mais la vigne, c’est aussi un élément primordial de la vie socio-économique de nombreuses régions en Allemagne, en Espagne, en France, en Grèce, en Italie, au Portugal. Cultiver la vigne fait vivre des centaines de milliers de personnes. C’est une des activités agricoles les plus fortement utilisatrices de main d’œuvre. C’est une activité agricole dominante dans 22 régions d’Europe. Le vignoble européen occupe 45% de superficies viticoles de la planète et assure 60% de la production mondiale de vin. Le solde du commerce extérieur français de la filière « vin » équivaut aujourd’hui à la vente de 100 airbus chaque année. L’Europe est premier exportateur mondial de vin. Pour la période 2000-2003, la différence entre le vin exporté d’Europe et le vin importé a rapporté un solde commercial excédentaire de 2 milliards d’euros.

    C’est tout cela que les technocrates apatrides et
    irresponsables de la Commission européenne veulent détruire au nom d’une conception dogmatique et mondialisée du libre échange. Comme vient de le déclarer en commission du Parlement européen, un représentant de la Commission européenne : « notre volonté est de déréguler complètement le marché du vin. » Une fois de plus au service prioritaire des grands intérêts agro-industriels, la Commission européenne veut mettre la viticulture européenne entre les mains des firmes multinationales des alcools et des vins et abandonner ce qui fait la diversité et la richesse culturelle des terroirs européens.

    La Commission européenne, au motif que, dans une période récente, les importations de vin venant d’Argentine, d’Australie, du Chili, des Etats-Unis ont augmenté plus vite que les exportations de vins européens veut arracher quatre cent mille hectares de vignobles, mettre fin à des critères de qualité (comme l’AOC), autoriser le mélange de vins non européens avec des vins européens. Le résultat sera que l’Europe deviendra importatrice net de vin et que la civilisation européenne du vin aura disparu. Mais il est bien entendu plus important de satisfaire l’idéologie néolibérale que de protéger le patrimoine culturel et viticole de l’Europe. Comme l’ont fait remarquer des députés de la Gauche Unitaire Européenne, « le premier devoir des institutions européennes est de soutenir et de protéger la production de vin, pas de la démanteler. » J’y reviendrai.

     

    Extrait du Journal du Mardi

     


     

    Une petite blague

    Un vieil Arabe vit depuis plus de 40 ans à Chicago. Il aimerait bien planter des pommes de terre dans son jardin mais il est tout seul, vieux et trop faible. Il envoie alors un e-mail à son fils qui étudie à Paris pour lui faire part de son problème.

    -"Cher Ahmed, je suis très triste car je ne peux pas planter des pommes de terre dans mon jardin. Je suis sûr que si tu étais ici avec moi tu aurais pu m'aider à retourner la terre. Je t'aime, ton Père"

    Le lendemain, le vieil homme reçoit un e-mail :

    -"Cher Père, s'il te plaît, ne touche surtout pas au jardin ! J'y ai caché la "chose". Moi aussi je t'aime. Ahmed"

    A 4 heures du matin arrivent chez le vieillard l'US Army, les Marines, le FBI,la CIA et même une unité d'élite des Rangers. Ils fouillent tout le jardin, millimètre par millimètre et repartent déçus car ils n'ont rien trouvé. Le lendemain, le vieil homme reçoit un nouvel e-mail de la part de son fils :

    - "Cher Père, je suis certain que la terre de tout le jardin est désormais retournée et que tu peux planter tes pommes de terre. Je ne pouvais pas faire mieux. Je t'aime, Ahmed"

  •  Nous continuons la publication du reportage paru dans le JDM sur les milieux extrémistes sévissant au sein de l'Eglise catholique.

    SOCIETE

     

    Nous continuons la publication du reportage paru dans le Journal du Mardi sur les milieux extrémistes sévissant au sein de l’Eglise catholique

     

    Pologne : Le bréviaire de la haine

    par Krzysztof Zakrzewski

     

    radio-marjia

    Les ennemis sont clairement définis : ce sont le Juif, l’homosexuel, le maçon, l’étranger, le communiste, l’Européen, le libéral . Sans oublier le militant pro-IVG. Ils n’ont qu’un but : détruire la frêle Pologne et l’Eglise catholique.

    Qui porte ces accusations venimeuses, racistes et xénophobes ? Radio Maryja, une station intégriste écoutée par près de 6 millions de Polonais. Créée il y a 14 ans par le père rédemptoriste Tadeusz Rydzyk, le prédicateur à la parole ardente, la « voix catholique dans ta maison » distille la haine à longueur d’ondes.

    Exemple : « Depuis que l’histoire de l’Holocauste est inscrite au programme scolaire, tout le monde croit qu'Auschwitz était un camp d'extermination, et non un camp de travail normal ». Le pire, c'est que la grande majorité des auditeurs, originaires des zones rurales (60 ans de moyenne d'âge), prennent pour parole d'Evangile ce réquisitoire antisémite. Ils ne sont pas les seuls … Les partis politiques de droite et de la droite extrême ne jurent que par Radio Maryja où leurs dirigeants sont souvent invités. C'est en partie grâce à son soutien que le parti conservateur et ultra catholique Droit et Justice (PIS) des frères jumeaux Lech et Jaroslaw Kaczynski a remporté les trois consultations électorales – législatives, sénatoriales et présidentielle – devançant, à chaque fois la Plate-forme citoyenne (PO), formation libérale, de droite également . Immédiatement après ce triple succès, les vainqueurs sont allés en pèlerinage au siège de Radio Maryja, à Torun (nord de la Pologne), pour remercier le père Rydzyk, lequel leur a rendu la politesse en les retrouvant au Parlement. Il en a profité pour bénir les députés, et s’assurer du soutien politique à son entreprise. Grâce à d’énormes collectes de fonds qui échappent totalement à l’Eglise polonaise, le prêtre, toujours muni de deux portables enfouis dans les poches de sa soutane, est parvenu à construire une véritable PME, dont le chiffre d’affaires ne cesse de croître. En plus de quelque 47 stations locales, il contrôle en effet, le journal Nasz Dziennik, qui tire à 250.000 exemplaires, trois fondations, ainsi que l’Ecole supérieure de Culture sociale de Torun. Ses détracteurs prétendent qu’en 2002, il aurait touché 3,4 millions d’euros de revenus. Voilà pour les deniers du culte.

    Contre le progrès

     

    « Personne dans l’Eglise polonaise, ni dans la vie publique, n’a mieux réussi à remplir le vide laissé par la disparition de Jean-Paul II, que le père Rydzyk … C’est lui qui a pris le rôle de faiseur de roi au cours de ces derniers mois », reconnaît l’hebdomadaire Wptost . Pas moins. « Même si le père Rydzyk ne souffle pas au Premier ministre les noms des personnalités qu’il verrait bien entrer au gouvernement, il fait savoir aux élites ce que pensent ses auditeurs », explique, navré, Slawmir Sierakowski, le rédacteur en chef de la revue Krytyka poliyczna. Et ses discrets rapports sont tout aussi efficaces que s’il attribuait lui-même les portefeuilles. Tout récemment, ces mêmes auditeurs ont fortement protesté contre la nomination de Joanna Kluzik-Rostkowska au secrétariat à la Famille et aux Femmes. Son crime ? Malgré sa profession de foi, elle a osé se prononcer en faveur de l’aide de l’Etat à la fécondation in vitro. Intolérable !

    L’autre jour, Lech Walesa, ancien chef de l’Etat, est sorti de ses gonds au cours d’une émission de la chaîne de télévision publique. Ulcéré par les programmes de Radio Maryja, « qui ment à ses auditeurs » et, choqué  d’avoir été accusé sur cette antenne, de figurer parmi les agents des services secrets dans la Pologne communiste, le Prix Nobel de la paix a rétorqué que la radio du père Rydzyk constituait une menace pour la jeune démocratie polonaise. Mais le fulminant prédicateur n’a cure du lamento de Walesa. Il sait bien que l’épiscopat polonais lui est favorable, tout comme l’actuel gouvernement. « Ce n’est pas répréhensible d’être contre le progrès, contre ceux qui veulent renverser l’ordre établi par Dieu », explique Anna, une fidèle auditrice de 65 ans. Début décembre, elle s’est rendue, avec 10.000 fidèles, à Torun pour fêter le 14ème anniversaire de sa station préférée. « Le père Rydzyk, confesse-t-elle, nous a donné la foi, le sentiment que l’on vaut quelque chose ». Anna a promis au père Rydzyk de l’aider à rechristianiser l’Europe entière.

     

    Extrait  du Journal du Mardi

     

    Afrique : Un continent se meurt,

    mais Benoît XVI persiste …

    par Patrick Girard

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    Mgr Arinze

    Au lendemain du décès de Jean-Paul II, plusieurs « papabiles » africains avaient été évoqués : Mgr Arinze, originaire du Nigéria, connu pour sa rigidité doctrinale, tout comme le Béninois Mgr Gantin, autrefois préfet de la Congrégation des évêques . Fort de 126 millions d’âmes, le catholicisme africain n’a guère succombé aux sirènes de la « théologie de la libération », c’est-à-dire l’adaptation des rites catholiques aux traditions africaines. En revanche, les conférences épiscopales africaines ont accepté sans ciller le virage à droite imposé sous le pontificat de Jean-Paul II, notamment concernant la morale sexuelle. Un sujet explosif sur un continent laminé par le sida, et où les interdits papaux ont des conséquences ravageuses. La défense acharnée du célibat des prêtres y décourage, comme ailleurs les vocations, mais, surtout, comment évaluer l'exorbitant coût humain de l'interdiction du préservatif ?

    Confronté à la féroce concurrence des Eglises protestantes, en particulier des missions évangélistes financées par les Etats-Unis, le catholicisme africain paraît condamné à une sorte de surenchère conservatrice . Sans parler des effets déplorables de son évidente collusion, au lendemain des indépendances, avec les pouvoirs en place …

    Ainsi, au Rwanda, l’archevêque de Kigali était membre de droit du comité central du parti unique, le MRND, et le clergé local ne fut pas le dernier à participer, directement ou non, au génocide de 1994, livrant de gré ou de force, les fidèles tutsis aux militaires hutus . A l’inverse, au Burundi, l’Eglise soutint longtemps le régime minoritaire tutsi. Ce qui explique que ces deux réservoirs humains du catholicisme ont vu bon nombre de leurs fidèles, écoeurés par ces compromissions, se tourner vers les évangélistes protestants. Idem en Côte-d’Ivoire, où le catholicisme fervent de feu Félix Houphouè-Boigny a conduit quelques-uns  de ses opposants, dont Laurent Gbagbo et son épouse, à opter pour la religion réformée. Reste que dans bon nombre de dictatures africaines, l’Eglise catholique fut longtemps le seule force d’opposition, même si les partis d’inspiration démocrate-chrétienne n’ont jamais réussi la moindre percée politique, ne serait-ce qu’à cause de leur allégeance trop visible à certaines ethnies . Le continent noir, lui, continue de souffrir, mais Benoît, visiblement, persiste …

    JDM N° 248 – 27/12/2005

     

    Belgique : Darwin : « persona non grata »

    par Grégoire Pinson

    belgique

     

    Il n’y a pas qu’en Caroline du Sud que Darwin fait figure de corrupteur de la jeunesse. En Belgique, Probio, une association de professeurs de biologie, s’inquiète de l’offensive des catholiques ultras, secondés par les sectes protestantes, pour imposer le credo créationniste à leurs élèves. « Deux de mes étudiants ont cessé, sur injonction de leurs parents, témoins de Jéhovah, d’assister à mes cours. Une autre élève, très catholique … m’a expliqué qu’elle refusait catégoriquement d’admettre que le monde n’avait pas été créé en sept jours », raconte Jean-Pierre Oeyen, professeur de biologie au collège Charles-Janssens, à Bruxelles. Ce sont moins, cette fois, les intégristes flamands que leurs homologues wallons, qui sont décidés à chasser les « insanités évolutionnistes » des programmes. Bastions francophones, Namur, Liège et Bruxelles comptent, en effet, nombre d’adeptes de la messe en latin qui suivent les mots d'ordre de l’évêque Léonard, cousin namurois de Mgr Lefebvre.

    Créé en 1989, l’association Belgique et Chrétienté se veut à la pointe de la lutte contre le « racisme anti-chrétien et anti-belge ». Elle appelle au boycott des entreprises « qui manquent de respect à la catholicité », et avertit qu’elle rendra coup pour coup. Alain Escada, son fondateur, fustigeait, jadis, dans une feuille d’extrême droite, « la haute finance vagabonde et anonyme », termes codés de la littérature antisémite. Des propos qui n’ont pas empêché le cardinal Joas, ami de Jean-Paul II, de figurer au programme des causeries très orientées de l’aimable confrérie néo-fasciste .

     

    Extrait du Journal du Mardi

     

    Autriche : La valse des prélats

    Par Tanguy Debbaz

     

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    Hans Hermann Groer

    La scène se passe le 4 novembre dernier, au Vatican. Dans la salle réservée aux visites des prélats, Benoît XVI reçoit une délégation de la conférence des évêques d'Autriche. Le chef de l'Eglise est d'humeur chagrine. Rapidement, le ton monte. Le Pape s’insurge contre « un phénomène significatif et préoccupant de sécularisation » dans la petite république alpine, « fille préférée » de l’Eglise de Rome. Que leur reproche-t-il avec autant de véhémence ? Leur manque d’enthousiasme et de détermination pour enrayer l’exode de leurs ouailles. Les derniers chiffres sont éloquents :

     

    50.000 fidèles de moins chaque année, depuis 10 ans. Rude, pour un pays de 8 millions d’habitants, catholiques à 85 % ! Face aux évêques autrichiens abasourdis, le Saint-Père sonne l’heure de la contre-offensive. Deux types de mesures sont préconisées : une « soumission plus claire, plus courageuse et spirituelle à la parole du Christ », et un retour à des actions « missionnaristes », notamment grâce à un catéchisme plus « agressif ».

     

    Reluisants secrets

     

    Cette explication de texte n’est pas la première adressée à l’Eglise autrichienne. Dans les années 80, Jean-Paul II est, en effet, troublé par la désaffection croissante de la messe dominicale qui résulterait, selon lui, des mesures de Vatican II, et de la  « dilution du message du Pape ». Plus prosaïquement, il s’inquiète de la proximité de vues entre les sociaux-démocrates au pouvoir, et le très populaire archevêque de Vienne, Franz Köning, surnommé « le cardinal rouge ».

    Le Saint-Père de Rome exige du changement. En 1986, Köning est remplacé par un obscur moine bénédictin de Basse-Autriche, Hans Hermann Groer. L’année suivante, un certain Kurt Krenn est nommé à la tête du diocèse de Sankt Pötten, fief d’un catholicisme de combat. La reprise en main échouera, car ces deux papistes de choc cachent de peu reluisants secrets. En 1995, Groer est accusé d’avoir abusé de jeunes adolescents d’un pensionnat catholique. En 2004, Krenn, à son tour, est contraint de raccrocher sa crosse pour une sordide affaire de pédophilie. Krenn, plus encore que Groer, incarne le dévoiement d’un clergé autrichien, soutenu par Rome jusque dans ses dérives extrémistes. Célèbre pour ses coups de sang et son penchant pour l’alcool, l’évêque s’est affiché à maintes reprises avec le dirigeant d’extrême droite, Jörg Heider, fustigeant, pêle-mêle, Noirs, Juifs, Arabes et homosexuels .

     

    Modérés, vraiment ?

     

    Pris de court, le Saint-Père bat le rappel pour se défendre des prétendus «modérés ». Par exemple, le cardinal Christoph Schönborn, grand chouchou des médias, promu « homme de dialogue », même s’il a signé une tribune dans le New York Times fustigeant le darwinisme . Un progressiste, on vous dit …

     

    Extrait du Journal du Mardi