robert1943 robert1943 robert1943

  • Nouvelles n° 102: "Aux abris, Bolkestein revient"

     

    Aux abris, Bolkestein revient !

    Par Maurice MAGIS

     

    Voici un an, on la disait enterrée. Mais la voilà qui revient en force, provoquant une nouvelle levée de boucliers syndicale. La directive Bolkestein a pourtant été à peine toilettée, et renferme aujourd’hui les mêmes dangers qu’hier. Dans le même temps et en catimini, c’est la Constitution européenne qui montre à nouveau le bout de son nez.

    La revoilà. On la disait morte et enterrée. Elle est prête à mordre de toutes ses dents. Qui ? "La" directive. "La" Bolkestein. Celle-là même qui avait jeté plus de 100.000 personnes dans les rues de Bruxelles le 19 mars dernier, pour exiger le retrait du projet. Et qui ne fut pas pour rien dans le double "non" français et néerlandais à la Constitution européenne. Adopté en catimini par la Commission européenne le 13 janvier 2004, ce texte vise à libéraliser les services dans l'Union européenne. Après être revenu à la mi-novembre en commission du marché intérieur au Parlement européen et voté, il doit arriver en séance plénière à Strasbourg à partir du 14 février. Un comble quand on sait que sept gouvernements ont demandé le retrait du projet, dont le belge et l’autrichien qui assure actuellement la présidence de l’Union européenne. Et un paradoxe, si l’on se souvient qu’une autre directive portant la même logique et concernant les services portuaires – la « Bolkestein des ports » - vient d’être blackboulée par les eurodéputés à une très large majorité.

    Cette directive s’appuyait notamment sur la fameuse règle du pays d’origine et visait à permettre à toute entreprise d’un pays membre de l’Union de s’installer dans n’importe quel autre pays, et d’y exercer ses activités selon les lois du pays qui abrita son siège social. En outre, le principe dit « d’auto assistance » autorisait les armateurs à utiliser les équipages de leurs navires pour des tâches qui sont du seul ressort des dockers. Bref, un mois avant la venue au vote de la directive « Bolkestein », ce texte avait donné à la gauche une belle occasion de se faire la main. Encore que c’est surtout l’auto assistance qui a mis les élus en émoi. Bien plus que la si dangereuse règle du pays d’origine. Celle-là même qui se trouvait et reste au cœur de la logique Bolkestein. Comme l’a noté la députée Sahra Wagenknecht, membre de la Gauche unitaire européenne et rapporteur pour avis à la commission « Marché intérieur » sur la directive, celle-ci « est un poison, il faut obtenir son retrait. Dans les débats en commission, nous avons tenté d’en retirer les molécules les plus agressives. Pour le moment, il faut bien le voir, les éléments constituants de la directive ont tous survécu. En effet, le champ couvert reste immense et conduirait à la libéralisation à tous crins des services publics universels. Certes, la santé a été exclue, mais l’éducation, par exemple, demeure dans la ligne de mire.

    Pure rhétorique.

     

    Après le conseil européen de mars dernier, et devant les protestations syndicales, le président Chirac, comme d’autres, avait pourtant prétendu  avoir arraché la totale « remise à plat » du texte. La présidence du Conseil européen affirmait que toute évolution du marché intérieur des services devait « préserver le modèle social européen. » De la pure rhétorique ? Il n’existe toujours pas de modèle social commun plus ou moins défini, et le principe du pays d’origine, centre névralgique de la directive, cause de dumping social, n’a pas été retiré du texte, malgré  bien des engagements en ce sens. A ce propos, les propositions de compromis élaborés par la rapporteuse socialiste Evelyne Gebhardt avaient pourtant constitué un grand pas en direction de la droite. Au printemps dernier, elle avait proposé de remplacer le PPO par le « principe de reconnaissance mutuelle », censé permettre à un «acteur économique qui assure un service dans un Etat membre conformément à la législation de ce dernier (…de) fournir sans entrave le même service dans un autre Etat membre ». On ne peut pas dire que la différence avec le PPO sautait aux yeux. Toutefois, le PPO ne se serait pas appliqué dans un certain nombre de domaines comme la protection des consommateurs, la protection de l’environnement ou le droit du travail.

    Jusqu’auboutisme à droite.

     

    Bernique. En nombre 2005, les eurodéputés de droite ont renvoyé Evelyn Gebhardt à ses chères études, en refusant d’exclure du champ d’application de la directive, des services publics comme l’eau et l’énergie, ou des entreprises à haut risque de dumping social. En supprimant formellement l’expression de «principe du pays d’origine », ils en ont confirmé tout l’esprit. Et en décembre, le Conseil européen a tranché. Dans ses conclusions, il insistait « sur le fait qu’il importe d’assurer le bon fonctionnement du marché intérieur des services. », et il prenait acte « des progrès réalisés à propos de la directive concernant les services » en disant attendre, « afin de conserver la dynamique, la proposition modifiée de la commission », en notant toutefois que « les avis divergent quand à la manière d’agir. » En clair, certains voudraient voir la santé et l’ensemble des services d’intérêt général inclus dans le champ d’application de la directive. Le Conseil parlait enfin de «trouver un bon équilibre entre la libre circulation des services et la poursuite des objectifs légitimes en matière d’action des pouvoirs publics. »

    Pour rappel, il s’agit de réaliser, dans un secteur qui représente aujourd’hui 70% des activités économiques en Europe, ce qui a été fait en 20 ans avec la libre circulation des biens matériels. Toute entreprise produisant un service marchand dans l’un des pays membres de l’Union aurait la liberté de proposer ce même service à ses conditions dans tout autre Etat membre. La directive stipule que les contrôles du respect des règles relèveraient du ressort des autorités du pays d’origine. Par exemple, une société établie à Chypre et proposant des services sur le marché belge pourrait y conclure des contrats, et ne serait soumise qu’au contrôle des autorités chypriotes. Le fisc et l’inspection du travail belge n’auraient plus qu’à regarder ailleurs. Enfin, le champ du marché concurrentiel des services semble très largement extensible. Dès qu’il y a contribution financière de l’usager, ce qui relève  des services publics entre dans le champ d’application de la directive, comme la plupart des services publics communaux ou intercommunaux.

    Le plombier polonais.

     

    Ce texte a donc valu une grande renommée à son auteur, l’ancien commissaire européen néerlandais Frits Bolkestein, même s’il est l’enfant de toute la commission présidée alors par Romano Prodi. Dès le mois de février 2004, les syndicats belges alertaient la Confédération européenne des syndicats (CES) sur les dangers de ce document qui est la déclinaison continentale du tout aussi inquiétant « Accord général sur le commerce des services » (AGCS) en (laborieux) débat au sein de l’Organisation mondiale du commerce. C’est le chercheur belge Raoul Jennar, au demeurant chroniqueur au JDM, qui a décortiqué ce texte dont la logique mercantile est identique à celle qui prévaut dans le projet de Constitution européenne. Résultat, devant la mobilisation des syndicats, et à l’approche des référendums en France et aux Pays-Bas, plus grand monde ne se hasardait à le défendre…sauf M. Fritz lui-même. Qui viendra à Paris, en avril 2005, narrer les aventures du fameux « plombier polonais ». Mais peu après le double « non » à la Constitution, la directive emblématique du néolibéralisme et de la « concurrence libre et non faussée » dans l’Union renaissait de ses cendres.

     «Si cette approche néolibérale devait être confirmée en session plénière du Parlement européen, la CES renoncera à l’approche conciliante qu’elle avait jusqu’alors et demandera le rejet de la directive dans son ensemble » a menacé la Confédération européenne des syndicats en appelant à une manifestation de masse le 14 février dans les rues de Strasbourg, trois jours après une première mobilisation politique et citoyenne dans la capitale de l’Alsace.

    Il y a effectivement quelques raisons d’être attentif. En dépit des « non » français et néerlandais, du report sine die du référendum en Grande-Bretagne et du maigre résultat obtenu par le texte au Luxembourg, une large majorité du Parlement européen a adopté à la mi-janvier une résolution visant au sauvetage de la Constitution. Le texte préconise tout bonnement son entrée en vigueur dès 2009, après la « période de réflexion » décidée en juin 2005 par les chefs de gouvernement. « Cela ne sera possible qu’à la condition de prévoir des mesures significatives visant à rassurer et convaincre l’opinion publique. »

    L’issue des référendums français et néerlandais ne serait donc pas liée au texte constitutionnel lui-même, mais à un déficit d’information ? La chanson est connue. Les eurodéputés ont donc appelé « toutes les associations et organisation de la société civile à faire de l’entrée en vigueur de la Constitution, l’une des priorités de leurs discussions et de leurs débats. » Et appellent le Conseil européen à aller dans le même sens. On attendrait donc les prochaines élections en France et aux Pays-Bas en 2007 pour remettre à nouveau le texte sur la table, mais par la voie parlementaire et en sautant par-dessus la volonté des peuples. Nicolas Sarkozy s’est déjà réjoui de cette idée…

    Extrait du Journal du Mardi

     


     

    Bolkestein, l’esprit avant la lettre

    Par Maurice MAGIS

     

    Ils sont souvent Polonais, pas nécessairement plombiers. Tant pis pour M. Bolkestein qui, en pleine campagne pour le « oui » à la Constitution européenne avait lourdement ironisé sur la faiblesse de la main d’œuvre française et les vertus d’un recours dérégulé à toute main d’œuvre à bon marché.

    A l’heure où sa directive fait un retour en force au Parlement européen, une série de scandales et de conflits sociaux ont récemment illustré les aspects pernicieux du projet. Pariant sur une rapide adoption du texte sur la libéralisation des services, une société britannique a eu maille à partie avec la justice. Depuis janvier 2005, elle employait des ouvriers polonais sur des chantiers de construction à Marseille. Et à quatre euros de l’heure. L’aubaine ! Ainsi, cette entreprise pouvait contracter des marchés avec 30% de rabais sur les tarifs normalement pratiqués. Selon un quotidien local qui a découvert le pot aux roses, les travailleurs polonais avaient été recrutés par le biais d’une « société au montage compliqué pour éviter que l’on ne s’intéresse à elle ». En outre, ces salariés étaient logés dans des conditions précaires sur les chantiers. Les responsables ont été poursuivies pour « travail dissimulé, abus de biens sociaux et conditions d’hébergement incompatible avec la dignité humaine. »
    L’élargissement de l’Union aux pays d’Europe centrale et de l’Est en 2004 s’était accompagné d’une clause transitoire de sept ans, durant laquelle les anciens pays membres pouvaient déroger au principe de la libre circulation de la main-d’œuvre en provenance des pays adhérents.

    La Grande-Bretagne, l’Irlande et la Suède avaient décidé de ne pas appliquer cette clause de sauvegarde de l’emploi. Résultat, les syndicats suédois se sont rapidement opposés à un chantier – la rénovation d’une école municipale - ouvert par une société lettone employant des ouvriers aux conditions sociales lettones. La compagnie avait rapidement jeté l’éponge et repassé la mer baltique. Puis, des dentistes polonais ont ouvert une clinique dentaire à Stockholm en y pratiquant des prix inférieurs de moitié à ceux de leurs confrères suédois… et en payant impôts et charges sociales en Pologne. Les dentistes suédois semblent impuissants à stopper ce phénomène, mais ont donné du grain à moudre à celles et ceux qui, dans le pays, sont mobilisés contre les dangers de la directive services.


     
    « Comportement de voyou »

     

    En Irlande, en décembre dernier, une grève a frappé durant plusieurs semaines le principal armateur du pays, Irish Ferries, qui entendait remplacer les équipages de sa flotte par des marins de l’Est payés nettement en dessous des salaires nationaux. Irish Ferries voulait employer des équipages lettons, engagés via une agence de recrutement basée à Chypre sur des navires immatriculés aux Bahamas, une boîte postale mise à l’index par les syndicats de marins. Là encore, les avantages de l’abandon du pavillon irlandais pour l’armateur auraient été immédiats : officiers et personnel d’exécution auraient été payés en dessous du salaire minimum. Mais l’opinion irlandaise s’est cabrée devant de telles méthodes patronales symbolisant, à ses yeux, la « cruauté du social » à l’anglaise. Very shocking… Après avoir joué les Ponce Pilate, le Premier ministre, Bertie Ahern, a dû dénoncer le «comportement de voyou » de l’employeur. Et l’éditorialiste de l’Irish Times a parlé de « l’Irlande inconnue », celle qui exploite des migrants corvéables à merci. « La compagnie revient aux pires pratiques du XIXe siècle. On veut transformer l’Irlande en une sorte de colonie d’esclaves, en détruisant 40 ans de progrès social », a tranché le syndicaliste Michael Wall. En 2004, les profits d’Irish Continental Group, la société mère d’Irish Ferries, se sont élevés à 26,5 millions d’euros…

    En Belgique aussi.

     

    Dans d’autres secteurs, l’actualité récente a montré que la Belgique n’est pas à l’abri de pratiques scandaleuses. On se souvient de la grève déclenchée en octobre 2005 à l’usine Struik Foods près d’Anvers. Ancienne filiale de la multinationale Unilever, cette entreprise avait embauché dix travailleurs polonais…et licencié cinq ouvriers belges. Les organisations syndicales ont aussitôt réagi en soulignant qu’elles n’avaient « rien contre les Polonais », mais qu’il s’agissait de défendre les droits sociaux. Les syndicalistes ont vite découvert que les salaires promis à leurs collègues polonais étaient inférieurs de 10 euros à ceux des ouvriers belges. Selon la direction, il s’agissait de « faire un effort » pour réduire la masse salariale. Et elle s‘était donc adressée à une agence d’intérim néerlandaise pour contourner la législation belge. D’après la FGTB, de nombreuses usines du secteur alimentaire de la région d’Anvers embauchent massivement des Polonais et autres travailleurs de l’Est à des conditions précaires… Il en va de même dans le bâtiment. Et la Fédération des entreprises de Belgique pousse très logiquement à l’ouverture rapide des frontières.

    Bolkestein, l’esprit avant la lettre ?

     

    En France, le gros transporteur routier Giraud vient de licencier 110 salariés dans ses unités du Sud-Ouest. Cette société a été rachetée en juillet dernier par le fonds d’investissement Walter Butler Capital Partner. Pour justifier ce « dégraissage », la direction a évoqué la « vive concurrence de transporteurs étrangers en provenance de pays où la législation est plus favorable à la réalisation de profits. » Comme le Portugal, où le salaire minimum ne dépasse pas les 500 euros. Ou la Lituanie, où il reste inférieur à 300 euros. Commentaire du Comité d’entreprise de Giraud : « dans le secteur du transport, nous subissons chaque jour ce qu’ils cherchent à généraliser avec la directive Bolkestein : des collègues étrangers travaillent dans des conditions inhumaines, et nous, on nous licencie. » Giraud a ouvert ces dernières années des antennes en Tchéquie, en Slovaquie, en Pologne, en Lettonie, en Hongrie et en Russie, et engagé en France des chauffeurs étrangers sous-payés.

     


     

    Violente transition à l’est.

    Par Maurice MAGIS.

     

    L’institut français de statistique INSEE a publié récemment une étude sur les « pauvres et modes de vie pauvres » dans différents pays européens (1), dont plusieurs Etats d’Europe centrale et orientale (PECO) où « les personnes les plus pauvres ont un mode de vie comparable, à certains égards, à ceux qui caractérisent les pauvretés profondes [...] d’Afrique ou d’Asie ».
    Ainsi, les 10 % de personnes les plus pauvres en Roumanie disposent d’un revenu annuel de 873 euros par personne. L’accès au confort le plus élémentaire, comme la présence de réfrigérateur ou de toilettes dans le domicile, est impossible. Des problèmes de santé et d’exclusion sociale s’additionnent aux difficultés matérielles.
    Le glissement vers la pauvreté d’une part importante de la population est net depuis quinze ans. Cette situation est due à « la transition vers une économie de marché peu ou pas régulée (qui) a exposé les plus pauvres dans les PECO (...) à l’aspect le plus violent des bouleversements économiques ». Au-delà d’une dynamisation de l’économie, la précarité de l’emploi a touché de plein fouet des populations confrontées au démantèlement progressif des systèmes de santé et d’aide sociale : « chômage mal indemnisé ou / et pension de retraite très insuffisante, le dispositif de protection sociale n’a pas évolué en rapport avec la disparition de l’emploi à vie », jugent les auteurs.
    La destruction de l’appareil économique, et particulièrement des entreprises d’État, a aussi été un choc violent, que les solidarités traditionnelles n’ont pas su combler. En Roumanie ou en Pologne, où une personne sur cinq dit vivre de la terre, « la fermeture des nombreux établissements industriels après le changement de régime politique a amorcé un retour d’une partie de la population urbaine vers la campagne. (...) Les exploitations familiales, de petite taille et sans moyens financiers pour améliorer leur technologie, n’ont pas été en situation de mettre à profit cet afflux de main-d’oeuvre ».
    Les espoirs de croissance dans les PECO ces prochaines années - permis notamment par leur bon niveau d’éducation - ne pourront qu’au mieux faire «reculer l’extrême dénuement », conclut l’INSEE. La pauvreté dans ces pays risque de porter durablement « la marque brutale d’une transition vers l’économie de marché » , d’autant que les modes de vie inspirés des États de l’Ouest - consommation, vacances - accentuent la fracture sociale entre riches et pauvres.
    Le nombre d’immigrés provenant des nouveaux pays membres depuis l’élargissement de l’Union européenne en mai 2004 a été de 150.000 personnes, dont 14.000 Lettons. L’Irlande et la Grande-Bretagne constituent les destinations privilégiées de l’émigration de l’Est. Selon le ministère britannique de l’Intérieur, près de 300 000 personnes, en majorité polonaises, se sont installées au Royaume-Uni depuis 2004. En Irlande, 40% des emplois créées en 2004 sont aujourd’hui occupés par des travailleurs de l’Est, soit 40.000 personnes. Les ouvriers agricoles de l’Est sont payés entre 1,25 et 2,50 euros de l’heure, les laveurs de vitre 5 euros et une femme de ménage 6 euros. En Irlande, le salaire officiel est de 7,65 euros.

    (1) France, Royaume-Uni, Espagne, Portugal, Pologne, Roumanie, Russie

    Extrait du Journal du .Mardi

  • Nouvelles n° 102: Le coin du Secours Populaire Wallonie-Bruxelles

    LE COIN DU SECOURS POPULAIRE  WALLONIE- BRUXELLES

     

     

     

    Pouvoirs locaux et nouvelles solidarités

     

    Secours Populaire Wallonie-Bruxelles est une jeune association qui développe des activités, tant sur le plan local que sur le plan international.

    Sur le plan local, je citerai plus particulièrement l’organisation de la Journée des Oubliés des Vacances, qui permet à des enfants issus de milieux défavorisés de vivre un temps fort, et cela en partenariat avec des associations locales, des CPAS, des plaines de jeux ou d’autres groupements .

    Plusieurs communes  y participent : Fontaine - l’Evêque, Fleurus, Courcelles, Viroinval, Pont-à-Celles, Manage, Lobbes, Marcinelle, Evere ….

    Cette année, la JOV se déroulera dans la région du Centre : Strépy-Braquegnies, Thieu, Claire-Fontaine …

    Sur le plan international, nous avons quelques projets de collaboration, dont l’un vient d’être finalisé avec la commune de Viroinval, portant sur un échange entre jeunes du camp palestinien de Jabalia et de Plate forme jeunesse, via internet.

    Nous avons accueilli des représentantes palestiniennes, originaires de différents pays comme le Liban, la Syrie et la Bande de Gaza. Nous profitons également de l’expérience accumulée par le Secours Populaire Français qui est la deuxième organisation de Solidarité dans ce pays. Elle regroupe quelque 990.000 membres, ce qui nous permet de faire partie d’un vaste réseau d’organisations de solidarité regroupant quelque 55 partenaires à travers le monde, avec une présence importante sur tout le pourtour méditerranéen et dans de très nombreux pays francophones.

    Voilà quelques informations susceptibles de vous expliquer pourquoi nous tenions à développer le propos « Du local à l’international ».

     

    Communes internationales

     

    Une question se pose tout d’abord. Les pouvoirs communaux sont-ils intéressés par la problématique internationale ? Au premier abord, on vous répondra que cela n’est pas de la compétence d’un conseil communal.

    Pourtant, au lendemain de la guerre 40-45, nombreuses furent les communes wallonnes et bruxelloises à initier des projets de jumelage de commune à commune. Au sortir de ce conflit, il fallait créer un monde nouveau d’où seraient éradiquées les théories racistes qui avaient été la cause du conflit et du génocide. Il fallait opérer un rapprochement entre les peuples.

    Les pouvoirs communaux participèrent avec élan à la construction d’une Europe pacifique et fraternelle, en créant des jumelages, tout d’abord entre anciens alliés, Français, Anglais, Américains. Puis, par la suite, les années passant, avec les anciens ennemis, l’Allemagne mais aussi l’Italie, cela étant facilité par une immigration italienne importante dans les régions industrielles, et aussi, avec des communes provenant de l’autre partie du monde, qui était dénommée « la région contrôlée par l’URSS ».

     

    Les jumelages. Et après ?

     

    Aujourd’hui, certains jumelages subsistent et sont encore extraordinairement vivants quand, de part et d’autre, des comités locaux sont liés par d’importants liens d’amitié et parfois aussi des liens familiaux. Il s’agit tout au plus de jumelages amicaux, importants certes, mais qui n’ont plus d’objectifs politiques dans le bon sens du terme.

    Jusqu’à présent, les communes, dont les moyens budgétaires vont en se rétrécissant, ont peu investi dans les relations bilatérales Nord-Sud. Une exception toutefois, le soutien apporté aux pays du Sud lors de l’organisation annuelle de l’opération 11-11-11. Soutien des communes par l’implication personnelle de certains mandataires communaux, par l’autorisation donnée aux organisations de procéder à des collectes, par la mise à disposition de locaux, par l’éventuelle sensibilisation du personnel communal, ou par le fait de permettre la parution d’articles dans les bulletins communaux.

    Mais rien ou pratiquement rien n’a été organisé par le niveau communal pour embrayer sur cette importante action de sensibilité et de recherche de fonds pour les projets proposés par les organisations non gouvernementales, et soutenus par les autorités fédérales et plus particulièrement par le ministère de la Coopération au développement.

    Le cadre national existe toujours, mais la Belgique a changé. Elle s’est fédéralisée. En effet, la fédéralisation de notre pays a permis de doter les Régions de moyens adaptés aux compétences. C’est d’ailleurs derrière cela qu’une passe d’armes  se joue entre les partisans d’une coopération centralisée ou décentralisée. Derrière l’émergence de la Région, se situe le fait communal.

    Permettez-moi de citer Jean-Louis Close, ancien bourgmestre de Namur : « La régionalisation est un formidable mouvement de décentralisation, mais il serait dommage qu’elle ne donne pas le maximum de sa dynamique potentielle en s’arrêtant précisément à la Région. Il faut que le mouvement se poursuive, se diffuse et tende ses ramifications automatiquement vers d’autres niveaux de pouvoir. »

    On ne peut que partager cette préoccupation qu’il ne faut en rien confondre avec une quelconque balkanisation ou le triomphe de l’idée de clocher. Les progrès de la citoyenneté se fondent sur la consolidation simultanée de l’intervention directe des hommes et des femmes dans la gestion de leur commune et de leur capacité, en ce qui concerne notre sujet, à développer des pratiques de solidarité internationale et d’édification de mécanisme de coopération.

     

    La Région wallonne et, de façon plus large dans un cadre de collaboration, la Communauté Wallonie-Bruxelles ont décidé, dans le cadre du partage des compétences, de prolonger certaines de celles-ci au niveau de la scène internationale. Aujourd’hui, 22 pays ont été choisis dont un important nombre de pays du Sud.

     

    Opérateurs locaux

     

    Notre association partage cette approche politique, d’autant plus que la Région wallonne souhaite développer sa présence dans les pays de la francophonie. Pour réaliser ces objectifs, le gouvernement wallon a ouvert une ligne budgétaire propre. Les fonds cumulés visent à provoquer une politique d’ouverture et de solidarité vers le sud en valorisant des partenariats internationaux, tout en s’appuyant sur des opérateurs locaux. Ces fonds mis à disposition doivent permettre la réalisation d’actions concrètes, ayant pour but l’émergence d’un développement durable sur le plan économique, social, environnemental, culturel et autre. L’objectif est l’ amélioration du bien être des populations du nord comme de celles du sud.

     

    Notre but, est donc de  mobiliser les Wallons et les Bruxellois dans une démarche active impliquant nos propres populations. Dans le sens de cette démarche, cette implication doit s’appuyer sur une collaboration entre associations locales et institutions privées et publiques du nord et du sud. En l’occurrence, en ce qui nous concerne plus particulièrement, les conseils communaux poursuivant des objectifs similaires afin de favoriser la connaissance mutuelle, l’échange de valeurs positives et d’expériences.

     

    A cet égard, les pouvoirs locaux sont certainement les plus aptes à générer des solidarités nouvelles. Les initiatives que ces pouvoirs développent doivent l’être en toute autonomie et cela sans entraves, surtout administratives. Trop souvent, on exige des partenaires locaux des comptes- rendus tout à fait rébarbatifs et décourageants. Il faut simplifier quelque peu les démarches administratives si l’on veut que les pouvoirs locaux et par conséquent les associations puissent opérer valablement.

    Dans une commune de notre région, beaucoup se gaussaient de déclarations internationales reprises dans les interventions publiques de certains responsables politiques du cru. Toutefois, un fait nouveau est apparu dans cette commune lors de l’installation de la présente majorité : la désignation d’un échevin ayant les matières internationales dans ses compétences. Le responsable actuel gère toutefois encore des activités de jumelage, que nous avons qualifiées tout à l’heure de relations internationales amicales. Il serait souhaitable maintenant d’entamer une autre étape, et que le conseil communal de la commune élabore une réflexion allant dans la direction que nous venons de développer, et fasse effectuer un inventaire des associations, des comités, des groupes informels de citoyens sensibilisés par la problématique Nord-Sud. L’échevin désigné deviendrait ainsi le coordinateur, le rassembleur de nombreuses énergies. Ce simple fait permettrait l’interpellation des citoyens et pourrait, éventuellement, renforcer le tissu wallon qui est, lui, particulièrement pauvre en matière de coopération au développement, contrairement à l’autre partie du pays.

     

    Collaboration des immigrants

     

    Il est aussi de primordial d’interpeller nos citoyens d’origine étrangère, car eux seuls possèdent une source importante de connaissance permettant de favoriser la compréhension mutuelle. La collaboration avec ces immigrants permettrait plus aisément leur participation, mais aussi leur implication dans la vie locale, la confrontation des cultures, de leur culture à la nôtre et vice-versa, , de lutter contre les idées préconçues et les stéréotypes véhiculés par les forces non démocratiques. Tout naturellement cette démarche devrait aboutir sur la création d’un conseil consultatif Nord-Sud, chargé d’élaborer et gérer un projet ou des projets solidaires en fonction des demandes exprimées par le Sud. Ce point est très important car, si l’on veut atteindre des objectifs, il faut absolument travailler en ce sens. De même, les écoles ont un rôle fondamental à jouer en matière d’éducation et de sensibilisation de toute la population locale aux problèmes du Sud.

     

    L’articulation d’un projet se développe ou peut se développer de la façon suivante :

     

    1° : la définition des besoins.

    2° : la recherche d’un partenaire répondant expressément à cette demande exprimée par les populations du Sud.

    3° : la rédaction du projet, son dépôt auprès du Commissariat général aux relations internationales ou de la Division des relations internationales. Ensuite, la réalisation concrète en plusieurs parties : une phase de faisabilité dans une rencontre des partenaires, une phase de réalisation concrète, et une phase d’échange et de consolidation.

    La consolidation est sans doute la phase la plus importante pour la partie du Nord, c’est-à-dire pour nos populations, car elle vise à leur faire vivre la concrétisation des différentes étapes, et permet d’envisager la viabilité du partenariat dans le long terme.

     

    Beaucoup maintenant vont nous interroger sur le financement du projet. En 2002, quinze projets ont été retenus par le Gouvernement wallon pour un financement (125.000 € par projet et par promoteur). C’est une première approche. La commune n’intervient donc pas financièrement dans la dépense globale. Ce qui permet au moins de rassurer les populations locales quant aux fonds qui sont exigés par l’impôt.

    Il peut y avoir un apport d’argent, obtenu par les partenaires locaux, qui peut compléter la subvention générale. Les communes, en proie à d’énormes difficultés financières et accaparées par les nombreuses tâches leur incombant, n’ont pas les moyens ni financier, ni matériel ou parfois humain pour mener à bien l’élaboration, la concrétisation et le suivi de ces projets. Elles peuvent faire appel à des consultants, accompagnateurs privés, pour les aider dans cette tâche et c’est là où nous nous plaçons en tant qu’organisation. Mon organisation peut agir dans ce cas.

     

    Internet en Palestine

     

    A titre d’exemple, c’est à notre initiative que la commune de Viroinval a obtenu en 2002 le financement du projet de mise en réseau de deux cyberespaces, dont un pour les jeunes du camp de Jabalia. Suite à l’enfermement du peuple palestinien, des jeunes se retrouvent complètement isolés du monde. Ils n’ont accès au monde que par la télévision. Nous avons pensé que pour les sortir de leur isolement, il fallait créer les contacts que permet maintenant la technique moderne, c’est-à-dire, Internet.

    Ce projet a d’ailleurs été mis en évidence dans une publication de la Région wallonne. Je vais vous décrire, à titre d’exemple, comment nous avons procédé pour la réalisation concrète du projet cyberespace – Jabalia.

    A la suite du voyage d’un membre du Secours populaire Wallonie-Bruxelles en Palestine, et plus particulièrement dans le camp de Jabalia, des contacts ont été noués et il est revenu avec une demande officielle de la direction du camp d’établir des contacts avec une commune wallonne. Les camps palestiniens sont gérés par des autorités qui ne sont pas des autorités communales, qui sont d’autres autorités élues dans le cadre de l’aide qu’apportent les Nations Unies à la gestion de la problématique des réfugiés depuis 1948, c’est-à-dire depuis presque 60 ans.

     

    Deuxième phase, il fallait trouver un partenaire. Viroinval est une petite commune du Sud Namurois. Il n’est pas évident  d’interpeller une commune, en apparence peu sensibilisée à une telle problématique, à ce genre de projet . Il fallait donc que les autorités communales en place s’investissent dans la  conscientisation et la sensibilisation de la population, pour que ce projet puisse être accepté.

    Le Secours populaire rédige le projet. Il est soumis à la Région wallonne qui, pour la première fois, subventionne un projet qui ne correspond pas au cadre défini par la Communauté française, par l’Union des villes et communes de Belgique.

    Malgré les difficultés , (la veille du départ des autorités communales avec des membres du Secours populaire pour Jabalia, il y avait eu un attentat et les contrôles empêchaient les déplacements), grâce à l’aide de la Région wallonne et à son représentant commercial sur place, les contacts entre les différents partenaires ont pu être établis. Les cyberespaces ont été installés d’un côté comme de l’autre, et ont été inaugurés le 31 octobre dernier, si j’ai bonne mémoire, devant quelque 200 personnes. C’est une réussite évidente de l’effet de sensibilisation, qui s’est traduit par des conférences de presse, des conférences-débats, par des spectacles théâtraux et musicaux.

    On n’en reste pas là : la commune vient d’avoir l’agréation de la Région wallonne pour une continuation de ce projet. Des perspectives de développement des relations existent et sont en discussion.

    Le réseau de solidarité auquel notre association appartient peut permettre à d’autres communes de profiter de cette première expérience. Notre volonté serait de tisser réellement une toile informatique Internet au travers de différentes communes wallonnes et bruxelloises et de communes que nous pouvons contacter dans le cadre de ce vaste réseau.

     

    Robert TANGRE

    Président

  •  Nouvelles n° 102: quelques brèves

    BREVES

     

    772 euros par mois :

     

     

     

    Environ 1,5 million de Belges vivent en dessous du seuil de pauvreté, selon l'annuaire pauvreté et exclusion sociale 2005, de l'université d’Anvers. Soit avec moins de 772 euros par mois pour un isolé. Cela concerne entre autres les bénéficiaires du revenu d'intégration (ex- minimex) qui ne touchent pas plus de 625 euros mensuels quand ils vivent seuls. Mais ceux qui se trouvent depuis plus d'un an au chômage courent aussi un risque accru de pauvreté.

    Tout comme les moins diplômés : un quart de Belges qui n'ont pas étudié au-delà du secondaire inférieur sont menacés. Pis : désormais, même une frange des travailleurs, de 4 à 6 % vivraient sous ce seuil. Parce qu'ils n'ont décroché qu'un job à temps partiel, ou qu'ils ont de lourdes charges familiales.

    Enfin, l'an dernier, 104.000 Belges ont fait appel aux services d'une banque alimentaire. Ces indicateurs situent le Belgique dans la moyenne européenne de la précarité.


     

    Budget européen :

     

     

    Le Hainaut recevra encore 577 millions d'euros pour aider la province à sortir de l’ornière.

    Une manne financière à distribuer pour la période 2007-2013.

    L'Europe des 25 se montre plus chiche dans son soutien : le montant alloué accuse une baisse de 10 % par rapport aux 645 millions d'euros perçus par le Hainaut entre 2000 et 2006. La diminution est encore plus éloquente au vu des 730 millions d'euros qui lui ont été octroyés par l'Europe entre 1994 et 1999, dans le cadre du programme objectif 1. Il est vrai que l'élargissement de l'UE oblige : les régions en retard de développement se bousculaient au portillon. Et que les portions du gâteau financier à partager s'en trouvent forcément réduites.

    Du coup, la Belgique, comme les autres anciens états membres de l'Union européenne, devra moins compter sue la générosité de l’UE. Au total, 2 milliards d'euros prévus pour 2007-2013 , soit une perte de 7 % par rapport à 2000-2006 .Du coup aussi, chacun dans son coin fait ses comptes .

    Côté wallon, outre les 577 millions d'euros en faveur du Hainaut, 396 millions d'euros sont prévus pour soutenir la compétitivité régionale et l'emploi d'autres régions en difficulté reprises dans le nouvel objectif 2 (dont la zone Meuse Vesdre), et 70 millions d'euros au profit de zones frontalières, dans le cadre de l'objectif de coopération.

    Verdict du Ministre Président wallon Elio Di Rupo : ces moyens cumulés au cofinancement apporté par la Région wallonne, devraient donc représenter un total de plus de 2 milliards d'euros en 7 ans, sans compter l'apport substantiel du secteur privé.

    La Flandre politique aussi, joue du boulier compteur … et fait la grimace, estimant qu'elle recevra moins d'argent européen (de 70 à 80 millions d'euros en moins, soit une baisse de 37 à 39 %) en faveur de son développement rural, alors que, souligne le président du CD&V (dans l'opposition au fédéral), le soutien financier accordé au Hainaut permettra à l'agriculture wallonne de limiter ses pertes à 20 % …

    Réplique du Premier Ministre Verhofstadt (VLD) : il est encore trop tôt pour chiffrer les pertes de la Flandre.

     


     

     

    Douze ans après,

    ce n'est pas la grande forme !

     

    Voilà 12 ans que le Hainaut vit et tente de prospérer sous perfusion européenne.

    Cela a commencé par un traitement supposé être de choc. Le remède, étalé de 1994 à 1999 : l'objectif 1 ® une pluie de milliards de francs belges, visant à doper le produit intérieur brut de la province hennuyère, limité en 1994 à 77,3 % de la moyenne communautaire. Le gouvernement avait obtenu que le Hainaut bénéficie d'un soutien financier qui n'est accordé qu'aux régions où le PIB par habitant ne dépasse pas 75 % de la moyenne communautaire.

    Six ans plus tard, fini pour le Hainaut de bénéficier de ces largesses. Mais, histoire de ne pas abandonner une région convalescente, on lui applique depuis 2000 un

     " phasing out " : en clair, un " retrait progressif " qui permet d'éviter un arrêt brutal du soutien européen.

    Où en est-on dans la guérison ?

    Sur tablette, la dose injectée est impressionnante : ces 5 dernières années, 2.283 milliards d'euros déboursés sous forme d'aides communautaires européennes, d'investissements publics et privés belges. Plus de 300 projets soutenus, 583 entreprises aidées .Il y en a pour tous les goûts : l'économie, le recherche, le formation, la réinsertion professionnelle, l'agriculture, le tourisme, la réhabilitation des friches industrielles … De là à dire que le malade est remis sur pied … Il a d'abord fallu rectifier le tir, ajuster le traitement, resserrer les boulons pour éviter d'inutiles saupoudrages. Mais, aujourd'hui, des voix critiques s'élèvent : le Hainaut peine toujours à décoller, a encore du mal à créer de l'emploi et des entreprises au même rythme qu’ailleurs. Son revenu par habitant continue à baisser par rapport à la moyenne. Bref, ce n'est toujours pas la grande forme.

     

    C'est Guy Spitaels, qui, dans les locaux du gouvernement provincial, nous a appris la bonne nouvelle, puisque la province du Hainaut venait de décrocher la manne céleste, qui, pendant 6 ans, allait renflouer les caisses à coup de milliards.

    La province du Hainaut, si elle avait pu obtenir ces aides dans le cadre de l'objectif 1, c'est parce qu'elle était considérée comme très démunie.

    Aujourd'hui, rien n'a changé, puisque nous en sommes toujours au même point.

    Dans la zone IDEA, le taux de chômage avoisine les 30%, et ce ne sont, ni la construction du PASS, ni le restauration des remparts de Binche, qui ont relancé la région.

    Des solutions existent, mais il est grand temps que tous les parvenus s'en aillent, que l'on définisse de vrais projets et qu'on les mène à bien. Ce n'est qu'à ce prix qu'on pourrait s'en sortir.

     


     

    Belgique – FORTUNES

     

     

    On est de plus en plus riches !

     

    De plus en plus de familles belges sont millionnaires. Ce n’est pas nous qui l’affirmons, mais une étude Fortis .

    En Belgique, 65.000 familles, soit environ 1,5 % de la population, disposaient, fin 2005, d’une fortune pouvant être investie, estimée à au moins un million d’euros.

    En 2001, elles étaient seulement au nombre de 45.000, écrivait samedi le quotidien De Tijd, qui cite une étude de la Banque Fortis .

    Le nombre important de villas et d’appartements de luxe en Belgique prouve la richesse de nombreuses familles.

    « Il s’agit d’une fortune exclusivement immobilière », indique Marnix Vanbergen de Fortis Banque.

    Il ajoute que les chiffres émanent d’une enquête interne, complétée par des chiffres de la Banque Nationale et d’exemples de l’étranger

     

    Extrait de la Nouvelle Gazette .

     

     


     

    France :

     

    La gauche unie sur la mémoire coloniale

     

    Incroyable mais vrai : la gauche, toute la gauche française - la plus molle, la plus radicale, la plus verte, la plus rouge, la plus social-libérale, la plus marxiste … - a serré les rangs pour exiger l'abrogation de l'article 4 de la loi du 23 février 2005, qui stipule que " les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer " . Normal que la gauche se rassemble contre une réécriture de l'histoire de la colonisation, et ce que beaucoup d'historiens, très choqués, ont appelé

    " l'enseignement d'une histoire officielle " . Certes, mais le vrai coup de théâtre c'est que, non contents de signer une pétition commune - lancée à l'initiative du socialiste Dominique Strauss-Kahn - réclamant l'abrogation de cet article 4, tous les représentants des partis de gauche ont accepté de poser pour une photo de famille historique . Même Arlette Laguiller - plutôt en pétard avec tous les autres - était là, aux côtés de François Hollande (PS), Dominique Voynet (Verts), Christiane Taubira (PRG), Nicole Borvo (PCF), Alain Krivine (LCR) … Ce dernier, hilare, a lancé : " Vous n'avez pas devant vous le futur gouvernement " .

    Extrait du JDM

     


     

    A votre bon cœur, Mesdames, Messieurs.

     

    Bernadette Chirac est venue à Montélimar faire son cinéma pour récolter ses pièces jaunes. 200 kg de pièces ont été recueillies, un montant correspondant à environ 10. 000 €.

     Le conseiller municipal Marcel MAGNON a interrogé le Maire UMP  de la ville pour savoir combien cette opération avait coûté.

     Sans compter le prix de l'affrètement du TGV spécial, du détournement de plusieurstrains sur l'Ardèche, le coût du personnel, des services techniques et de la police municipale… la ville a déboursé 80 000 €, pris sur les impôts locaux, bien sûr.

     Mais, plus choquant encore, poursuit Marcel Magnon, les chambres et repas, dans un des meilleurs hôtels restaurants de le région, pour  « la première dame de France » et son aréopage de 130 personnes, ont été réglés avec un chèque de l'association « Opération Pièces Jaunes ».

     Que doivent penser tous les petits enfants qui ont cassé leur tirelire pour faire de la publicité à Mme Chirac et au Maire de Montélimar et payer leurs agapes!

     Sans vergogne, conclut le conseiller Magon ! 

  • Nouvelles n° 102: on en parle à Charleroi

    ON EN PARLE À CHARLEROI.

     

    Charleroi : les conflits sociaux :

     

    Le seul point noir dans notre région :

    le TEC – Charleroi !

     

    Auteur de Courriers du Crisp, le dernier était consacré à la grève de Splintex-Fleurus, Michel Capron a consacré ses recherches les plus récentes aux conflits dans les entreprises. Dernièrement, la Faculté ouverte de politique économique et sociale de l’UCL organisait un colloque sur le thème du « Syndicalisme, concertation et conflit ». C’était l’occasion pour Michel Capron de tordre le cou d’un vieux canard : on ne compte pas plus de grèves en Wallonie qu’en Flandre. Les journées de grève en Belgique sont moins nombreuses que celles relevées, en moyenne, dans les autres pays de l’Union européenne. Certes, Charleroi et Liège, dans les années 70-80, ont connu des conflits sociaux longs et difficiles : ils résultaient des crises de l’acier, du verre, du charbon même. C’était des grèves pour conserver son travail.

    Aujourd’hui, à Charleroi, où l’emploi a littéralement fondu en vingt ans, les grèves sont plus rares, elles n’entraînent plus d’action de solidarité : « la conjoncture est évidemment différente », souligne Michel Capron. Il épingle cependant les conflits récents en aéronautique, avec une grève assez longue chez Sabca, où même les employés ont arrêté le travail. Des actions plus ponctuelles à la Sonaca avec des syndicats « évitant la grève au finish, se bornant à poser les bonnes questions à la direction, à propos des risques de délocalisation », souligne encore notre interlocuteur.

    Les interlocuteurs de Charleroi, c’est évident, ne pratiquent pas la gréviculture. Cependant, pour Michel Capron, le TEC carolo vit une situation conflictuelle quasi permanente et, pour lui, elle n’est pas liée qu’à la seule insécurité des chauffeurs. « Il y a là un problème de relations sociales entre direction et chauffeurs. A mon avis, conclut-il, les conditions de travail des chauffeurs ne sont pas assez prises en compte par la direction ».

     

    Ch. B.

    Extrait de la Nouvelle Gazette

     

     

     

    Avoir un logement est un droit !

     

    Suite à l’expulsion illégalement scandaleuse d’une locataire, une manifestation a été organisée le mercredi 15 février sur la place du Manège à Charleroi par le Groupe d’Action Droit au Logement pour dénoncer les pratiques illégales à répétition de nombreux propriétaires qui ne respectent pas les obligations légales à savoir que toute mesure d’expulsion doit obligatoirement passer par une décision de justice. Notre conseiller communal Jacques Coupez y participait. Une autre situation alarmante fut développée par les manifestants.

    En effet, une vingtaine de locataires de l’immeuble situé rue de France n° 15/17 ont reçu, par arrêté communal, ordre d’évacuer leur logement pour des raisons d’insécurité en matière d’incendie et cela pour la fin du mois de février.  Interrogé à ce sujet lors du Forum social du samedi 04 février dernier, le bourgmestre Van Gompel aurait déclaré qu’il ne permettrait pas que l’arrêté soit appliqué tant que les locataires n’auront pas trouvé de solution de relogement.

    Il faut aussi savoir que le propriétaire de cet immeuble a motivé la non-exécution des travaux prévus au planning par le fait qu’il a été informé de l’acquisition de son immeuble par l’Aménagement urbain de la ville de Charleroi pour juin 2006.  

    Cette information peut-elle être confirmée ou infirmée ? Dans l’affirmative,  par qui et à quoi sera réaffecté ce bâtiment ? Nos conseillers attendent la réponse.

  • Nouvelles 102: Le Travail de nos élus

     

    LE TRAVAIL DE NOS ELUS.

     

    LES EXPULSIONS SAUVAGES

     

    Interpellation développée par la conseillère communale communiste Malika El Bourezgui élue sur la liste ECOLO lors du Conseil communal de Charleroi du 23 février 2006.

     

    L’expulsion sauvage qui s’est produite dernièrement à Charleroi, comme tant d’autres, est révélatrice des malaises de notre ville en matière de logement.

    Que constatons nous ?

    D’un côté, la précarité d’une jeune mère de famille à la merci d’un marchand de sommeil et sauvagement expulsée de son logement pour un mois de retard de loyer.

    D’un autre côté, un propriétaire faisant profit

    de la misère humaine et s’arrogeant le droit de transgresser la législation, à savoir que toute mesure d’expulsion doit obligatoirement passer par une décision de justice.

    Et d’autre part, l’inefficacité des policiers intervenus sur les lieux du litige.

    En effet, il est incompréhensible que face à cette expulsion illégale, les policiers n’aient pas pris la peine de relever et verbaliser les voies de fait et les infractions pénales commises par le propriétaire comme par exemple : la violation de domicile, l’effraction, les menaces, l’encombrement de la voie publique ou autres.

    Ces procédures qui relèvent bien des compétences et du rôle de la police locale, sont élémentaires pour pouvoir aboutir à des sanctions et éviter l’installation d’un sentiment d’impunité. Il faut souligner que peu de locataires entament des poursuites judiciaires contre les propriétaires hors la loi par manque de moyens et par découragement.

    Au minimum, ces policiers ne devaient-ils pas réorienter la victime de l’expulsion vers les services d’aide sociale ?  Ici, se pose la question de la formation des agents de police à ce type d’intervention et de leur information sur les services sociaux existant.

    Cet incident démontre aussi toute l’importance de l’aspect  prévention.

    Nous pourrions citer encore d’autres exemples tels que ce citoyen qui a été radié de son domicile parce qu’il a été absent deux fois lors du passage de l’agent de quartier.

    Il faudra encore combien d’expulsions et de familles à la rue pour que le pouvoir local prenne conscience de toute la dimension de la crise du logement qui nous frappe et applique rapidement des mesures drastiques à l’encontre des marchands de sommeil qui prolifèrent alors qu’une partie de la population s’enlise dans la précarité.

    La société wallonne du logement est dépassée par la demande de logements sociaux estimée à plus de 40.000 avec une liste d’attente de 5 ans et certains bâtiments sont dans un état lamentable nécessitant des rénovations lourdes.  Le prix du loyer a flambé alors que le pouvoir d’achat d’une grande partie de nos citoyens s’affaisse. Le centre ville a besoin d’être réanimé et notamment par la restauration des étages vides et délabrés.  Les associations engagées dans la problématique du logement s’essoufflent à tenter de trouver des solutions et doivent être soutenues, renforcées ainsi que les services d’urgence sociale qui arrivent à saturation.

    Trop de personnes et de familles vivotent entre maison de transit et maison d’accueil en attendant un logement décent.

    Il est plus qu’urgent d’actionner et d’activer une véritable politique du logement d’envergure en partenariat avec tous les secteurs privés et publics impliqués dans ce domaine pour principalement impulser et favoriser une offre de logement locatifs de qualité à prix abordable, dans une optique de mixité sociale et renforcer la politique communale contre la l’insalubrité et les marchands de sommeil.

    Bien sûr, des dispositifs sont mis en place et des choses sont faites, mais cela bouge trop lentement et les moyens semblent insuffisants face à l’ampleur de la tâche.

    En décembre 2005, le Ministre DUPONT nous annonçait que Charleroi allait bénéficier d’un budget de 6.470.000 euros étalé sur 3 ans pour réaliser son contrat logement, application concrète du « plan logement de la politique des grandes villes » initié par le gouvernement fédéral afin de soutenir au sein des villes et communes, la mise en œuvre de projets originaux destinés à stimuler l’accès au logement de qualité pour tous.  A Charleroi, il a été décidé de concentrer ces moyens principalement sur la porte Ouest.

    Dans le cadre des travaux de réhabilitation des bâtiments de la Porte Ouest, y a-t-il un plan de relogement prévu pour les habitants de ces immeubles et des garnis ?

    Quel sera l’impact et la visibilité de ce programme pour les citoyens ? Quelles en seront les priorités ?

     

    Le plan triennal d’action pour le logement 2004-2007 va se clôturer, peut-on considérer que les objectifs visés ont été atteints ?

    Qu’en est-il de la loi ONKELINX sur la réquisition d’immeubles abandonnés ou inoccupés ?

     

    Dans sa réponse, le Bourgmestre de Charleroi s’est principalement attaché à défendre les policiers mis en question.

     


         L’air du temps

     

    Lors de la séance du mois de février du Conseil communal de Charleroi, notre Camarade Jacques COUPEZ, communiste, élu sur la liste ECOLO a développé une importante interpellation sur la qualité de l’air à Charleroi.

    Nous la reproduisons intégralement. Les tableaux officiels relevant les divers chiffres de la pollution qui s’est abattue sur la ville fin janvier et début février figurent sur le site internet de l'Etincelle.

     

    Merci à Jacques pour ce remarquable travail.

    Nous attendons vos nombreuses remarques et appréciations.

    « Le temps est actuellement sous l'influence d'un anticyclone centré sur les îles britanniques qui dirige sur la Belgique des courants continentaux et stables provenant de l'Europe de l'Est  et la Cellule interrégionale de l'environnement (CELINE) a, à nouveau constaté dimanche, pour le troisième jour consécutif, des concentrations élevées de particules fines présentes dans l'air, et ce en différentes stations de mesure du pays.

    Sur une échelle de 1 (excellente) à 10 (exécrable), l'indice de qualité de l'air a varié dimanche de 9 (très mauvais) à Charleroi à 7 (très médiocre) à Bruxelles, Anvers et Gand, tandis qu'à Liège, il était de 8 (mauvais) »

    La Cellule avertit que la situation ne devrait pas s'améliorer avant un certain temps. Des concentrations élevées de particules fines dans l'air sont donc encore attendues pour les prochains jours.

    « Il est conseillé aux personnes sensibles (jeunes enfants, personnes âgées ou souffrant de maladies pulmonaires et cardio-vasculaires), d'éviter les efforts physiques intenses. Le jogging est également déconseillé »

     

    Voilà globalement ce que l’on pouvait lire et entendre dans la presse début de ce mois.

     Si un tel communiqué attribuait cette situation au  phénomène atmosphérique que sont les inversions de températures et à une pollution venue de l’est, il n’en est pas moins vrai que l’industrie sidérurgique, les véhicules diesel, et certains modes de chauffage domestiques contribuaient à charger l’atmosphère de Charleroi en particules fines (PM10).

     

    La norme européenne fixe à 50 µg/m³, la quantité  de particules admises, alors que les relevés effectués montraient des pics à 188 µg/m³ sur Charleroi (Bd Général Michel) et une pointe de 360 µg/m³ à Marchienne au Pont  le 29/1 (Quai Sud).

     En fait, du 21/1 au 6/2, soit durant 15 jours calendrier, l’air à Charleroi était qualifié par les spécialistes de « très médiocre à très mauvais ».

     

    Voir tableaux sur :

     

    http://deus.irceline.be/~celinair/index/index_air.php?lan=fr

     

    En 2003, le seuil de prévention pour la santé (50 microgrammes/M3/) a été dépassé plus de 100 jours dans les stations de mesure en zone industrielle et plus de 60 jours dans la zone résidentielle de Charleroi.

     

    De 2005 à ce jour, les limites, avec des pics importants ont été dépassées 86 fois.

     A titre de comparaison, l’objectif imposé par l’Union Européenne pour 2005 est de descendre sous les 35 jours de dépassement par an, et pour 2010 de descendre sous les 7 dépassements par an mais à 20 µg/m³ par an.

     Si l’on n’agit pas aujourd’hui, nous serons très loin du compte, d’autant qu’un  récent  rapport de la commission européenne montre que les installations sidérurgiques de Marchienne et Marcinelle émettent quelque 3730 tonnes de particules fines (PM10) par an, soit 29% des émissions industrielles de particules fines de Belgique et 2,7% des émissions industrielles de particules fines de l’Union européenne. 

    C’est le deuxième émetteur européen de ce polluant.

    Les quartiers de Marchienne et Dampremy (Porte Ouest) en savent quelque chose car ils ont, en sus, à supporter de véritables nuages de poussières « classiques » et des fumées qui, à certains moments, dépassent tout entendement.

    La présence de la sidérurgie au cœur de la ville n’est pas possible à terme dans ces conditions. Nous devons intervenir pour que cette pollution soit ramenée au moins aux niveaux imposés.

     

    L’Europe resserre les normes, c’est donc qu’il est possible  techniquement de les atteindre

     

    Au vu des chiffres qui viennent d’être cités, il nous paraît nécessaire que les pouvoirs publics carolorégiens apportent leur concours à ces entreprises pour qu’elles puisent réduire significativement leurs émissions. Les sidérurgistes vivant une phase de bénéfices, le moment est peut-être venu de revendiquer des investissements

     

     

    pour réduire la pollution.

     

    Ce serait positif, tant pour la santé des  travailleurs, des riverains, que pour et la ville elle-même.

     

    Jacques Coupez demande ensuite que le Collège échevinal fasse rapport de la rencontre qu’il a eue sur le sujet avec les sidérurgistes.

     

    Il poursuit en exprimant la nécessité d’informer, de sensibiliser la population à la qualité de l’air sur la ville et propose

     

    ·        d’informer en temps réel l’indice de qualité (plus conseils mobilité…) via l’affichage électronique  sur les axes principaux d’entrée en ville.

     

    ·        de compléter l’information via un lien internet entre le site de la ville et celui de la Cellule Interrégionale de l'Environnement : CELINE-IRCEL  http://www.irceline.be/

     

    ·        de revoir, renforcer, créer certaines lignes TEC afin de favoriser le transport en commun car après l’industrie, l’automobile est le 2ème tiers polluant)

     

    Il cite l’exemple d'absence de transport en commun entre le quartier du Bois du Cazier et le centre de la  ville

     

    Enfin, il propose qu’à l’instar de ce qui se fera à la piscine Hélios, la ville promeuve une politique novatrice en matière de développement d’énergie douce pour la production d’eau chaude dans certains bâtiments publics, privés, industriels, groupes d’appartements,  hôtels… On pourrait ainsi y gagner X litres de combustible pour  la production et X quantité de particules fines en moins dans l’atmosphère. (le chauffage étant le 3ème tiers polluant)

     

    Au travers des ACEC, en matière de création et d’inventivité, Charleroi s’était fait connaître de part le monde.

     Une autre image est à conquérir : celle d’une ville industrielle avec un air sain !

     

    Si vous voulez voir tous les graphiques illustrant cet exposé , rendez-vous sur :  http://etincellebulletin.skynetblogs.be/