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  • Silence, on tourne!

    Dampremy, Maison du Peuple :

     

    « Silence , on tourne ! »

     

    Durant plusieurs journées de ce mois de février, notre brave vieille maison a encore connu des allées et venues anormales : Jean-Jacques Rousseau, surnommé "Le cinéaste de l’absurde"  y avait à nouveau installé ses projecteurs et sa caméra.

     

    Il faut dire que la notoriété du Souvrètois est occupée à monter après le succès recueilli à Cannes par le film de Frédéric Sojcher " Cinéastes à tout prix ".

    Actuellement, JJR tourne film après film, une vraie frénésie car sa renommée a dépassé nos frontières et suscite l’intérêt des journalistes de la presse écrite mais aussi de la radio et même de la télévision.

     

    En avril prochain, le Progrès sera à nouveau  interpellé pour lui permettre de tourner une séquence du film qui sera partiellement financé par la Communauté française Wallonie-Bruxelles -une première pour celui qui a, jusqu’à présent, travaillé avec des bouts de chandelle.

     

    Pour mieux vous présenter ce personnage hors du commun ; nous avons retrouvé un portrait que Marcel Leroy, journaliste au Soir avait dressé de lui en nos locaux.

     

     

    DANS SON JARDIN UN MISSILE SURRÉALISTE RAPPELLE UN TOURNAGE FRÉNÉTIQUE. CE CINÉASTE DE L'ABSURDE ÉTOUFFE QUAND SA CAMERA SOMMEILLE. DEPUIS 40 ANS IL SURVIT EN FAISANT SON  CINÉMA: 33 FILMS AU COMPTEUR .

     

    par Marcel Leroy

     

    Sous le masque

     

    Jean‑Jacques Rousseau est venu au monde après la guerre de 40‑45. Il ne précise pas sa date de naissance.

    Autodidacte, ouvrier maçon, il a toujours vécu à Souvret et habite sa maison natale.

    Fasciné par les étoiles et le vent, il se dit électrosensible et soumis aux puissances astrales. Le décès récent, dans un accident de la route, de son parrain, le mage Armand, magnétiseur, l'a foudroyé.

    Il travaille au centre culturel de Courcelles.

     

    Maison du Peuple de Dampremy un de ces soirs où les ombres des fantômes marchent à côté de leurs pompes,  évadés de ces territoires carolos où l'étrange est quotidien : fulgurances des usines phares des autos sur le ring ‑ gigantesque scenic railway au coeur de la ville qui renaît, Phénix mouvant de briques, d'asphalte, de néons, de pluie et de visages. A l'étage du vieux bâtiment fondé par les Chevaliers du Travail, des acteurs bénévoles se préparent à changer d’espace-temps en s'aventurant dans le décor du dernier film de Jean‑Jacques Rousseau. Un opus dont le titre, Wallonie 2084 », semblerait involontairement orwellien au quidam. Rousseau, C'est une rafale d’éclats de rires arrachés à une angoisse d'une noirceur de diamant brut.

    Ce soir il ne porte pas la cagoule dont il se revêt pour dribbler ces forces venues d'ailleurs qui, dit‑il,  le traquent depuis 1987. Comme les Indiens, je ne veux pas que les images prennent mon âme. A Paris, dans les festivals, il bondit sur la scène; encadré par les projecteurs, masqué, il apostrophe le public qui applaudit, sonné par des images d'une démesure extraterrestre. Jean, anorak, bonnet de laine, Opel Kadett déglinguée, regard qui va droit au fond du regard de l'autre, léger sourire, le cinéaste de l'absurde boucle un long métrage: son trente‑troisième, disons.

    Une fresque projetant la folie d'une guerre qui opposerait la Wallonie à la Flandre. Personnage clé, le docteur Haleine Einsberg, psychiatre animalier du zoo d'Anvers, nommé Chef suprême de la Troisième République des Flandres. Charleroi résiste aux fascistes qui ont terrassé les hommes du Nord accrochés à la démocratie. Un médecin wallon, Léon Pestiaux, prend les armes pour défendre les esclaves wallons... Non, il ne faut pas y voit une critique des Flamands, ni une réductrice opposition Nord ‑ Sud, ni rien d'autre, à la réflexion. Juste un délire de l'homme de Souvret, qui fait du cinéma comme il respire et qui étouffe quand sa caméra sommeille.

    Avec une vieille télé, un tambour de machine à laver et d'autres très hétéroclites pièces de récupération, Rousseau a créé un vaisseau spatial laissé sur le rivage de la raison après un cauchemar à la Christopher Lee. Coiffé d'un casque de Viking orné de cornes, rappelant qu'à force de manger de la vache, l'homme le devient, entouré de Robert Tangre, de l’ASBL Le Progrès, il s'acharne à résumer son parcours et sa démarche. Ses phrases ruent comme un taureau de rodéo...

     

    Je suis né à Souvret. A la biblio thèque, mon père reprenait toujours les ouvrages de Jean‑Jacques Rousseau. D'où mon prénom. Papa était très nerveux. Pour échapper à ses humeurs, maman m'emmenait tout le temps au cinéma. On allait revoir plusieurs fois les films. Au Lu minor et à l’Eden, on voyait des westerns, de la science‑fiction, de l'horreur. J'aimais Christopher Lee. J'ai eu l’honneur de le rencontrer, à Bruxelles. J'avais le cinéma en moi, Plus tard, j'ai acheté une caméra Kodak. Pendant mon service militaire en Allemagne, j'ai acheté des stocks de pellicule en provenance de L'Est. En 1964, j'ai tourné mon tout premier film. La vie d'un café de Forchies, avec ses rixes et ses moments les plus divers. Le soir où j'ai montré le film aux clients du café, ils ne voulaient pas croire que c'étaient eux qui apparaissaient sur l'écran. Ils se trouvaient laids, là, ils étaient eux‑mêmes, c'est tout. Les gens ont tout cassé et ils ont volé le film. Un peu plus tard, le tram a déraillé et a éventré le café.

     

    Jean‑Jacques Rousseau vit raccordé à sa caméra comme un grabataire à sa perfusion. Il ne parle que de cinéma, ne vit que pour lui, consacre tant d'énergie à cet objectif qu'il entraîne dans son sillage des dizaines de gens ordinaires qui révèlent leur côté extraordinaire. Avec Rousseau, ils s'envolent.

    A Monceau, chez Marc Dehout, son ami de toujours, croisé dans les années 50 au cinéma, à Souvret, Rousseau balance pour nous sur la vidéo un de ses films les plus fracassants. Marc Dehout est un des acteurs de Jean‑Jacques, comme Robert Tangre, Gianni Mancini, Franz Badot, Renato Cubba et des dizaines d'autres compagnons de tournages paroxystiques. « Fureur Teutonicus » déferle sur l'écran de la télé. Torrent d'images agencées avec une maestria autodidacte forgée au contact des metteurs en scène disparus, dans un maelstrom de péplums, polars, Dracula. C'est surréaliste, suffocant. Rousseau souffle... C'est contre la guerre et la violence. Mon grand‑père avait été rendu fou par la guerre 14‑18. Le 1er avril 1944, il s'est pendu à un crochet, dans sa boucherie de Jumet. Je suis hanté par son histoire..

    Canal + s'intéresse à son oeuvre et la diffuse. La RTBF lui a consacré un numéro de « Cargo de nuit » et un « Hebdo » signé par Marc Bouvier et Pascale Preumont. Frédéric Sosjcher prépare un film axé autour de son personnage. Dans les festivals belges ou au ciné Novy, Rousseau est connu. Noël Godin a été mon guide, confie le cinéaste de Souvret.

     

    L'entarteur, sérieux comme quand il parle de cinéma, explique pourquoi Rousseau est un artiste apprécié à Bruxelles et ailleurs, un auteur présenté dans le cinéma de Jean‑Pierre Mocky, à Paris. Jean‑Jacques Rousseau est un cas exceptionnel. Alors que Le cinéma belge est le fait d'intellectuels et d'étudiants des écoles de cinéma, lui, il représente le cinéma forain. Sans aide, il n'a pas arrêté de tourner, avec une troupe d'amis comme Fassbinder. Des copains tout aussi allumés que lui, réunis pour faire le cinéma le plus libre du monde, une splendide fête lyrique. Alors que des cinéastes cherchent un grain de folie sans jamais y arriver, pour lui, c'est un état naturel. Il est très apprécié en France. La bande Canal + l'a adopté. Il est une vedette de l’Étrange Festival de Paris, où il a été ovationné. Il y a ceux qui se moquent et ceux qui trouvent son cinéma sérieux. Dans son cinéma, une poésie se déploie, c'est totalement jouissif et incomparable. Rousseau est cinglé dans Le sens positif.

  •  Les histoires de Roger.

     

    LES HISTOIRES DE ROGER.

     

    Anecdotes sur le parti communiste, racontées par des anciens de la section de Marcinelle  (suite et fin)

     

    Il y eut cette année le camp annuel de deux trois jours de la jeunesse populaire à Fontaine Valmont. Le programme était toujours le même : causeries politiques et culturelles, sport, visite des curiosités du village et danses folkloriques.

    La fille d’un oncle d’Alfreda nous accompagna et nous partîmes en vélo.

    Le bourgmestre de Fontaine avait mis une maison inoccupée à notre disposition pour passer la nuit. Quant aux filles, elles avaient préféré dormir sous un chapiteau de l’armée, situé une cinquantaine de mètres plus loin. Il faisait très chaud, quand, vers deux heures du matin, Georgette Wéry, la responsable de la section JPB de Gosselies, vint me trouver en disant qu’elle ne pouvait plus coucher sous la tente, car la fille de Marcinelle dormait toute nue au dessus de la couverture, et elle sentait mauvais . Comme j’étais Marcinellois, elle me tenait pour responsable. Je fis semblant de dormir pour ne pas avoir à lui répondre. Elle s’adressa alors à Maurice Magis, qui le renvoya se coucher. Le lendemain, au salut du drapeau, elle reçut un blâme pour son attitude. C'est vrai que l’autre fille faisait rarement ses ablutions, elle ne devait pas user plus d’une savonnette par an, mais ce n’était pas une raison pour la tenir à l’écart. Je suis resté un peu en froid avec Georgette, car cette fille était marcinelloise et ça nous choquait tous un peu. Comme quoi, même chez les jeunes communistes et progressistes, l’esprit de clocher laisse toujours des traces.

    A notre retour, nous avons parlé de cela délicatement avec Alfredo.

     

    A cette époque, beaucoup de délégations et groupes folkloriques étrangers venaient chez nous. Ils logeaient chez l’habitant. Nos camarades de Marcinelle se les disputaient avec ceux des autres communes. Nos parents

    accueillirent des Allemands, des Polonais, des Tchèques et des Russes qui faisaient partie d’un groupe de danse. Ils se produisaient le plus souvent à la Maison du Peuple de Dampierre.

    A Marcinelle, nous avons également reçu et guidé une journaliste d’Essen, qui était rédactrice au Journal du KPD, « Unsere Zeit ». Elle et ses compagnons étaient venus enquêter sur les conditions de travail des mineurs. L’un d’eux, Aloïs, logeait chez Gustave Lebrun ; il ne connaissait pas le français, pas plus que Gustave ne connaissait l’allemand. Seul Marcel Baugniet parvenait à se faire comprendre. On jugea donc nécessaire d’apprendre l’allemand. C’était d’ailleurs la langue qu’utilisaient les Polonais, les Tchèques et les Russes.

    Un jour, une journaliste hongroise rendit visite aux ouvriers des Ases. Josiane de Marchienne l’avait introduite clandestinement dans un des réfectoires de l’usine. Elle interviewa les travailleurs sur leur mode de vie en Belgique. C’était dangereux, car elle était recherchée par la police pour s’être introduite en Belgique sans visa. Ma mère l’a cachée pendant deux jours à la maison.

    L’allemand nous servait beaucoup aussi lorsque nous allions en vacances en RDA et dans les autres pays de l’Est.

     

    Bouffioulx :

    Plusieurs camarades de Marcinelle participaient aussi à des activités politiques, sportives et culturelles à Bouffioulx, comme cela se pratiquait dans chaque localité où un mouvement de gauche se créait.

    A Bouffioulx, tous les vieux militants communistes, dont certains avaient fait de la résistance, se rassemblaient chez Alex Coppet . Leurs enfants et petits-enfants, pétris de cette

    idéologie, apprirent bien vite l'art d'intervenir dans des réunions, de distribuer des tracts, de vendre des journaux, de coller des affiches et de chauler. Parmi eux, il y avait Jeannine Simon. Elle n'avait que 19 ans, mais était la plus engagée, et devint dès lors la responsable politique du parti communiste de la section de Bouffioulx. Elle organisait les activités et participait aux congrès qui se tenaient à Charleroi ou à Bruxelles. Très évoluée pour son âge, elle ne voyait pas l'utilité de passer par un mouvement de jeunesse. Il n'y avait donc pas de Jeunesse Populaire à Bouffioulx comme à Marcinelle, Couillet, Goutroux ou Dampremy. Dans ses activités, elle était surtout secondée par son grand-père Alex ou par la famille Gramme.

    En 1958, lors de la fête annuelle du Drapeau Rouge à Alost,  le section de Bouffioulx avait organisé un car pour s'y rendre. C'est donc de Bouffioulx cette fois que je suis parti avec cette bande de joyeux drilles , dont la vieille Julia, une femme un peu excentrique, qui racontait des histoires drôles dans son wallon savoureux .

    Comme toutes les fêtes, celle d'Alost fut des plus réussies. Il était plus de minuit lorsque nous repartîmes vers Charleroi. Je ne vis Julia que cette fois-là, car elle mourut peu de temps après. Ce n'est que plus tard que le grand-père de Jeannine me raconta son histoire : depuis sa plus tendre jeunesse, elle n'avait qu'une passion, elle adorait son mari, et c'était réciproque. Les années passèrent. Son homme contracta une maladie grave, et au cours d'une longue et triste nuit, il mourut. Personne ne fut mis au courant. Comme on ne le voyait plus et qu'on s'en étonnait, Julia, l'épouse éplorée, raconta que son mari avait fait une fugue, peut-être avec une autre femme … Plusieurs années plus tard, sentant sa fin proche, la veuve inconsolable se confia à ses vieux copains, dont Alex : ne voulant pas vivre trop loin de l'être cher, elle avait enterré son mari dans le bois des Marlagnes, le plus près possible de chez elle. Telle est l'étrange histoire que les anciens racontaient à Bouffioulx! Est-elle vraie ? … Peut-être qu'un jour quelqu'un découvrira-t-il, sous les broussailles, les ossements d'un homme qui fut beaucoup aimé …

     

                En juillet 1960,  les femmes progressistes organisèrent une fête à Bruxelles. Un car en partance de Châtelet fit le ramassage des copains et copines de Couillet, Marcinelle, Gilly et Dampremy. De Gilly, il y avait notamment Jeanne, celle qui quatre mois plus tard allait devenir mon épouse. Je ne l’avais jamais rencontrée auparavant, et tout le monde était étonné de ce mariage rapide. Ce ne sont pas toujours les longues fiançailles qui durent; depuis lors j'habite toujours à Gilly. Jeannine, qui m'avait invité à cette fête, se maria un an plus tard, et habite maintenant à Lodelinsart.

    Jeanne était militante. Elle vendait le Drapeau Rouge au Bois de Lobbes et au Quartier des Corvées, s'occupait d'activités diverses pour les jeunes enfants, était monitrice des pionniers, mouvement équivalent aux scouts actuels. Mais avec la naissance de nos enfants, elle eut moins le temps, et je repris la tournée des journaux et celle du militant Christian Lacaille de Soleilmont, qui s'était installé à Wangenies. J'avais aussi quelques activités aux quartiers du Plat.… et au Marabout. Je n'étais jamais venu à Gilly avant mon mariage, mais je finis par connaître cette localité mieux que Jeanne.

    Parmi les pionniers, il y avait ses petites- cousines, dont Chantal, qui dansait dans un groupe folklorique polonais. Nos enfants grandissaient, et ce fut alors à leur tour de s'occuper du mouvement de jeunes. Ils organisaient des activités sous la conduite d'une camarade espagnole de Marcinelle, tenaient des réunions à Dampremy ou au cercle de Garcia Lorca à la chaussée de Fleurus à Gilly, participaient à des week-ends à Modave, près de Huy. A Modave, ma fille devint monitrice et elle suivit aussi plusieurs formations d'éducatrice en Pologne. A 16 ans, elle conduisait des groupes d'enfants là-bas, ainsi qu'en Tchécoslovaquie, en Union Soviétique et en Hongrie. Elle s'occupait aussi de l'accueil des groupes folkloriques polonais, hongrois et roumains à Gilly et à Dampremy. Peut-être écrira-t-elle un jour ses mémoires, elle en l'étoffe, car elle est logopède. S'occuper d'enfants a toujours été sa passion.

     

    Quant à moi, je retourne encore souvent à Marcinelle, Couillet et Bouffioulx, mais c'est pour des faire des recherches historiques et archéologiques, et pour revoir les anciens amis, bien sûr.

    L'histoire du parti et de la jeunesse communiste de Gilly, je ne l'écrirai pas. Ce serait marcher sur les plates- bandes de Bénédicte Rigot de la rue des Trieux, qui l'a racontée dans son mémoire de fin d’études. Tout ce que je peux dire, c'est que le père, le grand-père, la tante, les cousins et cousines de ma femme y ont tenu une grande place.

     

    Depuis, le temps a passé, le Mur de Berlin est tombé, et beaucoup de changements sont survenus dans le monde.

               

    Est-ce un bien ?

    Est-ce un mal ?

    C'est comme si on demandait : la religion est-elle bonne ou mauvaise ?

    On ne peut trancher ces sujets dans un mémoire, car il faut tenir compte de l'opinion politique, philosophique et religieuse de chacun. Il existe pour cela des journaux engagés.

    L'avenir du communisme … une nouvelle génération a pris la relève, sous des formulations différentes.

     

    ROGER NICOLAS

    Copyright Cercle Louis Tayenne.

  • Jacques Coupez se présente dans le Carolo service

     

    LE TRAVAIL DE NOS ELUS

     

    Jacques Coupez se présente

    dans le Carolo service

     

    Militant communiste et conseiller communal au sein du groupe Ecolo, Jacques Coupez assume ce double engagement avec cohérence.

     

    Il n’est de meilleur témoin que son rôle de tout premier plan dans le combat mené par les riverains du Martinet à Roux. On y trouve à l’œuvre une force faite de conviction et de persévérance, de générosité et d’intelligence dans l’action collective. Un idéal et une pratique, en somme.

     

    Jacques Coupez est né à Tournai en 1948. Il a une formation technique en automatisme et régulation, acquise à l’Université du Travail. Ses premières expériences professionnelles au bureau d’études des ACEC puis à Tractebel l’ont ainsi conduit à travailler pour les recherches pétrolières en Algérie et en…Iraq. En 1978, il se tourne vers l’enseignement : il est aujourd’hui professeur à l’Athénée de Gilly.

     

    Comme toute une génération de progressistes, son engagement syndical et politique s’est affirmé au rythme des luttes et des mouvements sociaux des années 60. Il n’a rien perdu de l’enthousiasme des grandes mobilisations de l’époque pour la paix et la libération des peuples. Et l’expérience n’a pas entamé son attachement au progrès social.

     

    Une intense activité politique et citoyenne n’empêche bien sûr ni la vie de famille, ni les curiosités intellectuelles, ni même une longue expérience de cyclotouriste : il est vrai qu’une bonne dizaine de participations aux itinéraires des grandes classiques, de Paris-Roubaix à Liège-Bastogne-Liège, constitue une belle école d’endurance.

     

    Jacques Coupez est un homme de conviction mais c’est aussi un homme de dialogue. Il n’envisage l’action politique que menée collectivement, avec le souci d’aider les citoyens à porter leurs revendications vers le pouvoir communal. Cette action de proximité en collaboration avec le mouvement associatif  est à ses yeux le meilleur garant d’une démocratie communale renouvelée qui sache rendre à la population de notre ville confiance et espoir.

  • Charleroi 2020, itinéraire pour demain.

    Charleroi 2020, itinéraire pour demain

     

    Notre Camarade Malika El Bourezgui, membre du Parti communiste élue sur la liste Ecolo a envoyé au Bourgmestre de Charleroi la question d’actualité reprise in extenso ci-dessous.

     

    En novembre dernier, j’ai eu le plaisir d’assister à la présentation du plan « Charleroi 2020, itinéraire pour demain ».

    Nous ne pouvons que nous réjouir de cette initiative collective qui se profile comme étant un véritable projet de société et d’avenir pouvant mobiliser toutes les forces vives et la société civile, ce qui manquait à

    notre ville.

    Cependant, à la lecture des 10 ambitions stratégiques, des 20 grands projets et des 184 actions prioritaires, il m’est apparu quelques lacunes me semble-t-il.

    En effet, concernant la petite enfance, rien n’apparaît en matière de création de crèches qui manquent cruellement et qui sont indispensables pour accompagner la politique de développement économique, de l’emploi et de la formation annoncée dans les ambitions stratégiques.

    Quant à nos seniors qui représentent plus de 17 % de la population, il me semble qu’ils pourraient également être acteurs dans ce grand projet d’avenir de par la capitalisation de connaissances, de savoir-faire et d’expériences que certains ont accumulés.  Ils pourraient, pour ceux qui le souhaitent, en faire bénéficier les générations suivantes par des échanges, des rencontres.  Cette démarche permettrait ainsi d’initier l’émergence d’une forme de passerelle culturelle entre les générations.

    Par ailleurs, en matière d’intégration et de pluriculturalisme, personne ne peut encore nier qu’il existe toujours une discrimination à l’emploi pour les citoyens d’origine allochtone (hors CEE) et cela à

    compétence et à formation égales.   Comme beaucoup, je ne peux que constater que l’Administration publique et l’enseignement communal présentent un taux d’engagement très faible de cette population à des postes administratifs ou d’enseignant sauf pour les postes d’entretien ou de

    professeur de religion islamique où ils sont souvent relégués.

    Pourtant, la Ville étant le premier employeur pourrait être un exemple en matière d’intégration professionnelle de ces citoyens comme cela se fait dans les communes bruxelloises et s’engager dans ce sens, ce qui ne semble pas prévu dans le volet « Intégration-multiculturalité ». 

    Aussi, dans le domaine du recrutement, l’information sur les postes à pourvoir à l’Administration ne devrait-elle pas être diffusée largement notamment sur le site Charleroi.be et faire systématique l’objet d’appel à candidatures tant à l’intérieur qu’à l’extérieur ?.

     

  • La parole au Parti communiste

    LA PAROLE AU PARTI COMMUNISTE.

     

    A propos de l’OPA de Mittal STEEL.

     

    L’OPA annoncée par le premier sidérurgiste mondial « MITTAL STEEL » sur son dauphin « ARCELOR » vient une fois de plus confirmer la volonté de concentration financière du capitalisme mondial. Cette concentration continue de se faire au détriment des économies nationales et régionales, de l’emploi et des finances publiques. Elle s’inscrit dans les options de l’OMC pour organiser une surpuissance financière des multinationales basée sur les déréglementations du marché mondial et les mises en concurrence salariales des peuples. Dans le même temps, nos dirigeants et les institutions antidémocratiques nées de Bretton Woods (OMC, FMI et Banque Mondiale) servent docilement la mondialisation capitaliste et continuent d’œuvrer à l’élimination progressive de toute concurrence au sein même du capital privé. Cette marche forcée donne naissance à de gigantesques multinationales (créant nombres d’oligopoles et de monopoles dans les secteurs clés de l’économie mondiale) qui imposent toujours plus facilement leurs prix aux citoyens afin de maximiser sans cesse davantage leurs profits. Avec l’OPA de SUEZ sur la Société Générale, en 1987, la Belgique a

    pu mesurer l’ampleur de la décroissance de l’emploi industriel et de services tant à Bruxelles qu’en Wallonie. Récemment, il en fut de même dans le secteur de l’électricité avec la prise de contrôle d’Electrabel. Avec la concentration sidérurgique voulue par les gouvernements belge, espagnol et luxembourgeois, donnant naissance à ARCELOR, le mouvement syndical avait déjà pu constater les démantèlements programmés dans l’outil productif régional et les gâchis dans le domaine des compétences technologiques perdues et de l’emploi, ce compris dans les PME liées à l’activité des grands groupes. Tout ceci est vécu par les travailleurs du secteur depuis la fin des années’70 en Belgique, en France et dans bien d’autres pays européens. Ainsi, nous nous trouvons face à un scénario proprement scandaleux : d’un côté des milliers de travailleurs poussés au chômage et à la précarité et de l’autre une entreprise qui réalise des bénéfices insolents (2,3

    milliards d’euros de bénéfices engrangés en 2004 soit une augmentation de 730 % par rapport à l’année précédente) et dont les actionnaires (dont pour une large partie, de gros investisseurs de la finance internationale et des fonds de pension) voient leurs dividendes exploser (augmentation de 71% sur la même période). L’accélération actuelle du processus de restructuration de l’acier européen pose de la sorte une triple question. · Celle de l’évanescence des pouvoirs élus dans la défense de l’intérêt collectif des populations qui les a chargées de cette responsabilité. Les politiques wallons ont vendu pour une croûte de pain l’avenir de milliers de travailleurs. Au-delà des gesticulations médiatiques, avec à peine 2% du capital d’Arcelor, la région se retrouve aujourd’hui impuissante face aux catastrophes sociales qui touchent les travailleurs et celles, plus importantes encore, qui les menacent. Le PC plaide pour un investissement public fort dans l’avenir industriel de la région, non au travers de nouvelles aides au monde patronal, ainsi que le prévoit le plan Marshall, mais par un soutien direct aux entreprises publiques existantes, par le rachat ou la nationalisation éventuelle de celles qui sont abandonnées ou pillées par les multinationales et par le financement au niveau local et régional d’entreprises publiques nouvelles (dans les technologies novatrices et soutenables, dans les entreprises susceptibles d’assurer une plus grande souveraineté alimentaire ou énergétique,…) · Nous dénonçons aussi les aides et cadeaux publics divers octroyés aux patrons de l’acier sans aucun engagement de leur part à garantir l’emploi et l’activité dans les bassins. Le PC exige un remboursement intégral des aides reçues par les entreprises bénéficiaires qui délocalisent leur production. · Catastrophique est également l’impact réel de la libéralisation totale prônée par le capitalisme international sur les populations du Sud mais aussi du Nord au travers des organismes non démocratiques servant sa cause (OMC, Banque Mondiale, FMI,…). Le PC se prononce pour le retour à un certain protectionnisme afin de s’opposer à cette stratégie. Il propose également des réglementations limitant la dictature actuelle des actionnaires. Plus globalement, le PC exige l’extension des droits démocratiques politiques et syndicaux dans la gestion des entreprises et une réelle transparence.

     

    Le Bureau politique du PC.

  • Halte à la vie chère!

    Halte à la vie chère !

    Plusieurs études parues récemment dans la presse démontrent la perte de pouvoir d’achat des ménages belges. Pas n’importe quel ménage : principalement les familles de travailleurs et les familles défavorisées. Ce sont elles les victimes toutes désignées de l’augmentation du coût de la vie et des manipulations diverses de l’index.

    Ainsi, le Centre de Recherche et d’Information des Organisations de Consommateurs, le CRIOC, vient de présenter une étude fouillée dans laquelle il constate que cet appauvrissement des ménages populaires s’approfondit depuis une dizaine d’années. La cause est belle et bien politique et incombe aux différents gouvernements qui, s’ils n’ont pas supprimé la liaison des salaires à l’index, ont, à plusieurs reprises, pratiqué des "sauts d’index", "lissé l’index", expurgé certains produits susceptibles de trop influer l’index tout en bloquant les salaires.

    Les exemples foisonnent qui démontrent les difficultés de vivre. Prenons-en quelques-uns parmi les plus vitaux.

    1.L’augmentation des produits pétroliers (+ 50 % d’augmentation) que l’on a enlevés de la liste de l’index est subie de plein fouet par les travailleurs et les familles défavorisées. Que ce soit l’essence pour la voiture ou le mazout de chauffage, il faut payer sans que les salaires ou les allocations ne soient adaptés aux augmentations.

    2.La note personnelle moyenne pour se soigner a augmenté de 41 % en six ans. Se soigner devient un luxe inaccessible pour certaines familles.

    3. Le prix des transports publics a augmenté en février. Les tarifs de la SNCB sont parmi les plus chers d’Europe.

    4. La Ligue des familles alerte l’opinion sur la cherté des études à tous les niveaux de la scolarité. L’enseignement « gratuit » impose des contributions de plus en plus importantes aux parents.

    5. 31 % du budget des familles défavorisées est accaparé par le poste loyer. Les loyers sont reconnus si chers que la Ministre Onkelinx a proposé d’en bloquer les augmentations...

    Résultat : le pouvoir d’achat des salariés a diminué de 2,08 % et celui des familles défavorisées de 3,2 %. Et c’est encore à ceux-là que le patronat et le gouvernement socialiste libéral vont demander des sacrifices pour « accroître la compétitivité des entreprises ». Une autre étude récente montre que le Belge épargne de moins en moins, surtout les petits revenus évidemment, qui ont de plus en plus de mal à joindre les deux bouts.

    Tout le monde n’a cependant pas subi les effets négatifs des politiques libérales. Ainsi, alors que les salaires n’ont progressé que de 19 %, les revenus financiers (placements,...) ont grimpé, eux, de 25 % de 1996 à 2005.

    C’est à ces revenus là qu’il faut s’attaquer pour stimuler l’économie.

     

    La Fédération de Charleroi du PC.

     

  •  La chasse aux communistes à Strasbourg

    LA CHASSE AUX COMMUNISTES A STRASBOURG

    Ce mercredi 25 janvier, l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) a adopté par 99 voix pour, 42 contre, et 12 abstentions, la motion de Göran Lindblad député suédois du Parti Populaire européen.

     

    La résolution est dirigée :

    1. «  Contre les régimes communistes totalitaires » sont nommés ainsi tous les pays socialistes.

    « Les partis communistes ou post-communistes de ses Etats membres » à qui elle demande «  de réexaminer l’histoire du communisme et leur propre passé, à prendre clairement des distances par rapport aux crimes commis par les régimes communistes totalitaires “ (article 13).

     

    2. Elle criminalise la lutte ouvrière contre les patrons en affirmant que “les crimes ont été justifiés au nom de la théorie de la lutte des classes et du principe de la dictature du prolétariat.” (article 3)

     

    Cependant la droite et l’extrême droite de l’APCE n’ont obtenu qu’une demi victoire. Il leur fallait les 2/3 des voix pour que soient votées les recommandations incitant les pays membres à

    organiser cette chasse aux sorcières (comme celle organisée par le sénateur Mac Carthy dans les années 50 aux Etats-Unis). Ils ne les ont pas obtenus!

     

    Les recommandations conseillaient :

     

    1. “D’organiser d’urgence un débat international sur les crimes commis par les régimes communistes totalitaires en vue de susciter de la compassion, de la compréhension et de la reconnaissance pour tous ceux qui ont été touchés par ces crimes. ”  (article 2).

    2.Aux anciens pays socialistes “de lancer une campagne nationale de sensibilisation aux crimes commis au nom de l'idéologie communiste,   à réviser les manuels scolaires,  à introduire un jour commémoratif pour les victimes du communisme et à ouvrir des musées (anti-communistes)” (article 4.5).

    3. « Demander au Comité des Ministres du Conseil de l’Europe de mettre en place une sorte de tribunal anti-communiste » (article 4.1.) et d’organiser  une “conférence internationale sur les crimes commis par les régimes communistes totalitaires avec la participation de représentants des gouvernements, des parlementaires, des universitaires, des experts et des ONG” (article 4.3.).

     

    Mais, grâce à un large mouvement de protestation, ces recommandations n’ont pas passé la rampe de l’Assemblée. Une première série de signatures de résistants, intellectuels, artistes, syndicalistes, députés socialistes, de la Gauche Unie, des écolos et mêmes certains conservateurs de l’Europe entière, recueillis par l’initiative no2anticommunism.org, avait été remise au Président de l’APCE, Mr. René van der Linden, en même temps que des déclarations, résolutions et motions accompagnées de milliers de signatures provenant de toute l'Europe.