robert1943 robert1943 robert1943

  • Nouvelles 104 - International: l'"autre gauche" en recherche. - Le Venezuela accroît son contrôle sur le pétrole

    INTERNATIONAL

     

    Europe: L’ « autre gauche » en recherche

     

     

     

    La montée en puissance des luttes sociales en Europe, le bouleversement des rapports de force au niveau mondial, les impasses dans lesquelles se trouvent aujourd’hui la social-démocratie "gestionnaire", aiguillonnent la recherche d’alternatives politiques à gauche.

    Faire bouger les lignes ? Il y a 17 ans, la chute du Mur de Berlin sonnait le glas d’une conception du communisme antidémocratique et incapable de répondre aux aspirations des individus et des peuples. L’effondrement du « socialisme réel » et le déclin des partis communistes occidentaux ont constitué un des éléments de la crise politique actuelle. Le néolibéralisme s’engouffrait dans la brèche. Certains décrétaient la « fin de l’histoire ». De nombreux partis socialistes et social-démocrates semblaient abdiquer toute velléité de réforme. La gauche, toute la gauche, était mal en point. Mais voilà que « le réel » revient au galop. L’Amérique latine se cherche de nouveaux horizons, libérés de la tutelle nord-américaine. De nouveaux rapports de forces mondiaux se mettent en place avec la montée en puissance de grandes puissances asiatiques, Chine et Inde en tête. Les cartes sont rebattues. En Europe, de puissants conflits sociaux rendent vigueur à l’idée d’alternative au modèle dominant. De nouveaux sujets politiques apparaissent qu’il devient difficile d’ignorer. Ainsi, le Parti de la gauche européenne, un nouveau venu qui se donne pour objectif de contribuer à l’action politique de la gauche démocratique et alternative dans les Etats membres ainsi qu’au niveau européen, (condition) essentielle pour transformer les sociétés et vaincre le capitalisme d’aujourd’hui». Le 1er congrès du PGE l’an dernier, a imaginé « le rôle de la gauche politique en Europe » comme visant à « former une large alliance sociale et politique, pour un changement radical de politique, en développant des alternatives et des propositions concrètes pour la transformation des sociétés capitalistes actuelles» .

    C’est à cette perspective que travaillent la plupart des partis européens de la gauche non social-démocrate, qu’il s’agisse du PCF, de Refondation communiste en Italie, du Linkspartei d’Allemagne, d’Izquierda Unida, du Socialistische Partij aux Pays-Bas ou d’autres. Mouvement de longue haleine, certes, et qui n’a rien d’un « long fleuve tranquille ». Mais tous disent partager cette conviction qu’il serait dramatique d’éluder, en s’ancrant dans une perspective d’opposition et de condamnation systématique, la question du rapport au pouvoir et aux institutions. Cette question ne peut être de simple principe mais conditionnée, considèrent-ils, par la nécessité de rénover l’intervention citoyenne directe dans les lieux de décisions publics et privés.
    La montée actuelle des luttes sociales est une chance pour la gauche. Mais elle est aussi exigeante. Comment créer les conditions pour que les citoyens s’approprient la politique, se repolitisent ?  Au risque, faute de réponse, que les exigences sociales, aujourd’hui largement ancrées dans le « refus », se muent en exigences sécuritaires, favorisent le repli sur soi et encouragent les tentations néo-conservatrices. Et la montée en puissance des partis d’extrême-droite.

    De profonds bouleversements


    Les restructurations menées au pas de charge par les multinationales, la mise en concurrence des peuples au nom de la « concurrence » intra-capitaliste, les conflits ouverts dans plusieurs régions du monde pour contrôler les matières premières sont autant d’éléments pris en compte par les partis fondateurs du PGE pour tenter une rénovation de la pratique politique. Non sans raisons objectives. Récemment, en réaction aux jeux boursiers dans la sidérurgie, on a entendu deux évêques belges appeler les responsables politiques à légiférer contre le capitalisme prédateur. Au même moment, le ministre régional socialiste Marcourt s’est clairement indigné des pratiques purement financières à l’œuvre dans le groupe Inbev. Mais si de telles prises de position en restaient au stade d’une juste indignation, ne témoigneraient-elles pas surtout de l’impuissance des élus à agir ?

    Dans le même temps, l’Europe et le monde sont le théâtre de profonds bouleversements. La première puissance mondiale, les Etats-Unis, voit sa position monopolaire contestée par des tendances lourdes, traversées, il est vrai, de puissantes contradictions : processus d’élargissement chaotique d’une Europe en crise, montée en puissance de l’Asie du Sud et de l’Est – et singulièrement de la Chine, désormais une des cinq plus grandes puissances économiques mondiales, puissant virage à gauche à travers l’Amérique latine.

    L’altermondialisme, notamment à travers les forums sociaux internationaux, a au moins révélé la contestation grandissante que génère la globalisation capitaliste, même si, depuis Seattle, il présente un bilan en demi-teinte et semble manquer de prise sur les événements. Ce qui, soit dit en passant, pose la question de son rapport aux partis et de l’articulation entre mouvement populaire et représentation politique. Le rejet du projet de traité constitutionnel, les résistances marquante à la directive Bolkestein, malgré le battage et les campagnes de culpabilisation des libéraux de tous bords, ont révélé que, potentiellement, un espace politique nouveau s’ouvre aux forces du changement. Et comment ne pas voir ce que révèlent d’exigences de solidarité, d’égalité et de justice les manifestations des mois derniers dans notre pays, les grèves dans la fonction publique allemande contre l’allongement du temps de travail, la mobilisation des métallos pour des augmentations de salaires les mobilisations des salariés italiens, grecs ou norvégiens contre le saccage des acquis sociaux, celles des salariés britanniques contre l’allongement de l’âge de la retraite. Ou la spectaculaire mobilisation en France contre la mise à mal du code du travail. D’où ces commentaires hargneux de la presse de droite. Si éclairants, quand le très conservateur et britannique Daily Telegraph s’emporte contre ces Français qui « consacrent nettement moins de temps au travail – quand ils veulent bien se mettre au travail – que dans n’importe quel autre pays européen », la réduction du temps de travail qui transforme les « travailleurs potentiellement productifs en un bloc d’inertie », qui hurle contre « la difficulté de licencier, notamment dans le secteur public, même ceux qui manquent d’initiative ou ceux qui restent à ne rien faire. »

    Des étapes positives

    Ces outrances pourraient signifier que le néolibéralisme, avancé comme « pensée unique », idéologie incontestable, pourrait avoir ses plus belles années derrière lui. Ainsi, quand un éditorial du Soir notait, voici quelques semaines : « les sociétés ne pensent plus qu’à la rentabilité à court terme : les profits explosent et l’emploi ne suit pas. » Ainsi, aussi, quand le secrétaire de la Confédération européenne des syndicats, John Monks, hier encore, un allié convaincu de Tony Blair et un défenseur du traité constitutionnel, admet que ce n’est pas « en permettant aux employeurs de maltraiter les gens que l’on crée des emplois. Cela, c’est l’orthodoxie des banquiers centraux. Les yeux de l’Europe sont fixés sur la France, parce que si ce genre de tactique marche en France, elle sera tentée dans beaucoup d’autres pays. »

    Le fait est que la machine libérale a subi quelques dommages ces dernières années. En témoigne le coup d’arrêt porté au projet de traité constitutionnel, les puissantes mobilisations contre la directive « Bolkestein. Comme le notait, à ce propos, Francis Wurtz, président du groupe Gauche unitaire européenne au Parlement européen, « dans toute bataille, l’on a intérêt à évaluer correctement chaque étape. Il ne faut ni sous-estimer les points marqués – sans quoi on cultive le défaitisme -, ni surestimer ce que l’on croit acquis – sous peine de préparer des désillusions. »

    Il serait tout aussi utile de mesurer combien les résistances populaires, telles qu’elles se manifestent depuis quelques années contre les réformes libérales, commencent à ébranler les confortables certitudes de la social-démocratie gestionnaire. Enfoncent un coin entre les sociaux-démocrates et les libéraux. Contrebalancent l’idée que les rapports de forces contemporains seraient, une fois pour toutes, défavorables au monde du travail.

    Un retard à combler


    C’est pour regagner en crédibilité et en force d’impact que nombre de partis communistes ou de la gauche alternative en Europe ont entamé, souvent depuis belle lurette, parfois après une dramatique « descente aux enfers », un aggiornamento prenant en compte l’ampleur des mutations contemporaines. En ce qui concerne le PC en Belgique francophone,  membre du PGE, il évoque la « recherche commune d’une voie politique pour aller à contre-libéralisme », une « méthode résolument novatrice » visant à provoquer un débat de fond sur la "force qui manque à la gauche" et à lancer un processus dynamique (d’assises ouvertes) pour la construire  (…) pour élaborer ensemble les réponses qui donneront corps à une force marxiste rénovée, en prise sur les réalités du temps et capables d’ouvrir la voie du changement. »

    La période actuelle apparaît comme une situation « ouverte ». En France, le PCF tente de donner du sens politique aux récents conflits sociaux et provoquer le débat sur une alternative dans la perspective des prochains rendez-vous électoraux. Au lendemain du congrès de son parti, Marie-George Buffet a lancé un appel public dans lequel elle constate « le gouffre entre ce qu’attendent (les Français) et les politiques menées depuis des décennies (…) La question de 2007 (la présidentielle, ndlr) n’est pas de savoir comment se dénoueront les chocs des ego présidentiels mais plutôt : sera-t-il possible, cette fois-ci, d’élire une politique qui change vraiment la vie ? Y aura-t-il un moyen de se rassembler majoritairement sur un projet vraiment courageux ? (…) Pour cela, il faut que les citoyennes et les citoyens interviennent, disent ce qu’ils souhaitent (…) La politique, la gauche doivent être votre propriété. »

    Dans une tribune publiée dans l’Humanité (1), le socialiste français Jean-Luc Mélanchon, tirant les leçons des élections italiennes, a noté que « si la gauche l’a emporté d’un minuscule cheveu alors qu’elle était donnée largement gagnante », c’est que  la ligne centriste n’entraîne pas la société (…) Les électeurs ont montré qu’ils veulent à la fois le rassemblement de la gauche et des choix clairs et assumés (…) Ces élections montrent donc qu’il faut savoir concilier le rassemblement de la gauche sans exclusive et l’affirmation de la gauche des ruptures sans laquelle il s’avère impossible d’entraîner la société. Les électeurs font la différence entre le libéralisme agressif de la droite et la gauche, mais ils ne veulent pas non plus du libéralisme de gauche. »

    Besoin de radicalité ?

    C’est sans doute ce qui explique que les élections italiennes n’ont pas seulement vu la victoire étriquée du centre-gauche mais surtout un important progrès de la « sinistra radicale ». Le Parti de la Refondation communiste est celui qui a le plus gagné en sièges, passant de 12 à 41 députés, alors que les « modérés » qui ont fait la course au centre (Démocrates de gauche, ex-PCI, la « Marguerite » centriste) ont a peine rogné sur l’électorat de Berlusconi. Ce résultat semble appeler une reconfiguration de la « gauche de gauche ». Refondation est ainsi engagée dans sa transformation en un « nouveau sujet politique », une sorte de section italienne du Parti de la gauche européenne.

    En Allemagne, un autre processus refondateur est en cours. Le processus engagé en 2005 pour fusionner les deux partis situés à la gauche de la social-démocratie allemande se poursuit. Lors d'un récent référendum interne, une majorité des membres de l'Alternative électorale pour le travail et la justice sociale (WASG), qui regroupe des socialistes déçus par le SPD, des syndicalistes et des altermondialistes, ont voté pour le rapprochement avec le Parti de gauche, l'ex-Parti du socialisme démocratique (PDS), issu de l'ancien Parti communiste est-allemand. Les deux partis avaient présenté des listes communes aux législatives de septembre 2005. Emmenés par Oskar Lafontaine, ancien président du Parti social-démocrate ayant rejoint la WASG, et l'avocat communiste Gregor Gysi, ils ont emporté 8,7 % des suffrages et 53 députés. Ces deux formations clairement antilibérales visent les électeurs inquiets des effets de  la mondialisation et de  la grande alliance entre le Parti social-démocrate et les Unions chrétiennes de la chancelière Angela Merkel.


    1. « Les deux côtés des Alpes », l’Humanité du 14 avril 2006,  Jean-Luc Mélanchon milite pour un  ressourcement à gauche du PS français. Il y a organisé la tendance « Pour la République sociale ».

    Le fait est que la machine libérale a subi quelques dommages ces dernières années.

     

    Un parti « jeune »

     

     

    Le Parti de la gauche européenne (abrégé en « Gauche européenne ») a été créé les 8 et 9 mai 2004 à Rome. Il s’agit, disent les statuts, d’une association de partis et organisations de gauche européens, indépendants et souverains, qui se donnent l’objectif d’agir et de coopérer ensemble pour contribuer, en Europe et dans le monde, aux luttes contre les politiques néolibérales et pour des alternatives politiques réelles, de justice, de solidarité, de liberté, de paix. Il a été ainsi le seul parti européen à s’être prononcé pour un « non » européen et antilibéral au traité constitutionnel.

    La Gauche européenne a tenu son 1er Congrès à Athènes les 29 et 30 octobre 2005. Des thèses politiques (« Oui, nous pouvons changer l’Europe ! ») y ont été adoptées ainsi qu’une « Déclaration d’Athènes » présentant de grands axes d’actions. Le PGE se donne pour « responsabilité de s’adresser à tous ceux qui agissent pour une société plus équitable (…)  Les partis conservateurs et de droite ont redessiné leur stratégie politique qui associe l’ultralibéralisme, l’autoritarisme et le populisme. L’hégémonie politique des néo-conservateurs menace toujours plus la liberté, la paix et la sécurité des peuples (…) Le but commun des partis et organisations du PGE est de définir et mettre en pratique une politique visant à reconquérir un véritable espace public européen dans lequel les citoyens, les mouvements sociaux et les organisations démocratiques sont les acteurs principaux (…) La question d’une transformation de la société est posée subjectivement (et résumée) dans ce slogan: ‘Un autre monde est possible’. Le problème a été exprimé clairement mais pas résolu (…) Notre tâche est de contribuer à produire une majorité populaire sociale et de gauche qui doit être plus grande que nous : avec d’autres partis politiques, avec le Forum social européen et les mouvements sociaux, avec les féministes, les syndicats, les associations populaires et les individus. »

     

     

    Les membres du parti de la gauche européenne


     

     


    Il y avait quatorze partis membres et quatre partis observateurs lors du Congrès fondateur de Rome ; ils sont aujourd’hui dix-sept à être membres et neuf à être observateurs

     

    Allemagne : le Parti de la gauche (Linkspartei).
    Autriche : le Parti communiste d’Autriche (KPÖ).
    Belgique (Bruxelles-Wallonie) : le Parti communiste (PC).
    Catalogne : la Gauche unie et alternative (IUiA).
    Espagne : la Gauche unie (IU).
    Espagne : le Parti communiste d’Espagne (PCE).
    Estonie : le Parti de gauche d’Estonie (EVP).
    France : le Parti communiste français (PCF).
    Grèce : la Coalition de la gauche, des mouvements et de l’écologie (Synaspismos).
    Hongrie : le Parti ouvrier (Munkaspart).
    Italie : le Parti de la Refondation communiste (PRC).
    Luxembourg : La Gauche (Déi Lénk-La Gauche).
    Portugal : le Bloc de gauche (BE).
    Roumanie : le Parti de l’alliance socialiste (PAS).
    Saint-Marin : Refondation communiste de Saint-Marin (RCS).
    Suisse : le Parti suisse du travail (PST/POP).
    République tchèque : le Parti du socialisme démocratique (SDS).

    Les partis observateurs :

    Allemagne : le Parti communiste allemand (DKP).
    Chypre : le Parti progressiste du peuple travailleur (AKEL).
    Danemark :l’Alliance rouge-verte (RGA).
    Finlande : le Parti communiste de Finlande (SKP).
    Grèce : la Gauche communiste et écologiste (AKOA).
    Italie : le Parti des communistes italiens (PdCI).
    Slovaquie : le Parti communiste de Slovaquie (KSS).
    République tchèque : le Parti communiste de Bohème-Moravie (KS_M).
    Turquie : le Parti de la liberté et de la solidarité (ÖDP).

    L’Alliance gauche-verte nordique (Parti socialiste populaire du Danemark, Alliance des gauches de Finlande, Alliance rouge-verte d’Islande, Parti socialiste de gauche de Norvège, Parti de gauche de Suède) et la Gauche européenne sont invitées réciproquement à leurs réunions.

    La Gauche européenne a son siège à Bruxelles et son site Internet : http://www.european-left.org/.

     

    Maurice Magis ( Association Culturelle Joseph Jacquemotte)

    Extrait du Journal du Mardi

     

    Le Venezuela accroît son contrôle sur le pétrole


     

     

    Le président Hugo Chavez a annoncé que 17 compagnies vénézuéliennes et étrangères avaient accepté la transformation de champs pétroliers privés en sociétés communes sous contrôle de la société publique nationale. Petroleos de Venezuela (PDVSA) détiendra ainsi un minimum de 60% de ces partenariats et partagera les bénéfices avec les sociétés privées, a précisé le chef de l'Etat. Ces nouveaux pactes, qui font de 32 gisements privés 30 joint ventures, remplacent les anciens accords par lesquels les compagnies privées disposaient d'une part supérieure. "C'est une alliance stratégique, nous en sortirons tous gagnants", a déclaré M. Chavez lors de la cérémonie de signature au palais présidentiel de Caracas vendredi soir. L'Américain Exxon Mobil, qui a vendu sa part dans le champ de Quiamare-La Ceiba en décembre, et l'Italien Eni, sous le coup d'arriérés d'impôts au Venezuela, n'ont pas conclu d'accord.
    Avec la flambée des prix du pétrole, l'instabilité au Moyen-Orient et au Nigeria, et l'arrivée de nouveaux acheteurs asiatiques (Chine, Inde), le Venezuela, cinquième pays exportateur du monde, se retrouve dans une position favorable de négociation. "Petroleos de Venezuela ne sera jamais privatisée", a lancé Hugo Chavez.

     

    CARACAS, Venezuela (AP)

     

  •  Nouvelles 104 International. Cuba: Plus fort qu'un poisson d'avril: c'est Fidel Castro qui a tué Kennedy. Elections israéliennes: Et le processus de paix dans tout ça? Bolivie: Le président divise son salaire par deux.

     
    Aidez-nous à reconstituer notre fichier d'adresses.

    Suite à une erreur de manipulation, nous avons effacé notre important fichier d'adresses électroniques. Soyez sympa, envoyez-nous un petit message sur : robert.tangre@skynet.be afin de nous permettre de le reconstituer et ainsi pouvoir  vous prévenir lors de la sortie des nouveaux textes parus dans "Nouvelles", périodique de l'Asbl "Le Progrès". Grand merci.

    Robert Tangre, président


     

    Plus fort qu’un poisson d’avril:

    C’est Fidel Castro qui a tué Kennedy!

     

     

     

    La mort de Kennedy a déjà fait couler beaucoup d’encre. Des enquêtes sérieuses ont coupé les ailes à bien des rumeurs. Mais la vérité n’a pas totalement été établie. Il n’en faut pas plus pour qu’un documentaire soit produit, sous le  joli nom de « Rendez-vous mit dem Tod » de Wilfried Huismann (traduisons : « Un ‘rencart’ avec la mort »). La thèse : Fidel Castro aurait commandité l’assassinat de Kennedy . Ce film s’est retrouvé sur toutes les chaînes, le 9 mars dernier à la RTBF, après ARD le 6 janvier, la télé hollandaise en février, la VRT le 7 mars…). Au menu : des «révélations » guère crédibles.

     Même si un Ministre allemand annonce que le film n’est pas crédible (diplomatie oblige), le NRC Handelsblad annonce le documentaire de l’ARD avec la manchette 'Cuba a payé l’assassinat de JFK'.  Huismann arrive à cette conclusion après trois années de recherche, au cours desquelles il a parlé avec d’anciens agents de sécurité cubains, des fonctionnaires américains et des officiers de renseignements russes, et étudié des archives mexicaines. Le journal néerlandais note que Huismann s’est déjà vu octroyer des prix prestigieux pour son œuvre antérieure. C’est ainsi qu’il a déjà gagné trois fois le Grimme-Preis allemand pour le meilleur journalisme d’investigation télévisé. Selon le journal britannique The Daily Telegraph, le documentaire contient ‘des preuves concluantes’ que Castro était derrière l’assassinat. Le journal espagnol ABC jubile: ‘Le travail de Huismann est exhaustif, crédible et couvre tous les aspects. » Et si on en croit le récit sur le site de l’ARD et son partenaire WRD, « la recherche menée jusqu’à présent [sur l’assassinat de Kennedy] est complètement retournée par la nouvelle investigation. Pour la première fois depuis 1964 lorsque la Commission Warren rendait public son rapport, une nouvelle évidence remonte à la surface. La thèse de base est soutenue par d’excellents témoignages et des documents étayés (…) Lee Harvey Oswald fut l’instrument ultime dans
    un combat mortel entre les frères Kennedy et Fidel Castro. »

    Travail scientifique ou propagande orientée ?

     

    Ludo De Witte (nous nous inspirons du travail critique de ce journaliste qui a notamment beaucoup investigué sur la mort de Lumumba) relève ces divers éloges des médias européens et estime qu’ils sont très suspects. Toute personne informée sait que le rapport de la Commission Warren (demandé parce que la version du FBI était lamentable) fut immédiatement critiqué et que, depuis 1964, de nouveaux éléments sont apparus en permanence. Outre deux autres rapports parlementaires états-uniens, on compte une publication nouvelle chaque semaine depuis 42 ans ! Les plus folles mais aussi de très sérieuses. Le film et les journaux européens n’en disent rien. L’auteur qui prétend conclure un travail scientifique de trois années, a en réalité cherché des images qui puissent conforter le livre publié en 1998 par un certain Gus Russo, ‘By the sword’, sans jamais évoquer les éléments qui s’opposent à sa thèse.

    On y voit notamment Antonio Ramirez qui se prétend agent secret cubain mandaté pour l’assassinat avec l’aide du KGB. Or un rapport du Congrès américain a montré dès 1979 que ce témoignage était totalement délirant. Mais comme Oswald a été en Russie et s’y est marié, Huismann ‘confirme en images le lien ‘Cuba-KGB-Oswald’ grâce au témoignage sans fondement de Ramirez.

    Un ensemble de témoins rapportent la scène qui se serait passée à l’ambassade de Cuba à New Mexico, sept semaines avant l’assassinat, où ‘on’ a vu remettre une forte somme par un cubain devant témoins à un américain noir de cheveux. Et comme Oswald a visité cette ville à cette époque… Or la Commission Warren avait déjà en 1963 fait dire au témoin principal (un agent anticommuniste lié au dictateur nicaraguayen Somoza) qu’il avait inventé le tout pour pousser à une intervention des États-Unis vers Cuba. Un autre témoin qu’on voit dans le film et qui avait écrit au président Johnson qu’il avait vu toute cette scène, Giutterez, avait été incapable de reconnaître Oswald sur photos. Le cinéaste prétend qu’il est le premier à étudier cet épisode et à faire ces révélations.

     

    Des explications manquantes

     

    Les Cubains de Miami soutenus par les Américains tentent de débarquer à la Baiedes Cochons (Cuba) et sont décimés par les forces révolutionnaires


    Or, Fidel Castro s’est exprimé devant une délégation de la commission d'enquête du Congrès américain, dès 1979 : « Que [le gouvernement cubain aurait été impliqué dans la mort de Kennedy] était une idée absurde. D'un point de vue idéologique c'était ridicule. Et d'un point de vue politique une grande folie. Je vais vous dire que personne, personne n’a jamais soulevé une telle idée. Qu’est-ce que cela changerait? Nous avons seulement essayé de défendre notre peuple ici, sur notre territoire. Toute personne adepte de telles idées serait déclarée folle, absolument malade. Jamais, en 20 ans de révolution, n’ai-je entendu quelqu’un suggérer une telle mesure ou même spéculer là-dessus. Qui pourrait imaginer l’idée d’organiser la mort du président des États-Unis? Ce serait donner le prétexte parfait aux États-Unis pour envahir notre pays – c’est exactement ce que, pendant toutes ces années, j’ai essayé d’empêcher par tous les moyens. Puisque les États-Unis sont beaucoup plus puissants que nous, que gagnerions-nous en entamant une guerre contre eux? Les États-Unis n’y perdraient rien. La destruction aurait lieu ici.’ Castro indiqua encore que l’assassinat de Kennedy avait porté Johnson au pouvoir: un homme dont on supposait qu’il agirait plus sévèrement envers Cuba que son prédécesseur. Le président cubain dit encore que Kennedy était le moindre mal, comparé à Johnson et l’histoire nous le confirme. Au cours des dernières années, des documents secrets ont été libéré et il en ressort que les mois et semaines avant l’assassinat de JFK, La Havane avait insisté auprès de Washington pour entamer des pourparlers secrets sur la possibilité d’entretenir des meilleures relations, et que Kennedy voulait donner suite à cette offre. Évidemment, le film ne dit rien de ces éléments qui vont contre sa thèse.

    Et le cinéaste n’explique pas non plus qui était Ruby, qui assassine Oswald en plein commissariat. Cet homme était lié à la mafia. On pense aujourd’hui que l’assassinat de Kennedy provient d’une accointance entre la mafia, les milieux anticastristes et des anticommunistes au sein du FBI et de la CIA (qui ont mal digéré leur défaite de l’invasion de Cuba à la Baie des cochons). J.F. Kennedy avait nommé son frère Robert ministre de la Justice, et ce dernier menait une bataille juridique féroce contre toute une série de patrons de la mafia, tels que James Hoffa, Carlos Marcello et Santos Trafficante. Le milieu avait certainement un motif solide pour se défaire de JFK; les Kennedy étaient en effet les premiers dirigeants politiques à les attaquer de front. Dans le rapport du Congrès américain de 1979 , on peut lire le récit d’une longue série de conversations téléphoniques interceptées avec des gangsters de premier rang : « Il existe de l’évidence solide (…) que Hoffa, Marcello et Trafficante – trois des plus importants sujets susceptibles de poursuite judiciaire par le gouvernement Kennedy – ont parlé avec leurs subordonnés à propos d’un attentat contre le président Kennedy. » Après l’assassinat, Hoffa dit à Frank Ragano, son avocat: ‘As-tu entendu la bonne nouvelle? Ils ont tué cette crapule.’ Trafficante lui dit beaucoup plus tard: ‘Nous n’aurions pas dû assassiner John. Nous aurions dû tuer Bobby.’

    Le président Johnson a vite compris que les enquêtes allaient mettre au jour ce complot minable et a fait fabriquer la vérité « Oswald tueur isolé et déséquilibré », même si elle était peu crédible.

    Des mensonges pour une croisade

     

     

    Le président Johne Kennedy est assassiné à Dallas

    Le journal cubain Granma a interviewé en janvier 2006 le général Fabian Escalante (dont le film escamote la déclaration complète !), ancien responsable de la sécurité cubaine, qui a aussi investigué sur l’assassinat de Kennedy. Le général Escalante estime que les tireurs étaient en fait les contre-révolutionnaires Herminio Diaz et Eladio del Valle et que deux groupes, dirigés par Jack Ruby (qui a abattu plus tard l’assassin supposé, Lee Harvey Oswald) et par Frank Sturgis (le chef des « plombiers » du Watergarte), ont participé simultanément à l’attentat contre le président américain. L’enquête cubaine signale aussi la participation des mafieux Santos Trafficante, Sam Giancana, John Roselli, Carlos Marcelo et Jimmy Hoffa ainsi que des responsables de la CIA David Atlee-Philips, Richard Helms (alors superviseur des opérations anticubaines) et du général Cambell (ex vice chef de la CIA).

    Granma indique que l’enquête du Congrès américain de 1979 avait établi que les chefs mafieux Carlos Marcello, parrain de la Nouvelle Orléans, et Santos Trafficante, de la Floride, avaient des raisons pour assassiner le président Kennedy et mis en évidence des liens avec des chefs contre-révolutionnaires cubains, dont Luis Posada Carriles, Orlando Bosch, les frères Guillermo et Ignacio Novo Sampoll, Jorge Mas Canosa ainsi qu’avec Herminio Diaz et Eladio Valle (les deux tireurs signalés par le général Fabian Escalante) qui se réunissaient tous précisément dans le même édifice où le futur assassin présumé de Kennedy, Oswald, était censé mener des activités de soutien à Cuba.

    Décidément, nos médias se satisfont d’une très vile propagande contre Castro. On pourrait en rire, si un certain Bush ne s’était pas lancé en croisade contre les terroristes et autres armes de destruction massive qu’il déniche là où il veut envoyer ‘ses boys’ faire du sale boulot…

     

    Luigi Raone

    Extrait du Journal du Mardi

     


     

    Elections israéliennes

     

    Et le processus de paix dans tout ça ?

    Henri Wajnblum (membre de l'UPJB)

     

    Même s'ils se sont, une fois de plus, assez largement trompés dans leurs prédictions, il ne fait aucun doute, à entendre les journalistes radio, ce mercredi matin, 29 mars, et autres politologues et commentateurs, que les instituts de sondage sortent grands vainqueurs de ces élections israéliennes. J'y reviendrai.

     

     

    Le parlement israélien: la Knesseth

     

    Mais d'abord les résultats définitifs :

    Kadima de Ehud Olmert, 29 sièges ;

    le Parti travailliste d'Amir Peretz, 19 sièges (après avoir longtemps été crédité de 20) ; le

    Shas (parti des ultra-orthodoxes-séfarade) d'Eli Yishaï, 12 sièges ;

    le Likoud de Benyamin Netanyahou, opposé à tout démantèlement de colonies, 12 sièges ;

    Israël Beitenou d'Avigdor Lieberman (parti de l'immigration russe – extrême droite partisane de l'épuration ethnique), 11 sièges ;

    l'union du Parti national religieux et de l'Union nationale, parti des colons – extrême droite également opposé à tout démantèlement de colonies, mené par Benyamin Elon, 9 sièges ;

    le parti des Retraités de Rafi Eitan, la grande surprise de ces élections, 7 sièges ;

    le parti du Judaïsme unifié de la Torah (ashkénaze) de Yaakov Litsman, 6 sièges ;

    le Meretz de Yossi Beilin, 5 sièges ;

    Ra'am-Ta'al-Mada : fédération de trois partis arabes… "Liste arabe unie", "Mouvement arabe pour un changement" et "Parti arabe démocratique", 4 sièges ;

    Hadash "front démocratique pour la paix", parti communiste judéo-arabe emmené par Mohammad Barake, 3 sièges ;

    Balad ("choix national démocratique") d'Azmi Bishara, 3 sièges.

    Le compte est bon, ça nous fait 120 sièges.

    Ehud Olmert, le futur premier ministre, à part entière cette fois, devra donc se trouver une majorité d'au moins 61 députés.

     Je disais que les instituts de sondage étaient sortis grands vainqueurs de ces élections… Il n'était que d'entendre les diverses éditions spéciales des radios mercredi matin, 29 mars, pour s'en convaincre. Les "analystes" n'avaient en effet cure d'analyser les résultats sortis des urnes à l'aulne des scores réels réalisés par les partis en lice, mais uniquement à celle des prédictions desdits instituts. Il n'était en effet question que du piètre résultat de Kadima (les sondeurs le créditaient de 36 à 40 sièges et il n'en obtient que 29, c'est donc un désaveu de son programme…) et du plébiscite du parti travailliste ! Or, même s'il s `est bien défendu –les vieux caciques du parti ne pourront pas déboulonner Amir Peretz

    comme ils l'avaient fait d'Amram Mitzna après les élections de 2003 -, s'il s'est donc bien défendu, le parti travailliste ne recueille tout de même, au décompte final, que 19 sièges alors qu'il en avait 22 dans la Knesset (Parlement) sortante. Mais puisque les sondeurs ne lui en accordaient que 16, voici son score transformé en triomphe !

     

    Le Meretz de Yossi Beilin se retrouve, lui, avec 5 sièges contre 6 dans la Knesset sortante. Cela réduit la gauche institutionnelle à 24 sièges contre 28 précédemment, et à 34 si l'on y ajoute les 10 sièges des autres partis de gauche, Hadash, Ra'am-Ta'al-Mada et Balad. Mais de ces derniers, il n'a, "étrangement", pas été question un seul instant dans les commentaires que j'ai entendus…

     Ce piètre résultat de la gauche institutionnelle n'a pas empêché des déclarations qui relèvent soit de la myopie avancée soit de la méthode Coué… Ainsi, Shalom Arshav déclarait dès 22 h 44 à Ha'aretz que les résultats constituaient "une défaite du camp orange (la couleur des opposants au désengagement de la bande de Gaza) et une victoire du camp de la paix" Ni plus ni moins, adoubant ainsi Ehud Olmert "Homme de paix" tout comme George W. Bush l'avait fait d'Ariel Sharon…  

    Ainsi encore, à 22 h 53, Zahava Gal-On, du Meretz, affirmait "la droite s'est effondrée"… Où est-elle allée chercher ça ? Il est vrai que tous les observateurs étaient focalisés sur le score qu'allait réaliser le Likoud, mais tout de même… Avec le Likoud à 12 sièges, Israël Beitenou à 11, et Union Nationale à 9, cela nous donne 32 sièges, plus de 25% de la Knesset pour la droite pure (?) et dure ! Pour un effondrement, c'est un effondrement…

     

     

     

    Présence ostentatoire des emblèmes israéliens en plein centre du quartier arabe de Jérusalem

     

    Revenons à l'affirmation de Shalom Arshav selon laquelle les élections ont donné la victoire au camp de la paix… Dès minuit quatorze, Ehud Olmert déclarait que c'était "une grande victoire pour le plan unilatéral" ; à minuit cinquante-neuf, il remettait ça… "Nous sommes disposés à concéder (aux Palestiniens) des parties de la terre d'Israël ( ?!) en évacuant des Juifs" ; et tôt dans la matinée de ce mercredi encore "J'appelle le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, à des négociations sur les frontières permanentes d'Israël. Mais si nos efforts restent vains, Israël agira seul pour prendre son destin en mains".

    Cherchez l'erreur… Mahmoud Abbas est prié de venir négocier les frontières d'Israël, pas celles de deux Etats ; et si le président de l'Autorité palestinienne n'accepte pas le plan Olmert d'une frontière épousant le tracé du Mur de l'annexion et le démantèlement des seules quelques colonies isolées se trouvant à l'Est du Mur, qu'à cela ne tienne, Israël agira seul puisque le résultat des élections constitue "une grande victoire pour le plan unilatéral"

     

    Si j'additionne un et un, "victoire du camp de la paix" de Shalom Arshav et "grande victoire pour le plan unilatéral" d'Ehud Olmert j'en conclus qu'il n'y a plus d'opposition en Israël au plan Olmert.

    Ah si, j'oubliais, il y a l'extrême droite et la droite extrême qui sont, elles, opposées au moindre démantèlement de colonies.

     

    Sur CNN, il a beaucoup été question de l'avenir du processus de paix ! A croire que ses journalistes étaient en séminaire sur Mars ces dernières semaines et n'ont pas suivi le déroulement de la campagne

    électorale. S'ils l'avaient suivie, ils auraient constaté que le mot "paix" en a été le grand absent. Le mot clé de la campagne a été "séparation", d'un côté et de l'autre du Mur. Alors, à "gauche" on tente de faire bonne figure en disant qu'il s'agit d'une évolution remarquable de l'opinion publique israélienne, étant donné qu'il y a à peine quelques années, le terme "Etat palestinien" était banni de son vocabulaire. Qu'ils aillent donc "vendre" ça aux Palestiniens, même les plus modérés…

     

    Et maintenant ? On se dirige selon toute probabilité vers une coalition Kadima-Travaillistes (pour caresser Amir Peretz dans le sens du poil, Olmert déclarait dès 1 h 15 mercredi matin "Je veillerai à combler les fossés existants ; dans les quelques semaines à venir, je présenterai un plan anti-pauvreté"), avec sans doute, l'appoint du Shas et du parti des Retraités, ce que le journaliste de service sur

    Euronews au cours de la nuit électorale qualifiait - mais où vont-ils donc les recruter ? - de coalition de centre-gauche !

     

    Redevenons sérieux, cette coalition s'appuierait sur une majorité de 67 sièges. Olmert offrira-t-il un strapontin au Meretz ? Peut-être. Peut-être pas.

     

    Les forces en présence seront donc : d'un côté, une coalition comprenant deux partenaires centraux dont l'un, Kadima, est partisan d'un Israël aussi grand que possible et compte mettre à exécution son plan de séparation unilatérale, et l'autre, le Parti travailliste qui se laissera convaincre sans beaucoup de réticences parce que, comme il l'a déjà dit, "on ne négocie pas avec le Hamas" et que, puisque Hamas il y a, "il n'y a donc pas de partenaire", et de l'autre côté, une opposition qui regroupe les partisans d'un Israël encore plus grand que celui que veut Kadima !

     

    Et le processus de paix dans tout ça ? le processus de quoi ?

     


     

    Bolivie: Le président divise son salaire par deux

     

     

    Evo Morales, le nouveau chef de l'Etat bolivien, est tout, sauf un homme politique banal. « Je vais commencer par diviser mon salaire de président en deux, ainsi que celui des ministres et des parlementaires, a-t-il déclaré. Dans un ---pays comme la Bolivie, le président et le gouvernement doivent partager les charges ». Il compte consacrer l'argent ainsi épargné à des programmes sociaux, surtout dans l'enseignement. Le premier président indien au monde ose parler de nationalisations des entreprises : « Il n’y aura ni expropriation, ni confiscation, mais les entreprises, notamment les compagnies pétrolières hispano-argentine Repsol et franco-belge Total, devront se soumettre à la législation nationale, qui veut que les contrats signés passent devant le Parlement, et que les bénéfices de ces entreprises reviennent aussi au peuple bolivien ». Evo Morales ou une autre façon de faire de la politique.

     

    Extrait JDM N° 251