robert1943 robert1943 robert1943

On en parle à Charleroi

 

ON EN PARLE A CHARLEROI.

 

L’extrême droite : sur le terrain social à Charleroi

 

Des partis comme le Front national ou le Vlaams Belang, qui appartiennent pourtant au bloc ultralibéral, tentent de récupérer la crise sociale ravageant nos grandes villes et jetant, à la rue, chaque jour, de nouveaux SDF. Dans un but exclusivement électoral.

• L’extrême droite est culottée ! Défendant un programme ultra-libéral sur le plan économique, comme vient de le confirmer le dernier congrès du Vlaams Belang, sur le terrain, elle affirme défendre les plus faibles.
• Afin de se « populariser » auprès d’eux, elle met des « paravents sociaux » en place. En France, comme en Belgique.
• Il y a quelques jours, dans la région de Charleroi, est apparue dans ce but « Renaissance sociale ». Cette association surgit sur fond de scandales politico judiciaires, liés à l’« affaire de la Carolo », qui secouent
la capitale du Pays Noir.

Portrait de cette supercherie.

L’association « Renaissance sociale - Solidarité – Dignité – Franchise » (RS-SDF) n’apparaît pas officiellement comme étant une émanation de l’extrême droite. Pourtant, ses connexions avec cette dernière sont claires, comme cela sera démontré dans la seconde partie de cet article.

Après une rencontre, en juin dernier, avec la direction de l’association française « SDF » (voir plus bas), les premières fondations de l’association « Renaissance sociale » ont été mises sur pied à Charleroi, l’une des villes belges les plus sinistrées par la crise socio-économique et actuellement secouée par l’ « affaire de la Carolo » (pour rappel : implication de dirigeants du PS, au pouvoir, dans des scandales politico judiciaires).

RS-SDF affirme avoir tenu une première réunion de travail, le 25 novembre passé, avec d’autres associations, sans préciser leurs noms. Le 28 du même mois, elle organisait sa première distribution de soupe au cœur de la capitale du pays noir.

Le but affiché de « Renaissance sociale » est de venir en aide aux « sans domicile fixe » (connus sous leurs initiales passe-partout, « SDF ») de la région de Charleroi, de leur distribuer des vêtements et des couvertures, d’organiser des « soupes populaires » (sic), de lutter contre « la paupérisation des carolorégiens » et d’intégrer en son sein les SDF « carolos ». Mais également d’enquêter sur le terrain pour mieux connaître les conditions de vie des « personnes (qui) sont sur la corde raide ».
L’association proclame : « Il est de notre devoir d’éviter que ces personnes ne deviennent des ‘’rejetés’’ de notre société ».

Connexions avec l’extrême droite
Si les buts de cette association caritative semblent être louables, et utiles dans une ville comme Charleroi, sa vraie nature politique est cependant bien plus suspecte quant au réel objectif de ladite association. Effectivement, ses liens avec l’extrême droite sont évidents.

Son modèle avoué est l’association française « Solidarité des Français » (dont les initiales sont de circonstance : « SDF »). En France, SDF est un pseudopode directement

lié à un groupuscule « identitaire » pur et dur, à l’extrême droite du Front national de Jean-Marie le Pen ! En Belgique, l’association SDF est soutenue par le mouvement Nation, également implanté à Charleroi et composé d’une base militante recrutée chez les skins nazis (1). Sur le site Internet de l’association SDF, des nouvelles des « camarades » de Charleroi sont données, tout comme sur le site « Novopress », un média international d’extrême droite ouvrant aussi son espace virtuel aux antisémites refoulés et autres négateurs menteurs voulant « blanchir » le nazisme.

Il faut encore savoir, pour bien cerner RS-SDF, que sa création a été rendue possible grâce au concours de Georges Hupin. Ce vieux briscard de l’extrême droite historique belge est l’un des personnages clés de ces « réseaux ». Depuis les années 1960, Hupin agit. D’abord au Parti national Belge, une formation groupusculaire d’obédience intégriste chrétienne maurrassienne. On le retrouve ensuite, au début des années 1970, parmi les fondateurs et dirigeants de la section belge du Groupement de recherche et d’études pour la civilisation européenne (GRECE). Après une pause de plusieurs années, il passe à la direction du Front national de Daniel Féret, ce qui ne l’empêche pas de participer à la création du Bloc Wallon - avec d’autres « dissidents frontistes » - en 2000. Depuis, Georges Hupin s’occupe de sa propre association « Renaissance européenne », l’officine wallonne officielle de « Terre & Peuple », un réseau néo païen d’action nationaliste implanté en France. Georges Hupin est encore associé, via la plate-forme « Les Identitaires de Wallonie et de Bruxelles », au mouvement Nation (2).

Exclusion des musulmans et des juifs !

Pour préciser le lien direct entre « Renaissance sociale » et Georges Hupin, big boss de « Renaissance européenne », il est utile de préciser une dernière chose : le caractère sélectif de RS-SDF, à la façon des principes de bases de l’apartheid, est clair. Comme son organisation sœur en France, la soupe qu’elle offre aux SDF est une soupe volontairement « au cochon ».

Une façon d’exclure de fait les pauvres d’origine musulmane ou juive. Comme par hasard… La lutte de l’extrême droite contre l’exclusion sociale est toujours assortie d’une autre exclusion, entre autres « raciale ».

Objectif politique


Pour l’heure, si les SDF « blancs » forment l’unique public cible de ce nouvel avatar d’extrême droite en zone socio économiquement sinistrée, il y a fort à parier que son objectif est également de préparer le terrain politique pour ceux qui rêvent de remplacer le Front national de Daniel Féret. Et à Charleroi, où l’extrême droite avait récolté près de 20 % des voix aux dernières élections régionales de 2004, le terrain pourrait être propice pour accéder en force au conseil communal.

Se cachant derrière RS-SDF, Georges Hupin et les dirigeants de Nation, qui ont gardé une vocation électorale malgré les « Waterloo électoraux » subis respectivement aux élections communales de 2000 et aux élections législatives de 2003, misent sur Charleroi pour vivre (enfin !) à leur tour une victoire électorale aux élections communales d’octobre 2006.

Renaissance sociale servirait donc uniquement à une « renaissance électorale ». Les mandataires carolos de la majorité sont désormais avertis.

Simon HARYS

Notes :
(1) Le mouvement Nation, à sa création en 1999, avait lui aussi annoncé son intérêt pour le combat pour les plus démunis. Dans ce but, il avait fondé l’éphémère comité « Révolte sociale ».
(2) Pour un portrait plus complet de Georges Hupin, des années 1960 aux années 1990, lire notre article : « Les nouveaux croisés de la renaissance européenne » http://www.resistances.be/nd.html

© asbl RésistanceS - www.resistances.be – 15 décembre 2005.

Les commentaires sont fermés.