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12/01/2007

 Nouvelles n° 107: Liberté d'expression - Le prix à payer - Libres propos (Freddy Guide et Benoît Flandre)

L'autocensure décidée sous la pression n'est pas réservée au débat européen touchant à l'islam, en témoigne l'affaire qui agite depuis quelques jours les intellectuels américains.

 

Liberté d'expression.

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L'historien Tony Judt, éminent professeur à l'université de New York, devait donner au consulat polonais une conférence sur le lobby pro israélien aux Etats-Unis. Quelques heures avant le début de la conférence, le consul général, Krzysztof Kasprzyk, décide d'annuler la

conférence. Après avoir parlé au président de l'Anti-Defamation League (ADL) association de lutte contre l'antisémitisme, il a pris peur d'une campagne contre son pays. Scandalisé, Judt considère que l'affaire pose la question de la liberté d'expression aux Etats-Unis : «Il y a des similarités avec les récents problèmes que vous avez eus en Europe. Nous avons ici des imams juifs, mais non religieux», nous déclarait-il hier.

L'affaire émeut le monde universitaire, au-delà des frontières américaines. Une pétition circule. Car Tony Judt, Britannique de 58 ans, juif, n'a pas vraiment le profil d'un antisémite. Militant sioniste dans sa jeunesse, il est depuis devenu très critique de l'occupation des Territoires palestiniens

Très indépendant d'esprit, c'est aussi un ancien élève de l'Ecole normale supérieure, ami de nombreux intellectuels français.

Le directeur de l'ADL, Abe Foxman, dément avoir exercé une quelconque «pression», et le Consul affirme qu'il a pris sa décision «de lui-même» après avoir entendu les «préoccupations» de l'ADL. Selon Judt, pourtant, l’ADL l'aurait menacé d'une campagne de presse.

L'affaire vient s'ajouter à d'autres récents incidents similaires. Plusieurs universitaires sont dans le collimateur des lobbies pro israéliens. Le professeur Juan Cole (université du Michigan) s'est vu fermer la porte de Yale, et son collègue Joseph Massad (Columbia), à la suite de protestations, a fait l'objet d'une enquête pour antisémitisme (qui l'a blanchi). A New York, une pièce de théâtre consacrée à la militante américaine pro palestinienne Rachel Corrie, écrasée par un bulldozer israélien, a été déprogrammée sous la pression, et un architecte réputé, Richard Rogers, a été menacé de perdre des chantiers s'il ne coupait pas les liens avec un groupe appelant au boycott d'Israël.

 

Pas d'éditeur.

Enfin, deux auteurs, John Mearsheimer, de l'université de Chicago, et Steven Walt, doyen de la prestigieuse Harvard Kennedy School of Government, n'ont pas réussi à trouver d'éditeur américain pour leur étude consacrée au lobby pro israélien. Leur travail a finalement été publié par The London Review of Books.

 

 Extrait de  Libération

 

 

Vraiment, vous ne voyez pas ?

 

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En tant que Juifs, nous bénéficions tous des privilèges que l'Etat d'Israël nous octroie. Nous sommes dès lors tous des collaborateurs. La question est de savoir ce que chacun d'entre nous fait, de manière véritablement active, directe et quotidienne, pour limiter la collaboration avec un régime de dépossession et d'oppression qui ne connaît pas la satiété."Laissons de côté les Israéliens qui soutiennent idéologiquement la dépossession du peuple palestinien, sous-produit de " Tu nous as élu [parmi toutes les nations] " Laissons de côté les juges qui blanchissent n'importe quelle politique militaire de mort et de destruction. Laissons de côté les chefs militaires qui emprisonnent sciemment un peuple entier dans des enclos ceints de murailles, de miradors fortifiés, de mitrailleuses, de fil de fer barbelé, de projecteurs aveuglants. Laissons de côté les ministres. Tous ceux-là ne sont pas comptés parmi les collaborateurs. Eux, ce sont les architectes, les promoteurs, les concepteurs, les exécutants. Mais il en est d'autres. Des historiens et des mathématiciens, de grands éditeurs, des stars des médias, des psychologues et des médecins de famille, des juristes qui ne sont pas sympathisants de Goush Emounim ni de Kadima, des enseignants et des éducateurs, des amateurs de randonnées et de chansons entonnées en choeur, des virtuoses de la haute technologie. Où êtes-vous ? Et qu'en est-il de vous, chercheurs spécialisés dans le nazisme et le génocide, l'antisémitisme et les goulags soviétiques ? Se peut-il vraiment que tous vous souteniez des lois méthodiquement discriminatoires ? Des lois qui feront que les Arabes de Galilée ne recevront même pas d'indemnités pour les

Dommages de la guerre, à hauteur des montants auxquels auront droit leurs voisins juifs (Aryeh Dayan, Haaretz, 21 août).Se peut-il que tous vous souteniez une loi de citoyenneté raciste qui interdit à un Israélien arabe de vivre chez lui avec sa famille ? Que vous vous rangiez du côté de l'expropriation de nouvelles terres encore et de la dévastation d'autres vergers encore, pour offrir encore un quartier aux colons, encore une route pour les Juifs seulement ? Se peut-il que vous appuyiez les tirs d'obus et de missiles qui tuent des vieillards et des enfants dans la Bande de Gaza ? Se peut-il que tous vous soyez d'accord qu'un tiers du territoire de la Cisjordanie (la Vallée du Jourdain) soit fermé aux Palestiniens ? Que tous vous appuyiez la politique israélienne qui empêche à des milliers de Palestiniens citoyens de pays étrangers de rejoindre leur famille dans les Territoires ? Avez-vous le cerveau à ce point lavé par l'excuse sécuritaire, en vertu de laquelle on interdit à des étudiants de

Gaza d'aller étudier l'ergothérapie à Bethlehem et la médecine à Abou Dis, ou à des malades de Rafah de recevoir des soins à Ramallah ? Aurez-vous tôt fait, vous aussi, de vous abriter derrière l'explication " Nous ne savions pas " ? Nous ne savions pas que la discrimination pratiquée dans la distribution de l'eau (une distribution sous contrôle israélien) laissait sans eau des milliers de maisons palestiniennes durant tous les mois d'été, nous ne savions pas que lorsque l'armée israélienne bloquait l'entrée de villages, elle empêchait également leur accès aux puits et aux citernes d'eau. Mais il n'est pas possible que vous ne voyiez pas les portes métalliques tout au long de la route 443 en Cisjordanie, ces portes qui en barrent l'accès à partir des villages palestiniens qui la bordent. Il n'est pas possible que vous souteniez le fait qu'on empêche des milliers d'agriculteurs palestiniens d'accéder à leurs terres et à leurs vergers,que vous souteniez le blocus de Gaza qui empêche l'entrée de

Médicaments pour les hôpitaux, que vous souteniez la coupure de la fourniture d'électricité et les coups portés à la distribution d'eau pour 1,4millions de personnes, ou encore la fermeture pendant des mois de la seule issue qu'ils ont sur le monde. Se peut-il que vous ne sachiez pas ce qui se passe à un quart d'heure de vos chaires d'université ou de vos bureaux ? Vous viendra-t-il à l'esprit que vous soutenez un système dans lequel des soldats hébreux, à des barrages installés au coeur de la Cisjordanie, font s'aligner enfile des dizaines de milliers de personnes, chaque jour, sous un soleil de plomb, heures après heures, et font le tri : les habitants de Tulkarem et de Naplouse ne sont pas autorisés à passer ; ceux qui ont 35ans ou moins : yalla, retour à Jénine ; pour les habitants du village de Salem,il est totalement interdit d'être ici ; une femme malade qui dépasse la file doit apprendre les bonnes manières et elle sera retenue pendant des heures, volontairement. Le site de " Machsom Watch " est ouvert à tous. On peut y trouver d'innombrables témoignages semblables ou plus durs : activité de tous les jours. Non, il n'est pas possible que celui qui pousse de hauts cris pour chaque croix gammée tracée sur une tombe juive en France et pour tout titre antisémite apparaissant dans un journal local espagnol, ne sache pas comment avoir accès à cette information, ne soit pas choqué et ne pousse pas de hauts cris. En tant que Juifs, nous bénéficions tous des privilèges que l'Etat d'Israël nous octroie. Nous sommes dès lors tous des collaborateurs. La question est de savoir ce que chacun d'entre nous fait, de manière véritablement active, directe et quotidienne, pour limiter la collaboration avec un régime de dépossession et d'oppression qui ne connaît pas la satiété. Signer une pétition qui se présente et faire un petit bruit de langue désapprobateur, cela ne suffit pas. Israël est une démocratie pour ses Juifs. Notre vie n'est pas mise en danger si nous protestons, nous ne serons pas envoyés dans des camps de prisonniers, nos revenus ne seront pas affectés, et il n'arrivera rien à nos moments de détente au coeur de la nature ou à nos escapades à l'étranger. Mais alors, le poids de la collaboration et de la responsabilité directe n'en est que plus incommensurablement lourd.

 

Amira Hass (Extrait de Haaretz "

 


 

LIBRES PROPOS

 

Comment Israël compte-t-il dessiner ?

 

Quand Monsieur Olmert propose d’évacuer les juifs des implantations, il s’agit d’enlever les petites implantations pour les renforcer les gros blocs de colonies. Que dire de Jérusalem-Est ? Israël a littéralement isolé ses habitants de la Cisjordanie en dépit de toute référence aux lois internationales et a ordonné la démolition de 88 maisons qui abritent les1.000 habitants de Swilan, quartier palestinien de Jérusalem-Est.

Je vous conseille vivement de consulter la carte  de la Cisjordanie actuelle visible sur le site de l’Association Belgo-Palestinienne. Et Enfin, je pourrais énumérer les incohérences successives de l’Etat d’Israël qui tient un discours de paix pour promouvoir une bonne image au sein de la Communauté internationale mais qui pratique une politique brutale et unilatérale à l’égard de ce qu’il reste de la Palestine. Cette lettre serait interminable.

Chacun connaît le discours de l’état d’Israël prônant la paix. Combien de fois n’a-t-on pas entendu ces mots dans la bouche de responsables politiques israéliens ? Combien de fois n'avons-nous pas déchantés car tout ça « c’était du cinéma » comme on dit chez nous, en vue de donner bonne conscience à la Communauté internationale ? A votre avis qui a encouragé l’implantation du Hamas en Palestine à l ‘époque où l’on essayait d’évincer Yasser Arafat à tout prix ? Qui a demandé à M. Mamoud Abbas que le Hamas puisse prendre part aux élections ? Qui ? Si ce n’est M. WW Bush Im self ?

Savez-vous, Madame, que la résistance des populations occupées sont reconnues par la Convention de Genève comme étant un droit et que « terrorisme» ne figure nulle part dans le droit international ?

De telles lacunes sont impardonnables pour un journal qui s’adresse prioritairement aux jeunes. . Cela s’apparente furieusement à de la propagande…Je pense que je ne renouvellerai pas mon abonnement au journal « Le Soir » qui contribue à la désinformation ambiante des médias.

 

Freddy Guidé

 

 

L'Europe fait le jeu des extrémistes

 

La suspension des aides financières de l'Europe n'atteindra pas du tout son objectif (contrer le Hamas au profit des partis laïcs tel FATH).  Son point de vue rejoint celui d'autres qui connaissent bien le terrain et notamment celui défendu par Leïla Chahid lors de la conférence tenue dernièrement au Musée de la Photographie.

La situation catastrophique qui s'annonce fera le jeu des mouvements islamistes intégristes ... pires que la Hamas encore. 

A croire que nos dirigeants européens sont aveugles ou n'ont aucune notion de stratégie ... à moins que la stratégie ne soit de suivre les positions prises par le "grand frère" d'Outre-atlantique même quand la vie d'une population déjà trop délaissée voire ignorée en dépend.

L'Europe aurait-elle perdu le courage de prendre des positions qui vont à l'encontre de celles dictées par George W. Bush ?

Benoît Flandre

 

 

Organisations terroristes d’hier et d’aujourd’hui

 

Actuellement, le débat fait rage en France à propos d’un visa accordé par l’état suédois à M. Alef Edwane, Ministre palestinien des réfugiés du Hamas. Ce ministre d’un parti démocratiquement élu ce 25 janvier 2006, se rendait en Suède où il était invité à un colloque sur le droit au retour.

L’Europe a suspendu toute aide au gouvernement palestinien et par la même occasion affame une population déjà fragilisée sous prétexte qu’elle a mal voté. L’’état d’Israël fait mieux, il ne restitue pas la perception des taxes d’importations, un pactole mensuel de 50 millions de dollars qui revient de droit à l’Autorité palestinienne. Sous d’autres latitudes cela s’appelle du vol (en Belgique on emprisonne les voleurs pour des butins autrement moins importants !). L’Europe joue avec une matière explosive qui risque de lui sauter à la figure.

Si mes souvenirs sont exacts, l’Europe a été moins scrupuleuse lorsqu’il s’agissait d’absoudre des milices terroristes juives telles que la Hagana, Stern ou Igroun dirigées par M. Ben Gourion. Si ma mémoire est fidèle, ces milices étaient armées par l’Union Soviétique !

Ces mouvements terroristes n’avaient rien à envier à leurs contemporains. L’Europe a bien vite fermé les yeux devant les exécutions de soldats britanniques, l’explosion de l’Hôtel David à Jérusalem, le massacre de Dier Yassine… Les terroristes d’hier sont devenus maîtres d’un état hautement respectable mais peu regardant quand il s’agit d’appliquer les résolutions de l’ONU. Nous vivons une bien curieuse époque ou l’agresseur devient victime et la victime un agresseur. Il faudra bien un jour que l’on m’explique à quoi rime ces attitudes incohérentes !

Freddy Guide

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